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7.5/10Sections spéciales - Tome 1

/ Critique - écrit par Maixent, le 25/09/2016
Notre verdict : 7.5/10 - Plaisir et châtiment (Ecrivez votre critique)

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Quand torture rime avec plaisir, mais pas pour tout le monde.

On ne sait toujours pas grand-chose de Jack-Henry Hopper si ce ne sont ses albums comme Madame ou Hôtel Con-d’Or. Ce qui est sûr c’est qu’il possède un véritable style, assez facilement reconnaissable, avec une narration simple et efficace, un dessin fin et racé que l’on pourrait rapprocher de celui de Magnus et un goût certain pour le sado-masochisme et la torture en particulier.


Deux victimes en attente

 

Et ici, il s’agit de bien de torture puisqu’ Evelyne Despiault est « engagée » pour son talent dans cet art si particulier. Dans une Chine au bord de la guerre civile, du temps de Tchang Kaï-Chek, elle est forcée de collaborer avec les communistes contre les généraux et d’accepter la direction d’une certaine « Section Spéciale ». Fait inhabituel dans la bande dessinée érotique, Jack-Henry Hopper prend le temps, en plus de situer son histoire dans un contexte historique riche, de nous présenter son personnage principal. Veuve d’un mari traitre à la cause et impuissant, lesbienne convaincue, c’est une expatriée française ayant un goût certain pour la domination. Héroïne forte, elle est certes contrainte de collaborer mais tout en gardant de sa superbe et sans jamais se laisser abattre. Il faut donc une dizaine de pages environ avant de rentrer dans le vif du sujet, même si l’érotisme est déjà très présent, et ce, dès les premières cases. Assistée de Gin et Kin, deux jeunes lesbiennes ayant les même goûts qu’elle, elle s’attèle donc à la tâche qui lui est dévolue, à commencer par une jeune anglaise, Kate qui subira des tourments dans toute la suite de ce premier tome, laissant présager une vengeance par la suite à l’encontre de ses bourreaux qui rivalisent d’imagination pour la faire souffrir. Nous ferons également connaissance d’un jeune terroriste distributeur de tracts, poussé jusqu’à une jouissance douloureuse et répétée. Ce n’est jamais bon signe quand un jeune homme éjacule du sang. Les deux torturés seront violés, fouettés et battus sans complaisance aucune, ce qui ne semble pas déranger notre héroïne, bien au contraire.

Agrémenté de dialogues assez complexes pour le genre, Jack-Henry Hopper confirme ses qualités de narrateur et de
Compter les coups

 

dessinateur. Même si les situations sont extrêmement violentes, il parvient à ne pas tomber dans le piège de la complaisance et évite les propos souvent mis en avant dans ce genre de situation. Quand Kate se fait violer, non, elle n’aime pas ça. Le traitement du tout est fait de telle manière, que le lecteur se sent investi et ressent une émotion, entre l’excitation du fantasme  et le dégoût. Car les personnages sont assez développés pour que l’on puisse ressentir de l’empathie. Ils sont pour la plupart complétement dégénérés mais humains malgré tout et l’auteur réussit à transmettre d’autres émotions que l’excitation simple.

Qui plus est, le choix des tortures est assez original pour être souligné, l’auteur poussant les règles sado-masochistes à l’extrême et évoque des questions sous-jacentes sur le plaisir et la douleur. Après tout, il est assez courant de penser qu’un jeune homme prendra du plaisir s’il se fait branler par trois ravissantes jeunes femmes, mais au-delà de cette considération simpliste, on peut considérer cela comme un viol et une souffrance physique et mentale. Alors, même si ces questions ne sont pas évoquées franchement dans l’ouvrage, il est possible d’avoir plusieurs niveaux de lecture, ce qui est plutôt intéressant.

Avec son sens du détail et de la narration, et sans tabou, cet ouvrage, tout comme les précédents, sait viser juste. Bien construit et efficace - c’est tout ce qu’on lui demande -  la mission est accomplie. Pour ce qui est de la mission d’Evelyne, elle est aussi en bonne voie, en attendant la suite. 

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