Le Lombard : Purple Heart T1, Les sans-visages

/ Critique - écrit par plienard, le 22/10/2019

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Deux nouveaux albums intéressants au Lombard.

Purple Heart - note : 7,5/10

Le duo Warnauts et Raives revient aux éditions du Lombard avec une nouvelle série, Purple Heart, qui se décomposera en one-shot avec comme personnage principal, Josuah Harrisson, un jeune WASP dans l'Amérique des années 50 et pour qui, la seconde guerre mondiale a quelque peu gâché la jeunesse.


© Le Lombard 2019.

 Après leur triptyque belge - Les Temps nouveaux, Après-guerre et Les Jours heureux -, direction l'Amérique toute fraichement auréolée d'avoir sauvée le vieux continent et le monde. Josuah Harrisson est un héros torturé, et doit enquêter sur un chantage  dont un homme d'affaire fait l'objet. Un maître-chanteur qui détient des photos compromettantes de sa femme le trompant. Et afin d'éviter un scandale qui compromettrait son avenir politique, il demande l'aide de son cabinet d'avocats pour qui travaille Josuah. Mais au cours de son enquête, il va comprendre que la situation n'est pas aussi simple que cela.

On plonge dans la mythique Amérique des années 50 avec le talent de deux auteurs complices depuis plus de 30 ans. Ils signent un polar sexy qui porte des thèmes chers aux auteurs  comme le métissage - Josuah a des origines irlandaises et indiennes, la femme adultère est chinoise et l'ami de Josuah est afro-américain. Ils installent ici leur personnage et dévoilent à peine les blessures qui en font une sorte d'écorché vif. Si celle de la guerre est la plus évidente, d'autres semblent aussi prégnantes comme ses rapports avec sa mère.

Warnauts et Raives nous invitent à suivre un nouveau personnage à la fois sympathique et mystérieux. Et on est enclin à les suivre.

 

Les Sans-visages - note : 8/10

Pierre Dubois et Kas sont deux habitués de la collection Signé des éditions du Lombard. Ils étaient donc voués à se rencontrer pour nous offrir un album qu'on attendait secrètement.


© Le Lombard 2019.

 L'elficologue, Pierre Dubois,  devenu depuis peu un spécialiste des westerns (Sykes, Texas Jack) change à nouveau de registre pour un récit de capes et d'épées version apocalypse avec quelques allusions aux petit peuple des bois (on ne change sa nature profonde comme cela). Kas, celui qu'on a longtemps désigné comme l'héritier de Grzegorz Rosinski, est ici à la fête. On commence l'album dans une ambiance de fin du monde. La guerre des Trente ans décime l'Europe et des mercenaires regroupés sous le nom des sans-visages y ont plus que participé. Maintenant, ils sont las des combats et des tueries. Et alors qu'ils tentent d'échapper à l'armée qui est à leurs trousses, ils se retrouvent acculés à la paroi d'une montagne. Ils trouvent miraculeusement une faille par laquelle ils parviennent à s'enfuir. Au bout, ils arrivent dans une valle verdoyante, où une communauté célèbre les fêtes de mai. Le contrat est saisissant et c'est comme si des loups rentraient dans une bergerie.

Un récit prenant de Pierre Dubois, valorisé par le dessin de Kas et dont ne se doute qu'il ne peut que mal finir. Et si, contre toute attente, les sans-visages sont dans un état d'esprit où ils sont arrivés au bout de leur cruauté, ils vont se laisser attendrir, bien volontiers, par ce havre de paix et cette harmonie. Mais s'ils sont enclins à vivre en paix, ils sont aussi sujets à beaucoup de traumatismes et de culpabilité liés à leurs années antérieures.

Des situations et des sentiments parfaitement exprimés par Kas, capable de jouer avec les couleurs et les expressions pour marquer les ambiances, les doutes et les oppositions. Une bonne histoire sur la rédemption et sur la difficulté de vivre en harmonie quand on est différent.

 


Les couvertures des 2 albums - © Le Lombard 2019.

 

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