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7.5/10Clémentine à la plage

/ Critique - écrit par Maixent, le 09/01/2022
Notre verdict : 7.5/10 - C'est l'amour à la plage (Ecrivez votre critique)

Tags : litterature comics jeunesse igor boccere plage jeux

Depuis plus de dix ans, Igor et Boccère proposent une œuvre en bd érotique variée. Ils se sont essayés au vaudeville avec l'adaptation réussie de La Pharmacienne d'Esparbec, au récit d'aventure inspiré de Jonathan Swift ou Jules Verne avec Voyage en profondeur et aux récits plus contemporains de Chambre 121 avec les histoires d'un réceptionniste consciencieux, toujours au service de la clientèle. Ces sujets très divers sont cependant traversés par le même esprit espiègle avec toujours une note d'humour et de rocambolesque pour des aventures des plus plaisantes. Le tout bien sûr mâtiné d'une sexualité débridée et légère, ce qui n'empêche pas une véritable excitation des sens.


Des rencontres improbables

 

Toujours dans cette volonté de parcourir les genres tout en gardant leur style, Igor et Boccère font de Clémentine à la plage une bande dessinée cinématographique. En effet, l'ensemble de l'histoire est présentée comme un film qui se déroulerait sur un écran de cinéma. Une production Fuck films évidemment, avec son numéro d'exploitation. Plan large d'une plage qui semble déserte puis la caméra se rapproche on suit en travelling Clémentine, vêtue d'une petite robe bleue et d'une casquette rose se dirigeant vers la plage. Puis vue en contre plongée de Clémentine avec en premier plan un homme à moitié nu, endormi et en érection, sans doute ivre mort si on en croit les canettes de bières vides autour de lui. Suite de plans serrés sur Clémentine se déshabillant complétement puis arrivée de l'élément perturbateur, Jean-Paul qui lui propose tout naturellement, le sexe dressé, de tirer un coup (sic). La première réaction de Clémentine est bien sûr de virer ce malotru mais quand même, vient ensuite le regret. Et surtout coup du sort ou malédiction, Clémentine aura ensuite bien du mal à trouver un amant pour satisfaire son désir montant. Pourtant, ce n'est pas faute de rencontrer sur cette plage toute sorte de déviants et d'obsédés dans des situations cocasses et absurdes mais toujours avides de sexe. Même l'alcoolique ivre mort en profite.
Un sauveur 

 

 

 Malgré ce que dit la quatrième de couverture avec humour, on est ici plus proche de Jean Girault ou Max Pécas que d'Eric Rohmer. Mais ce qui est important ici, c'est la légèreté, renouant avec les comédies érotiques sans prétention et sans jugement. Une frange de la culture à la française souvent décriée et jugée nanardesque mais dont les références parlent à tous. Alors sans aller jusqu'à dire que Igor et Boccère renouent avec le patrimoine, ils poursuivent tout de même une forme de tradition franchouillarde populaire et sympathique en vogue dans les années 70. Les situations sont cocasses tout au long du récit avec notamment ce crabe qui s'accroche au clitoris de Clémentine et l'arrivée inopinée d'un sauveur pour la défaire des pinces l'empêchant de jouir. Ou ce tuba qui se retrouve coincé par inadvertance dans son fondement...


L'accident bête

 

Clémentine à la plage offre un ensemble de situations loufoques et gentiment érotiques portées par un dessin simple et efficace pour une série de sketchs qui peuvent, dans une certaine mesure rappeler les Contes immoraux de Walerian Borowczyk et notamment La Marée ou Fabrice Luchini initie sa jeune cousine à la fellation sur une plage. On retrouve ce côté légèrement démodé qui en fait un album somme toute agréable, loin du jugement et de l'excitation à tout prix, prenant le temps d'une journée de détente au bord de la mer... 

Seul véritable reproche, la fin qui s'éloigne de la plage on ne sait pas trop pourquoi dans une veine tentative de rebondissement humoristique. Le reste est plutôt cohérent et même si ça ne vole pas très haut, on passe un bon moment de lecture.