Dargaud : Les mondes de Leo

/ Critique - écrit par plienard, le 19/09/2014

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Les éditions Dargaud ont une petite pépite dans leur effectif, en la personne de Leo (Luis Eduardo de Oliveira).

Ce brésilien, septuagénaire cette année, a une imagination folle et un talent fou. Rien que pour ce mois de septembre, deux albums sortent avec un nouvel épisode des Survivants – Anomalies quantiques que j’attendais pour ma part avec une certaine impatience (deux années !) et une nouvelle série, Ultime frontière, dans la droite ligne de sa précédente série avec Icar, Terres lointaines.

Il y a quelque chose de Moëbius panaché avec du Hergé dans le style de Leo ; du fantastique avec une once de réalité. Il est capable d’inventer des créatures incroyables, certaines monstrueuses et repoussantes, d’autres douces et attachantes. À l’image du monde foisonnant de Philippe Buchet dans Sillage, Leo a fait de même en construisant un véritable bestiaire dont on pourrait faire un catalogue. Et on a encore un bel éventail de son imagination avec ces deux albums, entre les étranges espèces évoluées rencontrées dans l’album des Survivants, et les effrayantes bêtes d’Ultime frontière (dont la représentation est à mettre aussi au profit du dessinateur Icar). Remarquez que dans ce dernier album, le comportement de certains humains vaut bien les plus effrayantes bêtes !

 

Les Survivants, épisode 3 – note 7/10

Manon, Alex, Max et Ilse ont été victimes d’une anomalie quantique qui les a propulsés quelques six  années dans le futur. Heureusement ils retrouvent leurs compagnons d’infortune avec lesquels ils ont survécus après la désintégration de leur astronef. Ils doivent leur survie et leur retrouvaille à Antac, un félin humanoïde, bien plus évolué que les humains. Une sorte de bouée d’oxygène pour les quatre humains après les nombreuses péripéties qu’ils ont vécu (voir les deux tomes précédents)


dr.

Une aventure un peu plus calme pour les survivants, en tout cas pour la première partie de l’album alors que la fin est particulièrement remuante et stressante pour nos amis. Ajoutez à cela les rapports humains et amoureux conflictuels et compliqués entre les personnages et vous aurez ce qui fait une bonne bande dessinée de Leo.

 

Ultime frontière, épisode 1 – note 7/10

Après Altaïr-3 dans Terres Lointaines et la famille de Paul Clauden, on part sur Tau Ceti 5 avec une autre famille, les Jones. Le frère et la sœur, John et Jane, débarquent à Erechim, un village à l’ultime frontière du monde explorée sur cette planète. La vie dans cette bourgade est pour le moins agitée. Entre les hommes qui terrorisent tout le monde pour que leur patron, Ronald Burton un propriétaire terrien, puisse se réapproprier les propriétés alentours, ou Tiger Sandero d’une fratrie de quatre garçons qui frappent sa femme, la vie n’est pas de tout repos. C’est pour cette raison que l’équipe municipale a fait appel à Jones & Jones sécurité pour faire revenir l’ordre. Mais est-ce qu’une frêle jeune femme et un paraplégique vont pouvoir faire grand-chose ?


dr.

Icar et Leo continuent leur collaboration sur une nouvelle planète, dans un style western assumé. Les personnages jouent du pistolet à tout va sans trop de conséquence vu qu’ils envoient des décharges électriques plutôt que des balles. Remarquez les décharges sont parfois sévères. On retrouve aussi ce qui faisait le charme des westerns de notre enfance avec les méchants d’un côté qui se croient tout permis et les bons de l’autre qui n’osent rien faire. La trame n’a donc rien d’originale ou de fantastique, mais l’univers dans lequel les personnages évoluent l’est. Leo et Icar sont maintenant des gens expérimentés pour nous apporter cette pincée de fantastique qui fait la différence.

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