8.5/10Wotan, l'intégrale

/ Critique - écrit par plienard, le 16/07/2014
Notre verdict : 8.5/10 - Wotan en emporte le vent

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Alors qu'on attendait impatiemment le second tome, Eric Liberge et les éditions Dupuis nous prennent de cours avec cette intégrale. Ne boudons pas notre plaisir.

J’aurais pu vous faire un dossier spécial sur la guerre en bande dessinée car en ce moment, les albums sur ce sujet sortent à foison. Lignes de Front chez Delcourt, La grande guerre ou Gavrilo Princip chez Futuropolis, Wunderwaffen chez Soleil sont un petit éventail des albums dernièrement sortis et que j’ai pu lire. Je préfère pourtant mettre l’album dont je vais vous parlez à part, tant il est impressionnant par sa qualité et sa richesse ce qui n’enlève en rien aux autres albums précités.


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Impressionné par le premier album (tome 1, 1939-1940) à la suite duquel l’auteur Eric Liberge nous avez gratifié d’une interview (ici), c’est un peu avec surprise que nous découvrons aujourd’hui l’intégrale des trois albums. Prévus pour l’année 2012, les deuxième et troisième tomes n’ont finalement pas vu le jour. Et c’est avec une impatience et un plaisir non dissimulé que je vous invite à découvrir cette intégrale.

Elle est donc découpée en trois partie, 1939 – 1940 puis 1941 – 1943 et enfin 1943 – 1945, qui suivent le parcours de trois personnages qui ne se connaissent pas mais que les événements vont faire croiser les chemins. Le premier s’appelle Louison et est un jeune orphelin frappé d’amnésie. Recueilli par une famille française dont le père vient de partir à la guerre, il va s’enfuir et être hébergé un moment par des gitans. Obnubilé par les armes, voyant les âmes des morts, le jeune enfant va une fois de plus se retrouver seul avec, cette fois, un bébé sur les bras. Il va rencontrer Étienne un soldat français qui fuit devant l’avancée des troupes allemandes. Il va alors emmener les deux enfants jusqu’à paris pour les confier à Yin-Tsu, une petite amie étudiante aux beaux-arts de Paris. Cette dernière est introuvable et il va les laisser à une soi-disant amie de la japonaise.


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On va suivre les différentes trajectoires de ces trois personnages emmenées dans la folie de la guerre. Chacun, à tour de rôle va côtoyer l’horreur, la collaboration, les camps. Tous, à un certain moment vont se laisser séduire par le côté protecteur des nazis mais très rapidement ils vont comprendre ce qu’il se cache derrière l’idéologie nazie.

162 pages de bande dessinée d’une qualité exceptionnelle tant dans l’empathie que l’on peut avoir pour les personnages, que par son scénario et la documentation très précise. Éric Liberge signe en effet un récit très documenté qui monte crescendo dans l’horreur avec notamment la description de la Shoah, des expériences sur les humains, du front de l’est, des camps de concentration ... l’auteur réussit l’exploit de raconter des faits historiques sans être pompeux ou ennuyant, de revenir sur des doctrines sans être complaisant. On est scotché de l’horreur qu’on put subir les juifs, les tziganes, les populations de l’Est, tout cela avec le souci du détail et un dessin réaliste. Rien n’a été oublié

Ce triptyque est à mettre en parallèle à un livre comme Maus et semble plus que nécessaire en ces périodes d’incertitudes.

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