6.5/10Lutte majeure

/ Critique - écrit par plienard, le 13/03/2010
Notre verdict : 6.5/10 - Cochon qui s'en dédit (Ecrivez votre critique)

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Quand la bande dessinée se met au service de l'Histoire, elle peut nous apprendre beaucoup de choses. A l'instar de Art Spiegelman, Borris nous livre l'épopée de musiciens affamés, déterminés à résister par la musique.

Nous sommes en 1942, lors du siège de Leningrad par les nazis. Les habitants tentent de vivre... pardon... de survivre...
Dans cet enfer, un moment de légèreté va se passer. Le petit père du peuple, Staline, va ordonner que soit organisé un concert dans la ville, la 7ème symphonie de Chostakovitch. Et ce qui paraît impossible à tout le monde, devient possible par la seule volonté d'un homme, et l'énergie et le courage de quelques autres.

La jeune Irina vit avec sa mère dans un immeuble en ruine. La mère ne veut pas quitter son appartement. La fille ne veut pas quitter sa mère. Elle est musicienne à la philharmonie de la ville, une sorte de résistance ultime à la barbarie qui l'entoure. L'arrivée du caporal Vlakov, envoyé par Staline, pour permettre la mise en place du concert, va bouleverser sa vie.

Les récits se déroulant lors de la seconde guerre mondiale avec des personnages sous forme d'animaux anthropomorphes (ici des cochons) peut nous faire penser au Maus de Art Spiegelman. Si effectivement, on s'amuse à comparer les deux œuvres, Lutte majeure risque d'en souffrir. Il est difficile de se hisser au niveau d'une œuvre qui a eu deux  fois l'Alph-Art à Angoulême (1988 et 1993).
De plus, ce serait lui faire mauvaise presse, car Lutte majeure est bien plus qu'une copie graphique de Maus. L'impact n'est pas aussi fort, n'est pas Art Spiegelman qui veut ! Mais certaines scènes sont tout simplement bouleversantes, notamment la scène de cannibalisme où pendant un instant on perçoit l'horreur et la détresse que les protagonistes ont pu rencontrer. Mais comme le dit le dessinateur Borris : « Je dessine des cochons anthropomorphes depuis longtemps... Certaines réalités sont ainsi moins violentes... ». Les rapports humains (je ne peux raisonnablement pas dire rapports cochons !!) sont peu exposés. Mais on sent bien les rapports de force, notamment entre Vlakov (devenu lieutenant après avoir miraculeusement survécu lors de son trajet vers Leningrad) et sa hiérarchie, frileuse à l'organisation d'un tel événement mais surtout frileuse à aller contre un ordre de Staline.

Il est à noter qu'à l'origine, cette 7ème symphonie était plutôt une charge de Chostakovitch contre Staline alors que maintenant, elle symbolise, par un incroyable retournement des faits, la résistance soviétique à l'ennemi nazi pendant l'époque stalinienne.

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