6.5/10Nanami - Tome 1 - Le théâtre du vent

/ Critique - écrit par iscarioth, le 12/02/2006
Notre verdict : 6.5/10 - Shojo franco-belge (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 3 réactions

Nanami est un conte moderne, une BD qui touchera surtout un public constitué de jeunes adolescentes. Une espèce de shojo franco-belge, en somme.

Le métissage de la BD

Métisser la bande dessinée, c'est le défi que s'est lancé la collection Cosmo de Dargaud. « Inventer le futur » de la bande dessinée, en mélangeant les influences et en faisant travailler ensemble scénaristes et dessinateurs d'horizons différents. Pour l'instant, la collection Cosmo prend la forme d'une via media entre le manga et la BD franco-belge : une pagination de l'entre deux, 80 pages, et des histoires qui fleurent bon l'influence nippone. Avec Le petit monde, deuxième album de la collection, JD Morvan faisait équipe avec le dessinateur japonais Toru Terada. Avec ce premier tome de Nanami, on a toujours cette impression de lire un livre métis, fruit d'influences diverses.

L'histoire

Le théâtre du vent met en place le quotidien morose d'une jeune fille tête en l'air nommée Nanami. Résultats en chute libre, étourderies, des relations amicales de plus en plus disconcordantes, et, pour finir, les menaces de mise en pension des parents comme un couperet au dessus de la tête de notre tendre jeune fille. C'est après cette petite exposition de vie qu'arrive l'élément perturbateur, le livre du "royaume invisible" qui déclenche une tempête magique à presque chaque ouverture. En allant rendre ce livre à son propriétaire qui l'avait perdu, Nanami découvre une troupe de théâtre un peu spéciale, qui conjugue rêve et réalité.

Smells like teen spirit

Sur cette série, Eric Corbeyran, l'infatigable scénariste, fait équipe avec Amélie Sarn, une romancière jeunesse confirmée. L'histoire racontée semble cibler un public plus composé d'adolescents que d'adultes. « Je voulais faire quelque chose pour les filles » rapporte Corbeyran dans un article publié sur le site de Dargaud. La lectrice collégienne développera facilement un sentiment d'empathie envers Nanami, mal à l'aise dans son quotidien écolier et terrorisée par le chantage de ses parents. Des adultes un peu obtus, des trajets en bus, le gang des « bad-boys-stylés-du-coin-qui-font-peur », une meilleure amie tout en dynamisme... Bref, le quotidien gentillet et atypique d'une jeune héroïne. Un monde un peu rose bonbon, qui part d'une réalité quotidienne quelque peu morose pour vite trouver refuge dans le conte fantastique. On retrouve un peu ici le fantasme "Peter Pan" : fuir les réalités quotidiennes pour se réfugier dans un monde fantastique.

Manque d'épaisseur

Nanami renvoie à l'esthétique manga, principalement par ses expressions faciales et sa mise en scène. Les décors sont fort géométriques. La coloration par ordinateur, en dégradé régulier ou couleur pleine, n'arrange pas cette impression de fadeur et de "remplissage". Le dessin est d'un niveau correct, mais manque considérablement de style, d'épaisseur et de personnalité.


Comme le laisse deviner sa couverture, Nanami est un conte moderne, une BD qui touchera surtout un public constitué de jeunes adolescentes. Une espèce de shojo franco-belge, en somme.

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