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Bande dessinée Critique

La Canne de Balzac

Notre note : 4/5

Trop beau, c'est moche

La canne de Balzac figure parmi nos BD les mieux notées.

Votre note pour La canne de Balzac :

Et si le plus grand problème d’un homme était d’être beaucoup trop beau ? C’est le curieux malheur de Tancrède, héros de La Canne de Balzac, nouveau one-shot de PoPésie et Léna Walrus chez Dargaud. Quand la beauté devient un obstacle professionnel, sentimental et même social, Honoré de Balzac sort de sa manche une canne magique capable de rendre invisible. Une idée aussi absurde que réjouissante, qui permet surtout à PoPésie de jouer avec la littérature, la poésie et quelques-uns des travers de notre société.

Tancrède a un problème, un gros problème : Il est beau. Pas simplement « plutôt pas mal », mais carrément magnifiquement beau. Une beauté qui lui ferme toutes les portes. Les employeurs se méfient de lui, les femmes tombent sous son charme, les maris deviennent jaloux et les parents commencent à surveiller leurs filles dès qu’il approche. Bref, Tancrède est victime de son physique.

C'est le point de départ de La Canne de Balzac, scénarisé par PoPésie et dessiné par Léna Walrus. L'album, paru le 4 septembre 2026, compte 104 pages et s'inspire d'un texte de Delphine de Girardin autour d'une fameuse canne attribuée à Balzac. Car le célèbre écrivain possède ici un petit secret : une canne, aussi laide que Tancrède est beau. Et cette canne a un pouvoir susceptible d'intéresser notre héros : celui de rendre invisible. 

Et c'est à ce moment que cela commence à dégénérer. Le personnage principal va se servir de ce pouvoir, non pas pour contrecarrer la malédiction d'être beau mais bien pour son profit personnel. S'il apparaît comme un jeune homme un peu naïf, suffisamment sûr de lui pour croire qu'une canne magique va résoudre tous ses problèmes, il va surtout en créer de nouveaux. Ses tentatives pour profiter de son invisibilité afin de séduire les femmes donnent lieu à plusieurs situations franchement amusantes. Le personnage devient même parfois ridicule, mais sans jamais devenir totalement antipathique.

Le scénariste, Guillaume Plassans, alias PoPésie, s'est fait connaître en détournant avec humour les figures et les codes de la littérature. Il avait notamment déjà travaillé sur À l'école des lettres, où les grands écrivains du XIXe siècle devenaient les protagonistes de facéties scolaires. On n'est donc pas étonné de retrouver quelques-unes des plus grandes figures littéraires de l'époque - Balzac bien-sûr, Victor Hugo ou encore Lamartine -.

Au dessin, Léna Walrus signe ici son premier album. Son Tancrède possède une silhouette très expressive, avec notamment cette fameuse mèche de cheveux qui n'a probablement jamais existé dans les années 1830 mais qui lui donne immédiatement une personnalité graphique. Jouant beaucoup sur les attitudes et les expressions corporelles, la dessinatrice apporte cette touche d'humour. Les bulles participent également au jeu graphique, avec une calligraphie qui peut évoluer selon les émotions du personnage. Il y a donc une vraie recherche visuelle derrière une apparente légèreté. 

Avec La Canne de Balzac, PoPésie et Léna Walrus signent un one-shot drôle, léger et joliment décalé, qui transforme une curiosité littéraire du XIXe siècle en comédie moderne.

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