Futuropolis : Amorostasia T3, Mattéo T3

/ Critique - écrit par plienard, le 16/12/2017

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Maladie d'amour et révolution sont au programme chez Futuropolis.

L'Amorostasia - Tome 3 : ... et à jamais - note : 8/10

Cyril Bonin signe la fin d'un triptyque original dans son traitement sur le sentiment amoureux. Et si tomber amoureux n'était tout simplement pas une maladie ? Cyril Bonin le traite comme tel avec comme symptôme gravissime : les malades restent totalement figés.


© Futuropolis 2017DR.

 Olga et Kiran sont les deux seuls rescapés de l'amorostasie, cet état qui fige les gens quand ils sont amoureux. L'épidémie est mondiale et a des conséquences perfides. Si vous n'êtes pas figé face à votre partenaire c'est que vous ne l'aimez pas ! L'épidémie est mondiale et reste inexpliquée. Olga et Kiran deviennent alors de véritables phénomènes. Si Olga souhaite reprendre son métier de journaliste. Kiran va profiter de cette nouvelle notoriété. Les deux amoureux vont alors s'éloigner un peu l'un de l'autre.

Au travers de ce traitement original, Cyril Bonin signe un livre sur le coup de foudre et le sentiment amoureux. Comment il naît ? Comment on l'entretien ? L'occasion aussi de donner un petit coup de griffes sur notre société et son comportement envers les femmes : ici, elles seront forcément les bouc-émissaires de l'épidémie, la cause de tous nos maux.

C'est une belle histoire, traitée en noir et blanc, ce qui convient bien au récit.

 

 Mattéo - Quatrième époque (août-septembre 1936) - note : 7/10

On retrouve notre pacifiste révolutionnaire au grand coeur de Jean-Pierre Gibrat, 18 ans après la révolution russe. Il est, cette fois, parti pour la guerre d'Espagne, avec ses amis Amélie et Robert.


© Futuropolis 2017DR.

 On y retrouve un homme un peu désabusé par ses expériences passées et surtout la révolution russe. Ce qui le fait hésiter à choisir entre les anarchistes, les communistes ou les socialistes contre les fascistes. Et comme souvent dans ces cas-là, c'est la femme, ici Amélie, qui va tirer Robert et Mattéo de leurs doutes. Mais les rancoeurs de Mattéo contre le communisme (voir tome 2) va venir à bout de l'amitié qu'il porte à Robert, communiste convaincu.

Dieu quelle est belle la révolution sous les crayons de Jean-Pierre Gibrat. Elle a un côté romanesque et chevaleresque avec la belle Amélie et le grand coeur de Mattéo. Heureusement, il y a quelques doutes et quelques réalités qui reviennent mettre du plomb dans l'aile du descriptif presque trop beau.

Manques d'armes, de munitions, fusils trop vieux, désorganisation, la guerre civile espagnole, c'est un peu David contre Goliath. Sauf que la fin ne sera aussi heureuse que dans le mythe. Un amateurisme que l'auteur exprime plutôt bien.

Un album qui aurait pu être comme un autre si les événements politiques espagnols actuels ne donnaient une certaine résonance avec la situation de 1936. Et bien que le contexte soit radicalement différent, le sous-titre de l'album résonne encore plus dans notre imaginaire.


Les couvertures des 2 albums - © Futuropolis 2017DR.

 

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