8.5/10Gus - Tome 3 - Ernest

/ Critique - écrit par riffhifi, le 29/12/2008
Notre verdict : 8.5/10 - Ernestito, c’est un nom qui plaît aux femmes (Ecrivez votre critique)

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Le Gus du titre revient sur le devant de la scène pour le troisième opus de sa série. Le cow-boy au cœur d'artichaut est omniprésent dans ce nouveau tome qui, bien qu'un mini-cran en-dessous des deux autres, reste une nouvelle preuve du talent de Blain.

Après deux tomes tout simplement excellents appelés Nathalie et Beau bandit, Christophe Blain commence à perdre un peu de souffle avec ce nouveau Gus. Rien de bien grave, ce western comico-romantique reste une des meilleures bandes dessinées du moment.

Quatre histoires occupent ce recueil, toutes concentrées sur le personnage de Gus Flynn, le bandit au grand cœur nez, le Croquignol de l'ouest que l'on avait un peu abandonné précédemment. Ernest, le premier récit, date d'avril 2006 et revient sur une tranche antérieure de la vie du héros, avant qu'il ne rencontre Clem et Gratt ; après quelques pages de présentation du personnage d'Ernest, on découvre avec
amusement cet épisode d'ouverture, qui révèle un des premiers quiproquos dont Gus est l'objet. Déjà saupoudré de références (Gus porte le même poncho que Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone), Ernest constitue une bonne histoire d'introduction, pour ceux qui ne connaîtraient pas l'univers (mais on ne saurait trop leur conseiller de se procurer le premier tome, tout simplement !).

Blain enchaîne avec deux histoires courtes, L'étoile et Première classe, qui reposent plus sur l'effet de chute que sur un développement complexe. On y découvre une particularité de Gus : il cesse tout bonnement d'avoir la classe dès que les femmes se font rares. Précédemment, on pouvait prendre pour un point faible son penchant pour la gent féminine : on apprend ici que c'est tout le contraire. On profite au passage de deux interventions fantasmées de Clem et Gratt, dont la présence physique est définitivement absente de l'album.

Dans la dernière et meilleure partie appelée Angie, Anita, Anton (32 pages comme Ernest), Gus se retrouve en plein remake des Sept mercenaires... tout seul ! Tout y est : les fermiers persécutés (ici, il s'agit d'immigrants venus de Balturie - cherchez pas, c'est un nom inventé), le mercenaire (qui aurait mieux fait de venir avec six potes) chargé de les protéger et de les entraîner... et les femmes cachées par les
villageois, ce qui handicape méchamment notre ami Gus, comme vu précédemment. L'épisode trucule, Gus est victimisé par un gamin admiratif (belle prouesse que de rendre un enfant supportable dans un western), et les gags aussi nombreux que variés s'enchaînent au fil des pages.

Fan de cinéma, Blain parsème ses bandes de trognes dignes d'un vrai western, d'intrigues délicieusement référentielles et de noms empruntés à diverses personnalités du grand écran (si vous en doutez, passez dans Google des noms comme Paul Schrader ou Rip Torn, croisés au fil des pages). Il excelle toujours autant à créer un univers rétro cohérent et personnel, et la diversité des coloristes (Walter sur le premier tome, Clémence et Blain lui-même ici) ne nuit pas pour autant à la qualité ni à la constance des tons adoptés.

La poésie est toujours au rendez-vous, l'humour absurde et décalé aussi... A la lecture des mots « A suivre » en fin d'album, on espère simplement que le prochain battra le rappel de Clem et Gratt, histoire de varier les plaisirs. So long, espèce de cow-boy...

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