Les nouveautés Delcourt en Avril

/ Critique - écrit par plienard, le 05/06/2014

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Trois nouvelles séries chez Delcourt avec 7 Merveilles, Chasseur d'héritiers et Les 30 deniers et une série maintenant bien installée, L’homme de l'année.

Les 30 deniers, tome 1 – note 5,5/10


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Après les 32 albums de l’histoire secrète, Jean-Pierre Pécau et Igor Kordey se plongent dans les secrets des 30 deniers qui ont fait l’Histoire. Toujours sur fond ésotérique et fantastique, et à l’instar des tomes 19 et 20 de Blake et Mortimer La malédiction des 30 deniers, les 30 deniers que Judas auraient reçus restent d’actualité et servent de prétexte à une nouvelle histoire. Il est ici question de pouvoirs paranormaux que la possession d’un talent romain vous offre (don de guérison, invisibilité ...), mais ils ne doivent pas être tous réunis !

On retrouve les thèmes favoris de Jean-Pierre Pécau – l’Histoire, ésotérisme, mystères, complots et jeux de pouvoirs – et le trait rapide et sombre d’Igor Kordey.

Ce premier tome sert à mettre en place les personnages : Xavier Gral (un nom prédestiné, n’est-ce pas ?) est un ancien militaire qui élève seul sa fille. Celle-ci est gravement malade et Constantin Vangeli ( ??), dit le moine, va lui permettre d’avoir un espoir. Cet homme de l’ombre de la république lui donne l’adresse d’un médecin un peu particulier.

Pour ceux qui connaissent et ont apprécié l’Histoire secrète, vous retrouverez tout ce qui vous plu. Une ambiance schyzophrène, des talents en argent à la place des cartes de jeu. Ce premier album pêche pourtant par un excès de rapidité. Trois mystérieuses et secrètes organisations (les régents, le prieuré et la cabale) cherchent à récupérer les talents depuis des siècles. Et Xavier, qui ne connaît rien à ce petit monde de l’ombre, arrive à débusquer deux de ces organisations, à réunir deux pièces magiques, le tout sans vraiment de difficulté et le tout en restant en vie. Non, vraiment c’est trop facile pour lui, mais on attend quand même la suite. Ah, je ne vous ai pas dit, je suis un fan d’Histoire secrète.

 

Chasseur d’héritier, tome 1 – note 7.5/10


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Nouvelle série aux éditions Delcourt, signée Nicolas Jarry et Benoît Rivière, dessinée par Guillaume Tavernier, Chasseur d’héritiers va vous étonner par sa qualité narrative et l’originalité de son héros.

Lélio est ce qu’on appelle un généalogiste successoral. Il travaille pour un cabinet de notaire qui le charge de retrouver les héritiers inconnus s’ils existent. Il a pour cela une petite équipe avec lui. Un commissaire priseur, avec qui il pratique le kendo, ainsi qu’un vieil ami, Ernest, qui fait des recherches pour lui. Ce trio est sur la succession d’un baron, Gérald de la Venière qui va les mettre sur la piste d’Éva, une jeune femme impliquée dans une association qui recherche les œuvres volées aux juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Si le personnage de Lélio est éminemment sympathique, il est aussi suffisamment étoffé pour que nous lui marquions un peu d’intérêt. Célibataire (ça c’est pour les lectrices), il cache un secret de famille qu’il partage avec Ernest. Et si ce premier album sert de présentation des futurs personnages récurrents, il ne délaisse pas pour autant l’intrigue principale : la chasse à l’héritier. Un sujet original, donc, mais qui n’empêche pas de mettre Lélio en danger. Cette recherche de l’action supplante d’ailleurs la recherche documentaire qu’un tel métier pourrait amener. C’est peut-être le seul point négatif : l’album ne traite pas assez ce sujet. Un bon premier album qui laisse enthousiaste malgré un dessin mal assuré.

 

Les 7 merveilles, tome 1 – note 7.5/10


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Alors que les éditions Soleil lancent sa série Oracle (une histoire racontée par un oracle sur l’opposition entre un mortel et un dieu dans la Grèce antique), Delcourt lance 7 merveilles, une série thématique qui, comme le titre l’indique, se réfère aux 7 merveilles du monde (antique).

Deux séries, donc, un peu dans la même veine historique, simultanément  pour une même maison d’édition – je vous rappelle que Delcourt a racheté Soleil –, n’est-ce pas trop ?

Sur une idée originale de Lucas Blengino, sept albums vont reprendre les 7 merveilles du monde ancien pour une série qui s’annonce de meilleure qualité que sa consœur de Soleil. Tout du moins, pour ce premier album.

En pleine période des 88èmes jeux olympiques, en 432 avant JC, trois destins vont se croiser, pour le meilleur et le pire. Ils ont en commun, plus ou moins directement, la monumentale statue de Zeus.

Kionis est un agent athénien qui se fait passer pour un athlète. Il cherche un mystérieux message sur la statue qu’a sculpté Phidias. Pantarké, engagé à la lutte pour les jeux, est la muse de Phidias. Quant à Aurelios, il participe à ses troisièmes jeux et recherche son fils qu’il n’a jamais connu.

Alors que le dessin de Stefano Andreucci est assez fantastique – la statue de Zeus en page 6 nous en met plein la vue et les combats des lutteurs assez expressifs, les intrigues de Lucas Blengino mêlent hsitoires d’amour et intrigues politiques avec un savant mélange. Ce premier album est plutôt emballant malgré des couleurs (de Lou) parfois trop sombres alors qu’on est au pays du soleil.

 

 

L’Homme de l’année, 1492 – note 7/10


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S’il est une année dont on pouvait se douter qu’elle ferait l’objet d’un album de la série l’Homme de l’année, c’est bien 1492. Je ne vous ferais l’affront de vous rappeler que c’est l’année de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Ah, bin, trop tard, excusez-moi !!

La série des éditions Delcourt n’est pas foncièrement un cours d’histoire, même si elle s’appuie très largement dessus. Elle n’a pas vocation à nous rappeler un personnage historique, mais plutôt à nous faire découvrir un homme de l’ombre de sorte d’avoir une autre vision de l’Histoire.

Ici, on retrouve bien le génois, Cristobal Colomb, qui est partie prenante du récit. Et pour le scénariste Ceka, il aurait été aidé par un pilote qui connaissait le chemin pour les Amériques. Ceka n’en est pas à son coup d’essai sur l’adaptation d’un récit historique. Nous avions déjà eu l’occasion de découvrir son talent avec Lutte majeure (dans la collection KSTR chez Casterman) qui se déroule en 1942 (presque comme 1492 !?). Il signe ici un récit crédible et humaniste, sur les choix difficiles à faire pour un homme.

Patrick Tandiang dessine ce sixième opus. Ce n’est pas son coup d’essai, lui non  plus, dans les séries concept de Delcourt puisqu’il a notamment dessiné 7 prisonniers et plus récemment participé à la série Spyder.

 

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