Le Lombard : Monsieur Coucou, Les danois

/ Critique - écrit par plienard, le 21/05/2018

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Deux albums au Lombard à lire à tout prix.

Les Danois - note : 8/10

Quelle serait notre réaction si nos bébés naissaient avec les caractéristiques qui ne correspondraient pas à nos empreintes génétiques ? En d'autres termes, comment réagirions-nous si les couples blancs venaient à avoir des bébés noirs ou inversement ? Si la génétique laisse la possibilité à de nombreux cas, Clarke, lui, imagine carrément un virus qui viendrait bouleverser nos gènes. Une maladie qui donnerait des enfants blonds aux yeux bleus aux couples maghrébins, entre autre.


© Le Lombard 2018.

 L'auteur de Mélusine, mais aussi de Dilemma, prouve une fois de plus son aisance à poser des sujets d'actualité et de société, comme l'identité et le communautarisme. Quand cyril Bonin imagine un virus de l'amour dans Amorostasia (trois tomes chez Futuropolis), Clarke conjecture les conséquences d'un  virus affectant les gènes des nouveaux-nés.

Nous sommes à Coppenhague et des enfants blonds aux yeux bleus naissent dans les populations immigrées. L'adultère étant écarté dans tous les cas, la recherche d'un vaccin devient primordiale pour la sécurité des populations qui commencent à paniquer.

Une histoire assez extraordinaire qui pose la question des origines et des notions d'apparence et d'appartenance. On se laisse prendre par le récit tant il est en lien avec notre actualité (les attentats, les scandales pharmaceutiques, la montée des extrémismes). Clarke y ajoute une note d'espoir avec une belle leçon d'amour et de générosité qui prévalent au final sur une petite incohérence scénaristique concernant la génétique.

 

Monsieur Coucou - note : 8/10

Avant de commencer la lecture de cette histoire de Joseph Safieddine, dessinée par Kyungeun Park, aux éditions du Lombard, il convient de définir ce qu'est un coucou.

Un coucou est un gros passereau qui a une particularité qui est que la femelle pond ses œufs dans le nid d'un autre oiseau. L'oisillon est ainsi élevé par une autre espèce. Cette mise au point faite, vous pouvez alors continuer le lecture de cette critique.


© Le Lombard 2018.

 Allan, le personnage principal de cette histoire, est bien une sorte de coucou. Il s'est retrouvé une nouvelle famille, celle de sa femme dont la mère est gravement malade. Allan s'en occupe comme si c'était sa propremère et une réelle complicité s'est tissée entre les deux. Un comportement pour lequel on ne peut être qu'admiratif, sauf que dans le même temps, il refuse de parler à sa famille. Dès que son frère ou sa sœur téléphone, il a toujours une bonne excuse pour ne pas leur parler. Mais il ne va pas pouvoir continuer à fuir encore très longtemps.

C'est un livre étonnant dans son déroulement que Joseph Safieddine nous offre à livre ici. Il aborde des thèmes souvent durs comme celui de l'accompagnement en fin de vie et l'acceptation de la mort à venir. Mais si le livre commence avec cette ambiance morose, on comprend rapidement qu'Allan a quelques secrets familiaux qui le ronge et qu'il préfère oublier. Joseph Safieddine revient ainsi sur les thèmes comme les douleurs du passé, de la culpabilité qu'elles peuvent entrainer et des séquelles de la guerre (du Liban). Des sujets qu'il a déjà traité dans Je n'ai jamais connu la guerre chez Casterman ou Yallah bye ! au Lombard.

On retrouve d'ailleurs le dessinateur de Yallah bye !, Kyungeun Park, dans ce nouvel album pour une partition de nouveau sublime.


Les couvertures des 2 albums - © Le Lombard 2018.

 

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