ATTENTION : CONTENU RESERVE A UN PUBLIC AVERTI

Les images et textes à caractère érotique, pornographique ou violent contenus dans cette page peuvent choquer certaines sensibilités. En consultant cette page, vous attestez être majeur au regard de la loi française et vous prenez vos responsabilités par rapport à son contenu.

CONSULTER QUITTER

3/10Room services

/ Critique - écrit par Maixent, le 02/10/2016
Notre verdict : 3/10 - Livraison spéciale (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Vaudeville érotique

L’hôtel est un lieu de fantasme pour la plupart des gens, lieu de l’interdit et des rencontres extra conjugales, en témoignent des albums comme Hôtel Con-D’or ou Chambre 121. Un lieu hors du temps, hors du quotidien,  où l’on est accueilli par une réceptionniste mystérieuse, arborant lunettes strictes et écharpe mauve, ayant la clef de votre chambre…(Mais je m'égare...)  Fargo va plus loin et s’intéresse à une demande particulière liée à l’hôtel de luxe, le room service, car après tout, si l’on peut commander un plat à toute heure dans sa chambre, pourquoi ne pas commander aussi un jeune homme? De ce postulat de départ assez improbable, né notre héros, Jonas, un jeune homme vêtu comme Spirou, assigné à la lourde tâche de satisfaire les clientes exigeantes  de l’hôtel.


Une tenue de travail appropriée 

 

Jonas a donc pour tâche de coucher avec toutes les clientes, vu que cet hôtel n’est rempli que de femmes esseulées et en manque. Très  consciencieux dans son travail, il ne s’en vante pourtant pas auprès de sa petite amie, Véronique, lui mentant éhontément, et se faisant passer pour un simple responsable des relations clients. En effet, enfermé dans une relation monogame avec, qui plus est, une jeune fille appartenant à un milieu social au-dessus du sien, il se formalise des conventions et d’une certaine façon, se prostitue pour être à son niveau, ce qui est mis en valeur par les réactions et le dessin, Jonas ayant souvent une tête d’ahuri et ne prenant finalement aucun plaisir dans son travail. Ce qui serait perçu comme parfaitement indécent s’il s’agissait d’une femme, mais bon, là ça passe, Jonas étant d’ailleurs considéré comme chanceux par ses amis et collègues. Par ailleurs, cette dichotomie entre une vie rangée et une autre beaucoup plus aventureuse permet des situations vaudevillesques, prétextes à des gags éculés et une intrigue toute aussi boiteuse.
Belle maman et sa copine

 

Lors d’une de ses missions, Jonas est contraint de satisfaire deux femmes simultanément. Or, on découvrira en même temps, quelques pages plus loin, que l’une des femmes n’est autre que la mère de Véronique et qu’elle n’hésitera pas à tout révéler à sa fille si Jonas cesse de coucher avec elle (la mère). Ce qui est une idée assez absurde en soi, mais rajoute au vaudeville qui est finalement la base du récit. Tout est construit dans ce sens, reprenant les codes de ce genre suranné, comme la surprise de Jonas qui ne sait jamais sur qui ou quoi il va tomber en ouvrant la porte. Ce schéma se répéte donc plusieurs fois avec différents clichés, comme la grosse goulue et insatiable, la jolie brune qui demande à se faire fouetter, ou encore les deux vieilles mamies qui vont se taper un jeune homme terrorisé de devoir placer son chibre dans un sexe desséché et fripé. Et nous aurons bien  sûr les inévitables scènes de poursuite dans l’hôtel, mélange entre Benny Hill et Tex Avery, où un Jonas en caleçon blanc à pois rouge (toujours le même d’ailleurs) se cache derrière les pots de fleur. 

Le postulat de base étant tout de même peu réaliste, ce n’est pas très grave si l’album manque de cohérence, mais cela est tout de même perturbant et nuit à l’intérêt que pourrait susciter l’album. Qui plus est, le manque de finition, que ce soit au niveau du soin apporté à l’histoire ou au dessin est assez dérangeant. Parfois des crayonnés plutôt sympathiques mais la plupart du temps un travail paresseux malgré un choix de couleur assez doux et agréable. Ce qui fait que Room Services manque de profondeur et malgré un aspect plutôt sympathique au départ se révèle décevant au final. 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse