8/10Yoko Tsuno - Tomes 4, 18 et 21

/ Critique - écrit par riffhifi, le 15/11/2008
Notre verdict : 8/10 - Salut c’est moi Tsuno, chuis le robot héros, etc. (air connu) (Ecrivez votre critique)

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Du Yoko des premières et des dernières années, juxtaposés autour de la thématique des robots. Leloup a quand même bien balayé le spectre des thèmes abordables en science-fiction.

Les intégrales Yoko Tsuno ne sont plus si loin d'être complètes. Etrangement, et
grâce à leur ordre de réédition thématique plutôt que chronologique, on découvre seulement ici la toute première apparition de l'héroïne en 1970, qui n'avait de toute façon été reprise que dans le quatrième album Aventures électroniques (1978). Autour du thème Robots d'ici et d'ailleurs, ce sixième recueil rapproche donc ces histoires simplettes et incroyablement terre-à-terre de l'épopée spatiale décrite dans les tomes 18 et 21, initialement édités en 1991 et 1996. Un bond dans le temps qui, non content d'être surprenant, permet de mesurer le trajet parcouru par l'auteur en vingt ans.

Tome 4 - Aventures électroniques (1978)

Un album qui tient plus de la curiosité que d'autre chose, composé d'histoires courtes issues des toutes premières années d'existence de Yoko Tsuno. La première, Hold-up en hi-fi, est parue dans Spirou le 24 septembre 1970 et montre la jeune Japonaise aux prises avec des braqueurs de banque ; elle peut bien leur faire toutes les prises de karaté qu'elle veut, elle aura du mal à rivaliser avec ses futures aventures spatio-temporelles. L'histoire suivante, en deux pages, est
davantage un gag de Noël qu'une réelle histoire, et rappelle que Yoko était alors une technicienne spécialisée en électronique... en d'autres termes, une réparatrice de matos hi-fi !

La troisième, avec son « multiplicateur de force », laisse entrapercevoir la direction que prendra plus tard la série, sans pour autant contribuer à vous dresser les poils des bras. Suivent alors : une histoire de fusée détournée, une autre avec des abeilles et une dernière, de loin la plus intéressante, avec une araignée-robot téléguidée. La brièveté de toutes ces intrigues les empêche de posséder une véritable épaisseur, ce dont Leloup se rendra vite compte. On remarque tout de même que Yoko a progressivement trouvé son apparence, bien que le dessin soit encore destiné à connaître un petit lissage.

Tome 18 - Les exilés de Kifa (1991)

Quelque vingt ans plus tard, Yoko Tsuno est devenue la fière exploratrice de l'espace que nous connaissons, escortée de ses amis mâles inutiles Vic et Pol, de la Vinéenne Khâny et des gamines Rosée et Poky. Tout ce petit monde découvre ici l'existence d'une forme de vie artificielle possédant l'aspect de petites poupées chevelues. Les robots de Kifa (oui, c'est le nom d'un satellite, et non, ça n'a aucun rapport avec le fait de kiffer la bande dessinée, vous devriez avoir honte de poser
la question) sont persécutés par l'affreux Gobol (avec un nom pareil, moi aussi je deviendrais méchant) qui pique leur énergie vitale pour alimenter ses propres machines.

La nouveauté essentielle de cet album, c'est évidemment la présence des mini-robots dont la personnalité quasi-humaine émeut Yoko. Comme l'explique Roger Leloup dans les bonus qui ouvrent l'album, leur création est due à un projet de dessin animé et à une volonté de générer des produits dérivés... Rien de très noble donc dans cette démarche, mais le dessin animé tomba à l'eau et Leloup donna vie à ces créatures avec suffisamment de conviction pour éviter qu'on puisse l'accuser d'être mu par de simples pressions commerciales. L'épisode est plutôt bon, mais sert essentiellement de prélude à La porte des âmes, qui suivra quelques années plus tard.

Tome 21 - La porte des âmes (1996)

Si la troupe de Yoko s'est enrichie d'un nouveau membre (Mieke, la chérie de Pol qu'il a ramenée d'un lointain passé pour qu'elle lui fasse la cuisine), ce sont bien les intrigues qui restent au cœur de l'intérêt de la série. Dans cet album, Leloup se confronte à la question de l'immortalité, non sans une certaine maladresse Le sado-masochisme chez les robots
Le sado-masochisme chez les robots
(confessée après coup) : le terme d' « âme » qu'il fait employer à ses personnages renvoie à des considérations religieuses qui ne sont pas les siennes, alors que le thème abordé l'était par un pur artifice de science-fiction.

Ainsi, les Vinéens exilés jadis sur Ultima semblent avoir pris l'habitude de transférer leur conscience et leurs connaissances (leur âme, donc) d'un corps à l'autre... Lorsque Yoko débarque, elle est témoin du transfert d'une âme dans un semi-robot, Éthéra, fabriqué à partir du corps défectueux d'une Vinéenne. Toujours escortée des petites poupées-robots de l'album Les exilés de Kifa, l'héroïne est amenée à s'interroger sur les questions de l'identité et de la conscience... Grands thèmes de S-F, traités avec subtilité dans un récit par ailleurs assez mouvementé.

 

Machines téléguidées, intelligences artificielles et cyborgs, tous les aspects de la robotique sont abordés en quelques récits. Le saut entre le tome 4 et le tome 18 est tout de même un peu raide si on veut lire le recueil dans la continuité ; mieux vaut poser l'album quelques heures entre les deux, pour imaginer que quelques siècles s'écoulent...

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