Le Lombard : Diable Pâle T1, Daemon T2

/ Critique - écrit par plienard, le 27/06/2026

Daemon – Tome 2 : Les Enfants d’Arès – note : 8/10

Avec Daemon – Tome 2 : Les Enfants d’Arès, Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat et Yoann Guillo poursuivent leur grande fresque mythologique avec une ambition intacte : fusionner le souffle épique des récits antiques avec l’efficacité spectaculaire de la fantasy moderne. Et ce deuxième volume confirme rapidement que Daemon veut s’imposer comme l’une des séries d’aventure les plus musclées du catalogue du Lombard.


©  Le Lombard 2026.

 

Après un premier tome centré sur la malédiction imposée par Zeus, Daemon Coeur-de-Marbre tente désormais de mettre sa puissance au service des autres. Mais lorsque Thèbes est menacée par une armée de guerriers se réclamant d’Arès, le demi-dieu se retrouve confronté à des ennemis qui lui ressemblent dangereusement. Cette fois, le récit abandonne en partie l’errance du héros pour entrer dans une logique de guerre ouverte, de sièges et de rivalités sanglantes.

Ce qui frappe immédiatement dans ce tome 2, c’est son énergie. Vincent Brugeas construit son récit autour d’affrontements massifs, de trahisons politiques, de montée en tension permanente et de violence omniprésente.

La mythologie grecque sert ici de terrain de jeu spectaculaire, et est transformée en blockbuster antique. Daemon apparaît comme une machine de guerre incontrôlable, tiraillée entre sa brutalité naturelle et cette étrange malédiction qui le pousse à rechercher la reconnaissance des autres. C’est le vrai point fort de la série : utiliser les codes antiques pour parler d’un héros incapable de trouver sa place parmi les hommes comme parmi les dieux.

Là où le premier tome impressionnait surtout par sa puissance visuelle, Les Enfants d’Arès gagne en épaisseur émotionnelle.

Daemon n’est plus seulement une brute solitaire. Ses relations avec Eugenios et Kallista apportent davantage d’humanité, les dilemmes moraux prennent plus de place, et le récit commence à interroger la notion même d’héritage.

Être le fils d’Arès devient ici une véritable malédiction symbolique : Daemon voit surgir face à lui d’autres héritiers de la violence, débarrassés de tout remords. Cette opposition donne au personnage un véritable conflit intérieur.

Visuellement, la série reste absolument impressionnante. Le tandem Toulhoat / Guillo livre des planches d’une puissance rare : anatomies massives, combats ultra-dynamiques, décors antiques gigantesques, couleurs brûlantes et métalliques.

Chaque bataille semble pensée pour provoquer un impact immédiat. On sent une influence assumée du cinéma épique moderne et du jeu vidéo, mais digérée dans une narration BD extrêmement lisible. Il en ressort une certaine démesure et un récit qui avance souvent à pleine vitesse.

On peut également reprocher à l’album une forme de classicisme dans sa structure : malgré son habillage mythologique très réussi, le récit reste celui d’un héros surpuissant affrontant une menace toujours plus grande.

Les Enfants d’Arès est une BD d’aventure massive, brutale et généreuse, qui assume pleinement son goût pour l’épique. Une lecture pensée comme un grand récit mythologique moderne, entre péplum antique et fantasy guerrière. Daemon s’impose déjà comme une série particulièrement ambitieuse dans le paysage franco-belge actuel.

 

 

Diable Pâle – Tome 1 : Et pour quelques winchester de plus – note : 8/10

Avec le premier tome de Diable Pâle – Et pour quelques winchester de plus, publié chez Le Lombard, Vincent Brugeas et Nicolas Siner proposent un western aux codes inversés en se plaçant du point de vue des Apaches …

Taglito est un Blanc élevé par les Apaches. Les zones d’ombres restent encore nombreuses sur ses origines mais on comprend qu’il se considère comme un indien. Il profite de cette « double-nationalité » pour espionner les Blancs.


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Truth accompagne Taglito. Indienne à la beauté sauvage, elle est chargée de veiller sur lui mais doit rester cacher pour ne pas se faire repérer.

Jo est une vieille connaissance de Taglito. Alcoolique repenti, mais auquel personne ne croit, il apparait fragile mais sincère. Aura-t-il la volonté de ne pas rechuter ?

Au travers des figures de ces trois personnages – Taglito, Truth et Jo – les auteurs présentent des points de vue différents mais complémentaires de la Conquête de l’Ouest et « abordent des thème d’actualité comme le racisme, la ségrégation la spoliation des terres, l’accaparement des biens, ou la place des femmes dans la société ».

Vincent Brugeas (Block 109, Le Roy des Ribauds chez Akileos) reprend la mécanique du trio qu’il a déjà exploité dans Cosaques (2 tomes chez Dargaud) et nous démontre une fois de plus sa capacité à mettre en place des univers riches avec des personnages complexes, tout en restant fluide et compréhensible.

Nicolas Siner (Horacio d’Alba, Lord Gravestone) est aux dessins avec « un traitement graphique plus nerveux et jeté, qui se rapproche des codes visuels du western ». Assurant comme à son habitude les couleurs de l’album, il a transformé sa technique pour nous offrir des couleurs saturées qui donnent une sensation de chaleur.

Le premier tome de cette série présentée comme une série d’aventure installe un univers avec des personnages dont on soupçonne qu’ils ont encore de nombreuses choses à nous révéler sur leur passé et leurs relations.

 

 
Les couvertures des 2 albums - ©  Le Lombard 2026.