6.5/10Travis - Tomes 6.1 à 7

/ Critique - écrit par Kei, le 10/03/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Moins de gnons, donc moins bon. (Ecrivez votre critique)

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Après un premier cycle très convaincant, voici venir trois volumes un peu fades, un peu trop classiques, à des lieues de la grosse série B assumée si réjouissante qui nous avait conquis.

Deux ans à peine après la clôture du premier cycle qui nous (votre serviteur et beaucoup de lecteurs français) avait ravi, Travis revient dans un triptyque tout neuf et radicalement différent du premier opus.

Certaines choses ne changent pas pourtant : Travis est toujours beau, fort et intelligent. Les méchants sont toujours aussi moches, forts et intelligents. Et les filles dans l'entourage des héros sont toujours aussi peu vêtues et bien golées. Ce qui change en revanche, c'est le statut de Travis. Non seulement il vient de perdre son rang de bad boy baroudeur sauveur du monde pour les beaux yeux d'une demoiselle en détresse, mais il doit également partager la vedette de ce second cycle avec un Vlad pas content (mais alors, pas content). On s'en rappelle, la fin du premier cycle nous révélait pourquoi monsieur Travis (Mr T. pour les intimes) s'acharnait autant à courir le monde à la poursuite des vilains pas beaux, ajoutant à une histoire bien sympathique une nouvelle profondeur aussi agréable qu'inattendue.

Fini les gaudrioles dans l'espace, les galipettes dans la forêt amazonienne et les turlupitudes en navette spatiale. Ce nouveau cycle se déroule intégralement sur le plancher des vaches, principalement en banlieue parisienne, au Hameau des Chênes où le père de l'Oncle Terry a passé sa vie et où il compte bien la finir. Une volonté inflexible, même devant les offres et les menaces de Vitriuvia, énorme consortium industriel qui projette de bâtir sur l'endroit un spatioport, après l'avoir rasé à l'aide de la tarentule, énorme robot-pelleteuse-moissonneuse-batteuse-percolateur. Autour du vieux monsieur, on trouve une bande de squatteurs de l'endroit, bien décidés eux aussi à conserver les ruines où ils se sont établis. C'est sans compter sur les méthodes de Vitruvia, plutôt expéditives. D'autant plus que celles-ci impliquent des anciens membres du réseau terroriste auquel appartenaient Vlad et Pacman.

Un scénario un peu fade après les tribulations planétaire du premier volume. Si le premier volume était aussi plaisant, c'était aussi grâce aux énormes forces déployées par les parties en jeu pour faire pencher la balance en leur faveur. Ce nouveau cycle, en opposant des individus isolés à des multinationales surpuissantes fait la part belle aux émotions et aux interactions entre personnages. Les grandes manigances, coups retors et arrangements à coup de millions de dollars ont disparus ici. Ils ne font surface qu'au détour de quelques cases et durant les pérégrinations de Vlad à Istanbul, passage qui sera d'ailleurs bien vite mis de côté alors qu'il est sans doute le plus intéressant.

Il n'aura fallu que deux ans pour publier les 3 volumes de ce triptyque conçu d'une manière assez originale. Les deux premiers volumes, baptisés 6.1 et 6.2 sont sortis à moins de 6 mois d'écart et doivent leur numérotation pour le moins étrange à leurs scénarios. Ceux-ci sont concentrés sur les deux personnages forts en gueules (et en muscles) du premier cycle : Travis dans le 6.1, Vlad dans le 6.2. Les deux histoires prennent place dans la même période, mais relatent des évènements en apparence bien différents ayant lieu en banlieue parisienne pour les uns, à Istanbul pour les autres, qui se rejoindront lors des dernières pages des deux tomes, et qui serviront de base au volume 7. Un choix étonnant, d'autant plus qu'après 6 volumes dessinés par Duval, le 6.2 se retrouve confié à Alizon, dont le style n'a que peu à voir avec celui qui caractérisait jusqu'alors l'univers de la série. Un style plus clair, plus simple, plus coloré également, qui aura fait crier les fans (et moi le premier) au scandale lors de sa sortie. Si l'on peut encore se demander si ce choix était vraiment judicieux, on ne peut en revanche le décrier ouvertement, puisqu'il illustre la fusion entre deux histoires et l'entrée en scène d'un nouveau héros. Et surtout, il a permis aux lecteurs de mettre la main sur trois volumes d'une série en seulement deux ans, au lieu de trois ou quatre s'il avait fallu suivre un rythme de publication plus traditionnel.

Trois volumes divertissant, mais n'arrivant pas à la cheville du premier cycle. Les storyboards signés Duval sont toujours aussi dynamique et cinématographiques, mais ils ont trop peu de matière à mettre en scène. Sans doute parce que sous le nom de deuxième cycle se cache tout simplement une introduction au troisième cycle, qui lui renoue avec les ficelles qui avaient fait le succès de Travis. La fin de ce triptyque est en conséquence : c'est un simple appel à une suite. Il n'en reste pas moins que le talent des auteurs permet au lecteur de passer un bon moment, même si celui ci reste loin de l'extase des premiers volumes.

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