6/10Spider-man - 1978

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/04/2009
Notre verdict : 6/10 - On connaît Peter par cœur (Ecrivez votre critique)

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Quelques super-vilains franchement nazes, deux-trois choix surprenants sur la vie du héros... L'année 1978 n'a rien d'un cru inoubliable. Le Bouffon Vert fait un retour remarqué, cependant.

En décembre 1977, on avait laissé Spider-man en compagnie de J. Jonah Jameson, qu'il venait de sauver des griffes du Hitman en compagnie d'un joyeux drille appelé le Punisher (qui n'était alors qu'un personnage secondaire très épisodique). J.J.J. est toujours loin de faire partie du fan-club de l'homme-araignée, et sa mauvaise foi finit par être un poil agaçante dans une situation qui aurait largement pu lui permettre de réviser ses opinions. Mais le boss du Daily Bugle est le cadet des soucis du scénariste Len Wein, qui tient à conclure en beauté son run sur la série. Pour se faire, il décide de consacrer ses cinq derniers épisodes à l'un des ennemis les plus célèbres du Tisseur : le Bouffon Vert. A ce stade de l'histoire, Norman Osborn est mort et enterré, et Harry Osborn a déjà endossé le costume du papa pour sévir dans les rues de New York. Après une longue psychanalyse chez le docteur Barton Hamilton, Harry s'est jeté sur ce dernier dans une crise de rage au cours de l'épisode 175... On ne s'étonne donc pas de voir surgir le Bouffon dans
les pages du 176, ni d'assister à sa confrontation avec Flash Thompson, désormais colocataire de Harry. L'arc du Bouffon Vert est sans conteste le plus intéressant de cette année 1978, mais souffre de la sous-intrigue peu crédible dans laquelle Tante May joue les suffragettes... Le dessin de Ross Andru assure sans problème, mais ne constitue pas pour autant une période phare dans l'histoire de Spider-man.

Numéro de transition ou simple bouche-trou ? Le Spider-man de juin est écrit par Bill Mantlo et dessiné par Sal Buscema et Mike Esposito, et revient sur l'historique du personnage, que les amateurs connaissent déjà par cœur : l'araignée radioactive, la mort d'Oncle Ben... On a cependant l'occasion de prendre conscience d'un fait intéressant : trois ans se sont écoulés depuis les débuts du héros. Dans la mesure où la bande dessinée existe depuis seize ans, on peut en conclure qu'une année réelle correspond à un peu plus de cinq ans de parutions. A ce rythme, on en déduit qu'en 2015, dix ans seulement se seront écoulés pour Peter Parker, qui n'aura pas encore fêté ses trente ans. Rappelons toutefois que la plupart des personnages de bande dessinée ne font même pas l'effort de vieillir, on salue donc la démarche de Marvel.

A partir de juillet 1978, le scénario est assuré par Marv Wolfman. Si le bonhomme semble s'intéresser à la vie privée de Peter et s'assurer qu'il connaisse un maximum de déboires, le choix des vilains ne semble pas être sa préoccupation première. Le premier est tout simplement l'un des plus honteux de l'histoire Marvel : Roller-Skater (en v.o., Rocket Racer), inventé l'année précédente pour conjuguer deux courants en vogue des années 70, la blaxploitation et le skate-board. Son Non, franchement...
Non, franchement...
histoire se résout avec l'intervention ridicule d'un personnage inventé à la va-vite qui disparaît presque instantanément de l'histoire et des mémoires. Le Dragon Blanc de l'épisode 184 ne relève pas le niveau : il s'agit d'un simple chef de gang chinois qui se fait botter le train par un Spider-man blasé en quelques cases.

Pour ses deux derniers scénarios de l'année, Wolfman a la bonne idée de convoquer coup sur coup deux ennemis du répertoire ‘classique' : le Caméléon et Electro. Malheureusement, cette idée va de pair avec une autre, mois enthousiasmante : retirer à Spider-man son statut de hors-la-loi et faire de lui l'ami des foules et des médias. C'est le moment qu'a choisi Ross Andru pour partir, remplacé successivement par Keith Pollard et Bob McLeod ; leur travail n'est pas mauvais, mais possède un aspect trop lisse malgré la recherche de poses iconiques pour le héros. Pollard deviendra un des dessinateurs réguliers au cours de l'année suivante. Globalement, la série s'achemine vers un ton gentillet et quasiment enfantin, et s'avère aussi loin de son âge d'or (fin des années 60 / début des années 70) que de sa révolution (fin des années 80, avec l'arrivée de Todd McFarlane).


The amazing Spider-man #176 - He who laughs last ...! / Rira bien qui rira...
(janvier 1978)
The amazing Spider-man #177 - Goblin in the middle / Avec ma gueule de bouffon (février 1978)
The amazing Spider-man #178 - Green grows the Goblin! / Un bouffon dont l'oeil se lève... (mars 1978)
The amazing Spider-man #179 - The Goblin's always greener ...! / Vert à n'en plus pouvoir ! (avril 1978)
The amazing Spider-man #180 - Who was that Goblin I saw you with ? / Qui est ce bouffon avec qui tu traînes? (mai 1978)
The amazing Spider-man #181 - Flashback! / Flash back ! (juin 1978)
The amazing Spider-man #182 - The Rocket Racer's back in town ! / Le Roller Skater est de retour ! (juillet 1978)
The amazing Spider-man #183 - ... And where the Big Wheel stops, nobody knows! / Jusqu'où ira Big Wheel, qui peut le prévoir ? (août 1978)
The amazing Spider-man #184 - White Dragon! White death! / Dragon Blanc... Mort rouge ! (septembre 1978)
The amazing Spider-man #185 - Spider, spider, burning bright! / Araignée qui scintille et luit... (octobre 1978)
The amazing Spider-man #186 - Chaos is the Chameleon / La menace du Caméléon ! (novembre 1978)
The amazing Spider-man #187 - The power of Elektro! / Le pouvoir d'Electro ! (décembre 1978)

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