Dargaud : Survivants T4, HSE T3, Le Concile des arbres

/ Critique - écrit par plienard, le 09/05/2016

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Une BD d'anticipation, une BD de science-fiction et une BD fantastique chez Dargaud.

Survivants – Anomalies quantiques – épisode 4 – note : 7/10

C’est le quatrième épisode des Survivants, cette série parallèle aux mondes d’Aldébaran créés par Léo. Alors rien de nouveau chez l’auteur brésilien. On a toujours une héroïne, Manon, un nouveau monde étrange et un bestiaire pas toujours amical. Manon est bien sûr très attirante et ne laisse pas les hommes insensibles, même si ceux-ci sont déjà en couple. Mais les malheurs et les péripéties aidant, les couples vont être remaniés, les cartes côté cœur redistribuées, ce que donnera l’occasion d’avoir la petite réflexion toute masculine sur la belle poitrine de l’héroïne.


 ©Dargaud édition 2016.

Léo nous rabâche toujours les mêmes choses et il réussit encore à nous avoir. On ne peut pas s’empêcher de prendre du plaisir à lire ses albums, à frémir face aux épreuves que l’héroïne et ses ami(e)s doivent affronter, et admirer leur force de caractère malgré quelques coups de moult bien compréhensibles.

Léo c’est toujours la même recette, mais c’est toujours aussi bon. Alors quand on aime on ne compte pas.

 

H.S.E. – Tome 3 – note : 7/10

Après la crise des subprimes de 2007 et la crise bancaire et financière de 2008, les gouvernements successifs nous avaient promis que les banques seraient mieux contrôlées et la finance ne dicterait plus sa loi. 8 à 9 ans plus tard, force est de contacter qu’il est difficile de croire que les décisions prises aient été les bonnes et surtout qu’elles aient eu un impact sur nos « amis » financiers (si, si, cherchez bien, je suis sûr que vous avez au moins un ami qui travaille dans la finance, n’ayez pas honte), car ces dernier ont une imagination débordante dès qu’il s’agit de faire du profit là où le commun des mortels n’y auraient même pas pensé.


 ©Dargaud édition 2016.

C’est d’ailleurs le sens de ce triptyque signé par Xavier Dorison, et Thomas Allard. Ainsi pourquoi ne pas mettre en bourse un homme, une personnalité au même titre qu’une entreprise ? C’est le HSE, le Human Stock Exchange, une bourse de l’être humain où vous pourriez mettre le peu d’économie que vous avez sur un homme en pleine réussite.

C’est le cas de Félix Fox qui va intégrer le HSE et voir ainsi son ascenseur social grimper à vive allure. Sauf qu’il y a des contreparties. Et lorsque sa femme tombe enceinte, que le bébé ne sera peut-être pas en bonne santé, il doit se débarrasser d’elle s’il veut que sa côte continue de monter. Mais Félix est coincé car il ne peut plus sortir du HSE contractuellement sans y perdre un organe (au minimum !). Et que dire des millions de gens qui ont misé sur lui ? Il est devenu une bulle à lui tout seul.

Fantastique polar économique qu’on serait tenté d’appeler polar d’anticipation ce qui fait froid dans le dos quand on y pense. Le dessin de Thomas Allard emprunte à l’imagerie du monde de la bourse et des traders avec des pages pleines de cases telles des écrans de PC. Cela renforce l’idée de la machine qui s’emballe et qui doit finir dans le mur. La dramaturgie est d’autant plus grande que les auteurs ont opté pour un monde bivalent : un qui réussit et vit dans le luxe et l’autre qui trime et est dans la pauvreté. Il ne semble pas y avoir de juste milieu.

C’est la seule chose qui nous laisse un peu d’espoir et qui différencie notre monde avec cette bande dessinée d’anticipation. Mais pour combien de temps encore ?

 

Le concile des arbres – note : 8/10

Pierre Boisserie et Nicolas Bara collaborent pour la seconde fois sur une nouvelle histoire dans la collection très stylisée Long Courrier des éditions Dargaud, après Le Chant des Malpas.

Dans un hôpital pour femmes et enfants, 7 enfants orphelins dansent la gigue tous les soirs à partir de minuit sur les toits en chantant dans un langage inconnu. C’est une enquête faite pour le ministère public des affaires privées qui est contacté pour un mystérieux inconnu. Casimir Dupré et Artémis D’Harcourt sont les 2 agents spécialistes du paranormal qui vont mener l’enquête.


 ©Dargaud édition 2016.

Dans une ambiance à la Tim Burton qui rappelle Sleepy Hollow et avec deux personnages dans le pur style X-files, on est presque dans la BD de genre. Le trait de Nicolas Bara et ses angles de vues si particuliers donnent une force particulière à cet album. Doté d’un certain humour, et réussissant à nous surprendre sur la fin du récit, on ne peut que regretter qu’il n’y aura pas de suite à ce duo d’agents. Et on sera juste surpris que la déclaration d ‘amour de Casimir arrive un peu comme un cheveu sur la soupe car rien ne semblait indiquer une quelconque attirance entre les deux personnages. Reste qu’ils sont terriblement complémentaires, qu’ils sont doués d’un talent indéniable et qu’ils sont franchement sympathiques. Allons, messieurs les auteurs, un petit effort pour une nouvelle enquête !! 


Les couvertures des 3 albums -  ©Dargaud édition 2016.

 

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