H.S.E. T.3
Fantastique polar économique qu’on serait tenté d’appeler polar d’anticipation, ce qui fait froid dans le dos quand on y pense.
Après la crise des subprimes de 2007 et la crise bancaire et financière de 2008, les gouvernements successifs nous avaient promis que les banques seraient mieux contrôlées et la finance ne dicterait plus sa loi. 8 à 9 ans plus tard, force est de contacter qu’il est difficile de croire que les décisions prises aient été les bonnes et surtout qu’elles aient eu un impact sur nos « amis » financiers (si, si, cherchez bien, je suis sûr que vous avez au moins un ami qui travaille dans la finance, n’ayez pas honte), car ces dernier ont une imagination débordante dès qu’il s’agit de faire du profit là où le commun des mortels n’y auraient même pas pensé.

©Dargaud édition 2016.
C’est d’ailleurs le sens de ce triptyque signé par Xavier Dorison, et Thomas Allard. Ainsi pourquoi ne pas mettre en bourse un homme, une personnalité au même titre qu’une entreprise ? C’est le HSE, le Human Stock Exchange, une bourse de l’être humain où vous pourriez mettre le peu d’économie que vous avez sur un homme en pleine réussite.
C’est le cas de Félix Fox qui va intégrer le HSE et voir ainsi son ascenseur social grimper à vive allure. Sauf qu’il y a des contreparties. Et lorsque sa femme tombe enceinte, que le bébé ne sera peut-être pas en bonne santé, il doit se débarrasser d’elle s’il veut que sa côte continue de monter. Mais Félix est coincé car il ne peut plus sortir du HSE contractuellement sans y perdre un organe (au minimum !). Et que dire des millions de gens qui ont misé sur lui ? Il est devenu une bulle à lui tout seul.
Fantastique polar économique qu’on serait tenté d’appeler polar d’anticipation ce qui fait froid dans le dos quand on y pense. Le dessin de Thomas Allard emprunte à l’imagerie du monde de la bourse et des traders avec des pages pleines de cases telles des écrans de PC. Cela renforce l’idée de la machine qui s’emballe et qui doit finir dans le mur. La dramaturgie est d’autant plus grande que les auteurs ont opté pour un monde bivalent : un qui réussit et vit dans le luxe et l’autre qui trime et est dans la pauvreté. Il ne semble pas y avoir de juste milieu.
C’est la seule chose qui nous laisse un peu d’espoir et qui différencie notre monde avec cette bande dessinée d’anticipation. Mais pour combien de temps encore ?
Cette critique a d’abord paru dans notre chronique Dargaud : Survivants T4, HSE T3, Le Concile des arbres.





