Delcourt : La fabrique des insurgées, Les Enragés, Maître de guerre T1

/ Critique - écrit par plienard, le 14/07/2025

Tags :

La fabrique des insurgées – Note : 6,5/10

Dans le débat sur l’invisibilité des femmes dans l’histoire de France, on pourrait aussi évoquer la question des premières grèves pour lesquelles on découvre qu'elles ont aussi contribué à bâtir notre nation.


© Delcourt 2025.

 

Parmi les mouvements sociaux en France, ceux des femmes restent souvent inconnus. En 1869, c’est la première grève d’ouvrières qui éclate à Lyon pour réclamer une augmentation et de meilleure condition de travail. Confrontées à la concurrence de la main d’œuvre italienne que le patronat ne se prive pas de faire venir et de payer avec des salaires encore plus faibles.

Camille et son amie Adélaïde débarquent de leur campagne ardéchoise pour se faire embaucher dans la filature Bonnardel à Lyon. Très vite, elles se rendent compte que la paie qu’on leur a fait miroiter, n’est pas celle convenue (1,4 Fr au lieu de 2 Fr), et que les contremaîtres se donnent tous les droits sur les ouvrières. Heureusement la solidarité des ouvrières permet de supporter tout cela, jusqu’à un certain point.

Bruno Loth revient sur la première grève des ouvrières françaises. On n’est pas étonné de ne pas la connaître, tant on se rend compte peu à peu combien les femmes ont pu être invisibilisées dans le récit historique et national.

On regrette ce récit parallèle avec le frère et sœur de Camille qui n’ajoute pas de plus-value au thème de l’album. Et au contraire, atténue sa portée. Mais derrière un dessin en noir et blanc, on plonge facilement dans cette ambiance de révolte sociale. Les coups bas du patronat, la société patriarcale et machiste et la complaisance politique y sont bien décrits.

 

Les Enragés - Intégrale – Note : 8/10

Les éditions Delcourt nous proposent de redécouvrir les Enragés, une série de cinq tomes parus entre 1994 et 1998 dans la collection Sang Froid, réunis dans une nouvelle intégrale. Née de la collaboration entre le scénariste David Chauvel (22, Mafia story, Robilar ou le maistre chat, WW2.2 T1, Wollodrïn …) et le dessinateur Erwan Le Saëc (Mafia story, Ce qui est à nous, Entre Terre et Mer, Bugaled Breizh …), on y suit Hamlet, un tueur à gages qui veut rempiler après cette dernière mission, et qui va être victime d’une machination. Mais l’homme est plein de ressource et une confrontation entre ceux qui veulent l’éliminer et sa volonté de découvrir qui est à l’origine de cette situation va devenir inévitable. Les événements vont l’obliger à entrainer Wendy une adolescente caractérielle, et Huevo, un gamin de banlieue, membre d’un gang, et qui vient de se mettre à dos le gang des hard Liners.


© Delcourt.

 

Un polar bien gaulé, plutôt haletant, dans lequel on voit l’évolution des relations dans le trio au fil des albums : Huevo éprouve de la fascination pour Hamlet et ce qu’il représente quand ce dernier fait preuve de principes inhabituels avec Wendy en la gardant en vie.

Album après album, on découvre la vérité sur le complot contre Hamlet, jusqu’à un bouquet final enthousiasmant. Le tout de force des auteurs est de nous faire éprouver de la sympathie alors qu’on a un tueur à gages et un gamin foncièrement violent. Il faut dire que face à eux, ils - truands et flics – ne sont pas vraiment des enfants de chœur.

Bref, si l’intégrale respire la bd des années 90, on lit un bon polar avec le trait incisif de Erwan Le Saëc.

 

Les Maitres de guerre – Tome 1 : Patton – note : 6/10

Le général Patton inaugure une série sur les maîtres de guerre aux éditions Delcourt. Un récit de Jean-Pierre Pécau, dessiné par Fabrizio Faina et Mauro Salvatori, qui revient sur un des général « 4 étoiles » parmi les plus célèbres de l’armée américaine.


© Delcourt 2025.

 

On va suivre dans ce one-shot la campagne des Ardennes où il va démontrer une fois de plus son sens aigu de la tactique.

Il y a un effet déceptif dans ce premier tome d’une série qui veut décrire les maîtres de guerre (Attila et Lawrence d’Arabie suivront cet album). On s’attend à un album qui revienne sur l’ensemble de la carrière du général américain alors qu’on aura droit qu’à sa dernière campagne. C’est bien peu quand on connait la réputation que le général au caractère bien trempé traine derrière lui. Un sentiment renforcé avec le dossier final qui complète l’album.

 


Les couvertures des 3 albums - © Delcourt 2025.