5/10Marzi - Tome 1 - Petite Carpe

/ Critique - écrit par iscarioth, le 29/06/2005
Notre verdict : 5/10 - Trop d'intimisme tue l'intimisme (Ecrivez votre critique)

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Si vous souhaitez découvrir un pays que vous méconnaissez au travers des souvenirs d'enfant, évitez Marzi et préférez Persépolis.

Marzi, c'est le quotidien d'une fillette vivant dans la Pologne des années quatre-vingt. Différentes petites histoires composent ce premier tome.

Marzena Sowa s'est associée à Sylvain Savoia pour nous faire découvrir son enfance polonaise. Le dessinateur, révélé fin des années quatre-vingt-dix par Nomad, qu'il coréalise avec Morvan, est un proche de Marzena Sowa et s'est montré très intéressé par les souvenirs d'enfance de la jeune femme, à tel point qu'il l'a encouragée à immortaliser tous ses souvenirs par l'écriture. Savoia a en tête, avec cette série, de parcourir trois différentes périodes de la vie de Marzena Sowa : l'enfance, l'adolescence et les débuts dans l'âge adulte. Ce premier tome, Petite Carpe, est dédié à l'enfance. Le récit est autobiographique, basé sur le témoignage et, dans sa démarche, fait beaucoup penser à Persépolis de Marjane Satrapi.

Marzi est un récit très autobiographique et donc très humain, mais il ennuie. Le scénario de l'album a été écrit comme un roman et par bribes. La narration de Marzi repose sur des images commentées. Il y a très peu de dialogues, si bien que l'on se demande si l'on est bien en train de lire une bande dessinée et pas un récit illustré. La mise en image du témoignage de Sowa était-elle bien nécessaire ? Les mots ne se suffisent-ils pas à eux-mêmes ? Le dessin de Savoia, moins réaliste et plus épuré que sur ses précédents travaux, n'a qu'une dimension illustrative et n'a pas une très grande importance narrative.

Au niveau du contenu, Marzi tombe dans deux écueils : le misérabilisme et la fadeur du quotidien. Certaines histoires nous laissent parfaitement indifférents. Elles sont trop anecdotiques et banales et agacent même parfois par leur mièvrerie (à l'école). D'autres mini-récits énervent par un misérabilisme malvenu (du soleil en hiver). Le lecteur n'en apprend pas tellement sur la Pologne de l'époque. Sowa n'a pas su modeler ses souvenirs en un récit à teneur universelle. La tendresse devient donc mièvrerie et le quotidien ennui. Le lecteur n'est pas impliqué dans l'histoire, il se sent étranger et parcourt l'album avec indifférence.

Si vous souhaitez découvrir un pays que vous méconnaissez au travers des souvenirs d'enfant, évitez Marzi et préférez Persépolis. Vous allez me dire qu'il est impossible de comparer la Pologne à l'Iran. Je vous répondrai qu'il est impensable de comparer Savoia et Sowa à Satrapi.

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