8/10Yoko Tsuno - Tomes 5, 15 et 24

/ Critique - écrit par riffhifi, le 08/12/2009
Notre verdict : 8/10 - La fana de l'aviation (Ecrivez votre critique)

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Yoko s'envoie en l'air dans les trois aventures de ce volume, dernier pan d'une superbe intégrale. Mais l'œuvre est toujours en cours, puisqu'un nouvel album inédit pointe le bout de son nez...

Huitième et dernier volume de l'intégrale Yoko Tsuno, Menaces pour la Terre
porte assez mal son titre puisqu'il y est essentiellement question de péripéties aériennes. Pilote émérite, Yoko vole avec une aisance et une fougue qui ravira sans peine les amateurs de Buck Danny et des Chevaliers du ciel. La série ne s'adresse décidément pas à un public exclusivement féminin, et sait varier les plaisirs tout en gardant sa cohérence. Roger Leloup, aussi méticuleux dans sa représentation des coucous que dans la création de mondes extraterrestres ou dans la reconstitution de châteaux, a toujours un immense respect des lecteurs, et livre dans le dossier d'ouverture quelques secrets de fabrication. Et dans les dernières pages un aperçu du tome 25 inédit, bientôt disponible...

Message pour l'éternité

Dès le tome 5 (sorti en album en 1975), alors que la série trouve tout juste son ton et son aspect, Leloup met déjà l'héroïne aux commandes d'un avion. Repérée pour sa capacité à piloter habilement un petit planeur, elle se voit confier une mission délicate : récupérer l'épave d'un avion disparu en 1933. Obéissant avec circonspection aux directives d'un agent britannique aux larges moustaches, Yoko peut compter sur l'aide des
inséparables Vic et Pol pour résoudre l'énigme des appels passés par cet engin échoué... L'album n'est pas le plus rythmé de la saga, avec sa longue phase de préparation et son intrigue subsidiaire impliquant un traître au sein de l'équipe ; mais Leloup déploie déjà des trésors de précision dans le dessin, alignant avec gourmandise avions et hélicoptères, quitte à brader en quelques pages finales un scénario par ailleurs bien ficelé. Les visages, en revanche, reflètent encore une hésitation entre la disproportion et le réalisme, qui sera résolue dans les albums suivants.

Le canon de Kra

Après la Turquie, l'Asie : Yoko Tsuno n'oublie pas pour autant de faire un tour par la Suisse, et la première page de l'album semble même être une reprise exacte de celle de Message pour l'éternité. Pourtant, nous sommes dix tomes plus loin, et l'intrigue rebondit sur celle de La fille du vent, ressortant d'un chapeau le
personnage du colonel Tagashi. Profitant de la capacité de Yoko à piloter habilement un appareil appelé le Colibri (impression de déjà-vu ?), il l'envoie chercher un canon sur l'isthme de Kra, près de la Thaïlande. Son adversaire, clairement identifié, est Monsieur Sakamoto, un homme d'affaires japonais opportuniste et sans scrupule. Cette fois encore, le scénario est essentiellement un prétexte à aligner de belles séquences aériennes, assorties de combats épiques. Leloup s'en donne à cœur joie, usant efficacement de cases panoramiques pour représenter les engins en présence, de jour ou de nuit, sur terre ou dans l'air, en charge ou non... Un régal pour les yeux du fan d'aviation, qui déplorera simplement le final un peu expédié et trop "terrestre".

Le septième code

Dernier album en date, sorti en 2005, Le septième code montre une Yoko Tsuno désormais en charge de la petite Rosée, qui a rejoint les rangs de l'escorte déjà composée de Vic et Pol. Le petit groupe est convié sur les bords du fleuve Amazone par le Senhor Krüger (déjà, ça sent le roussi), qui compte sur les talents de Pol aux échecs pour l'aider à résoudre un mystère. L'aventure est surtout l'occasion pour l'héroïne de faire la connaissance de l'Ecossais rouquin MacKinley et de sa fille
Emilia, impertinente petite peste qui manie le manche aussi bien que Yoko (enfin, on se comprend quoi). L'heure est également aux retrouvailles avec la Comtesse, personnage issu de l'album L'or du Rhin, et qui vient compléter la "famille" patiemment constituée par l'auteur au fil des décennies. Côté péripéties, on passe moins de temps dans les airs que dans Le canon de Kra, mais cette absence est compensée par quelques scènes sous-marines du meilleur effet, et le scénario plutôt complexe fait de cet épisode le plus riche des trois présentés. Coup de chance : le tome 25 actuellement en préparation semble en être une suite assez directe...

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