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9/10La pharmacienne

/ Critique - écrit par Maixent, le 08/10/2017
Notre verdict : 9/10 - De mère en fille... (Ecrivez votre critique)

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Vaudeville pornographique

On ne présente plus Esparbec. Chantre de la littérature porngraphique, il est une mane pour l'édition d'ouvrages licencieux au même titre que Mary Higgins Clark pour le suspens ou Stephen King pour l'horreur. Il fait partie de ces gens qui produisent au kilomètre un produit calibré et efficace qui fait mouche à chaque coup. Spécialiste du roman de gare (une centaine de titres), il est l' écrivain pornographique français, l'un des rare à faire autorité en la matière et à être reconnu à la fois comme écrivain et comme pornographe, sans jugement élitiste.


Ciel mon mari

 

 Pour une première adaptation en bandes dessinées, ce sont Igor & Boccère qui s'y attellent. Auteurs de Chambre 121 et de Voyage en profondeurs, ils se sont livrés à ce périlleux exercice, transposer un texte en image sous une forme narrative différente et la première impression c'est qu'ils y sont parvenus avec brio. 

On l'a dit plus haut, il s'agit d'un ouvrage pornographique, donc pas vraiment d'érotisme subtil ou de sous-entendus, on entre dans le vif du sujet dès la deuxième page, la première planche , quasi muette, ne servant qu'à introduire le personnage principal, Laura Desjardins, gentille pharmacienne de province. A peine rentrée chez elle, elle se fait humilier, fesser et enculer par Beau P', son nouveau compagnon. Puis on découvre Bébé, l'autre héroïne de l'histoire, fille de la première, qui semble avoir hériter des gênes de soumise nymphomane de sa mère, surprise par Beau P' dans la cuisine en train de sucer en copain. Puis Ernest, le cousin de Beau P', sortant de prison vient passer quelques jours à la maison le temps de se refaire. Les personnages du vaudeville sont en place.En effet, on est très proche du théâtre avec une unité de lieux et d'action. Une maison, une nuit, pendant laquelle tout va basculer. Beau P' ayant surpris Bébé, il n'a plus qu'une idée en tête, la faire chanter et "enculer cette petite sournoise" pétrie de honte et de désir. Les situations s'enchaînent ensuite dans un méli mélo infernal très prenant avec des situations cocasses et absurdes comme les deux cousins qui se retrouvent sur rebord de la fenêtre, érection au vent, pour se cacher avant le grand final, digne de Guignol
Regroupement familial

 

L'album en soit est un album assumé. Igor & Boccère ne font pas semblant dans des scènes extrêmement explicites avec un dessin se prêtant parfaitement à la narration et des dialogues vulgaires et directs qui collent parfaitement avec les personnages. La construction théâtrale est parfaitement menée, guidant le lecteur à travers ce huis-clos dépravé. Et même si les situations sont improbables et les réactions des personnages surjouées et irréalistes, le tout fonctionne et garde une certaine cohérence. Personne ne dit à sa mère que son beau-père l' "encule tellement bien" alors que les deux sont côte à côte et que la mère subit le même plaisir par le cousin de son compagnon. Mais, il faut bien prendre en compte que l'on est dans le fantasme.

 La pharmacienne est une fiction qui a pour but de provoquer un émoi chez le lecteur en se servant de codes narratifs convenus et en exagérant son propos en se servant de la forme de la bande dessinée, soit textes travaillés et dessins explicites, et la mission est accomplie. 

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