LE LOMBARD : Louve T6, Les Jours heureux T2, Vertigo, Reconquêtes T4

/ Critique - écrit par plienard, le 13/10/2016

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Quatre albums qui montrent la grande disparité de sujets traités dans les albums du Lombard.

Les mondes de Thorgal, Louve – Tome6 : la reine des Alfes noirs – note : 7/10

La vie des personnages des mondes de Thorgal n’est pas un long fleuve tranquille, loin s’en faut. Et celle de Louve ne fait pas exception. Après avoir échappée à l’emprise de l’infâme Azzalesptön, survécue à Raïssa la femme louve, la vie tranquille auprès de sa mère Aaricia lui semble terriblement ennuyeuse. Et attendre sagement le retour de Thorgal n’est pas dans ses prérogatives. Elle projette de le rejoindre à Bag Dadh mais elle va vite avoir un nouvel objectif : libérer le peuple nain des Alfes noirs et de leur reine qui projettent de couper les racines de l’arbre Yggdrasil et plonger les 9 royaumes dans le chaos.


©Le Lombard édition 2016.

Cette nouvelle épreuve semble encore beaucoup trop large pour les frêles épaules de la fille de Thorgal. Elle va devoir faire preuve d’une grande force car tout semble se liguer contre elle. Yann et Roman Surzhenko nous offrent une nouvelle histoire pleine de rebondissements avec le retour de nombreux personnages que les lecteurs de la série principale auront plaisir à retrouver : la gardienne des clés, la nain Tjahzi, ou encore Volsung de Nichor. Et tout ce petit monde doit converger vers la série principale.

 

Les jours heureux – Tome 2 – note : 7.5/10

Le cours d’histoire d’Après-guerre de Warnauts et Raives revient pour une session finale. Le tome 2 Des jours heureux, dans la collection Signé des éditions du Lombard vient mettre un terme à la très belle histoire des deux auteurs belges après Les Temps nouveaux et Après-guerre.


©Le Lombard édition 2016.

Nous sommes en 1961, des heurts viennent d’éclater dans le Congo belge. Thomas Deschamps est directement concerné puisqu’il sera surpris par des rebelles alors qu’il se dispute avec Hortense. En Belgique, on perd sa trace à partir de ce moment et on met tout en œuvre pour le retrouver.

Cette mini-série a ceci de terrible qu’elle rappelle une époque, qui est un peu trop idéalisée de nos jours. C’est le début des années 60 et certains rabats-joie actuels sont capables de vous dire que c’était la belle époque. Mais si la notre n’est pas réjouissante, on ne peut pas dire que ces années 60 soient plus folichonnes : Soulèvement au Congo, construction du mur de Berlin, tension Est-Ouest, guerre d’Algérie, je crois franchement que ces années n’ont rien à envier aux nôtres. Et on en est presque à regretter une époque plus grave encore où les choix à faire étaient plus simples.

Vertigo – note : 7.5/10

Une fois n’est pas coutume, la collection Troisième vague des éditions du Lombard nous propose un one-shot. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois car Stephen Desberg et Thomas Legrain nous avaient déjà proposé un récit complet avec Bagdad Inc. Ici, ce sont deux nouvelles signatures pour la collection qui s’essayent au thriller : Nathalie Sergeef pour le scénario et Bufi pour le dessin.


©Le Lombard édition 2016.

Samuel Santos est un ancien des maras – gang d’Amérique latine – qui a réussi à en réchapper en devenant avocat. Mais le destin le remet sur la route de son ancien gang. En effet, Seis, le fils de Deus, le chef de gang, a abattu froidement son père et il se laisse condamner sans chercher à se défendre. Il pourrait cependant avoir des circonstances atténuantes, d’autant que ce n’est peut-être pas son père qu'il a tué. Samuel va tenter de l’amadouer pour lui venir en aide.

C’est un récit prenant que nous propose Nathalie Sergeef. Et pourtant, tout le long de l’album on se dit que l’auteur nous prend pour des benêts. On a compris ce qui lie l’avocat au jeune adolescent. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Et puis, il y a la fin. La scénariste nous a eu et nous a mené en bateau tout du long. Bravo c’est réussi. Et puis il y a aussi les dessins d’Ennio Bufi, secs et cruels. C’est peu dire qu’il participe à la qualité de l’album.

 

Reconquêtes – Tome 4 : La mort d’un roi – note : 8/10

C’est la fin d’une fantastique série que les éditions du Lombard nous propose avec le quatrième tome de Reconquêtes par Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes où trois peuples scythes – les Sarmates, les Cimmériens et les Callipides - vont s’unir pour combattre le peuple Hittite. Mais l’union va être mise à mal par des dissensions et par des trahisons. Un récit épique mis en valeur par le dessin magnifique de François Miville-Deschênes.


©Le Lombard édition 2016.

Dans ce tome 4, la Horde formée par les trois peuples scythes commence à s’épuiser devant les attaques répétées des Hittites d’autant qu’un des mages atlante à rejoint l’ennemi et qu’une partie des Sarmates l’a quittée. La scribe Thusia, héritière elle-aussi de la magie atlante, prend conscience de son erreur – elle est à l’origine de la scission avec une partie du peuple Sarmate – et va fournir un espoir de victoire finale.

Cette série est sans doute une des plus originales réussites des dernières années. On y retrouve un peu tous les ingrédients savamment orchestrés : de l’historique avec des peuples ayant réellement existés, de la fantasy avec de la magie et des animaux mythiques tels les griffons, une pointe d’érotisme avec le peuple Sarmate qui renouvelle le mythe de l’amazone. Le dessin et les couleurs sont tout simplement magnifiques.


Les couvertures des 4 albums - ©Le Lombard édition 2016.

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