Stern T4, La Venin T3, West legends T3, Jeremiah Johnson T1

/ Critique - écrit par plienard, le 08/11/2020

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Une femme au milieu de trois hommes, dans un environnement particulièrement viril, et qui s'en tire plus qu'à son avantage.

La Venin - Tome 3 : Entrailles - note : 8/10

Après seulement deux tomes de sa série La Venin, aux éditions Rue de Sèvres, Laurent Astier a su nous séduire par son style, et sa faculté à raconter une histoire originale avec de nombreux rebondissements.


© Rue de Sèvres 2020.

 

Et oui, pauvres lecteurs que nous sommes. On s'attendait à une banale histoire de vengeance dans l'Ouest américain. Et déjà, on s'écarte du stéréotype habituel du cow-boy. Ce sera une fille, désireuse de venger la mort de sa mère par des hommes devenus des notables aux quatre coins du continent. Et bêtement on se dit, un album, un mort. Ça en prenait le chemin, après deux albums. Mais Laurent Astier ne l'entend pas de cette oreille. Et dans ce troisième tome, on aura bien notre troisième mort, mais si vite qu'on s'inquiète qu'il ne bâcle rapidement la fin de la série. Mais c'est au contraire pour encore mieux la relancer.

Emily déteste l'injustice, surtout celle infligée par les hommes sur les femmes ou les minorités. Alors en traversant l'Alabama, quand elle croise des encapuchonnés du Ku Klux Klan, elle ne réfléchit pas longtemps pour venir en aide à une femme noire. Et après une escarmouche, la voilà en direct de Oil town, une triste ville, exploitée par sa prochaine victime, l' arrogant monsieur Drake, accompagnée par une jeune orpheline, Claire, et Susan, la femme noire qu'elle vient de secourir.

Le passé d'Emily se dévoile un peu plus avec ce nouveau tome et relance donc l'intrigue alors qu'on se croyait déjà installé dans un train-train quotidien. La vengeance de l'héroïne s'en trouve compliquée et pas aussi certaine que cela. Vite un quatrième tome !

 

Stern - Tome 4 : Tout n'est qu'illusion - note : 8/10

Le western est décidément revenu à la mode et la Louisiane une destination privilégiée pour les héros de bande dessinée.


© Dargaud 2020.

 

Celui des frères Maffre, Frédéric et Julien, a cependant ceci de particulier qu'il est croque-mort, comme le héros de Undertaker, mais dans une ambiance totalement différente. Le personnage principal, Elijah Stern, n'est ni le héros conventionnel, ni le antihéros à la mode. Il a une patience et un pragmatisme déconcertant, ce qui donne un rythme à la fois lent et calme. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas d'action. Bien au contraire.

Elijah Stern est arrivé à La Nouvelle-Orléans, et se fait embaucher bien évidemment comme croque-mort. Et c'est au cimetière qu'il remarque une jeune femme élégante qui l'intrigue et ne le laisse pas insensible. Il lui porte même secours lorsqu'un gamin tente de lui voler son ombrelle. Elle l'invitera chez elle plus pour sa fascination pour la mort que pour le remercier. Mais la jeune femme semble tombée dans les griffes d'un escroc magicien et son père s'en inquiète. Il va charger Elijah de la surveiller.

Un western avec une réelle identité qui se démarque des autres séries par son originalité.

 

Jeremiah Johnson - Chapitre 1 - note : 8/10

Immortalisé à jamais par Robert Redford au cinéma (dans le film de Sydney Pollack), Jeremiah Johnson pourrait bien trouvé une nouvelle incarnation avec cette série de Fred Duval et Jean-Pierre Pécau et dessinée par Jack Jadson (Hawkman, Vampirella, Jungle girl) chez Soleil.


© Soleil 2020.

 

Les deux scénaristes phares des éditions Delcourt font donc une petite infidélité avec la maison d'édition amie toulonnaise et signent le premier chapitre d'un biopic inventé d'un homme impressionnant ayant réellement existé. Impressionnant par son physique et son parcours. Débarquant dans le Montana en 1843, à 19 ans, il va vite apprendre et comprendre la vie dans cette partie du monde. Sa rencontre avec Old Joe Hatcher sera décisive. Il deviendra un grand trappeur, faisant preuve d'un sang-froid parfois inquiétant : "Moi, ça ne me dérange pas plus que cela de découper un homme" (page 21, case 7). On sent pourtant un homme respectable, respectant les autres et la vie, fidèle, ayant le sens de la parole donnée. Des valeurs qui raisonnent en lui, et qui font qu'ils en attend de même de ses congénères.

Adaptée d'une biographie inventée de Raymond W. Thorpe et Robert Bunker, vous vous laisserez facilement embarqué dans ce monde rude des trappeurs, proche de la nature. Les dessins nous mettent dans l'ambiance et malgré une coupe de cheveux étonnamment courte lors du combat de Jeremiah avec un ours, on vit avec lui jusqu'à ce drame final qui le fera basculer. Mais ça, ce sera pour le prochain tome.

 

West legends - Tome 3 : Sitting Bull, home of the braves - note : 7,5/10

Parmi les légendes de l'Ouest, il n'y a pas que des blancs, fort en gâchette (Wyatt Earp, Billy the kid). Mais il y a aussi quelques indiens célèbres, comme le grand chef sioux, Sitting Bull. La vision du sauvage et méchant indien et celle du bon blanc américain sont largement révolues depuis plusieurs années.


© Soleil 2020.

 

Dans cet album, l'histoire va montrer une nouvelle fois que Sitting Bull avait raison de ne pas faire confiance aux blancs. Et lorsque certains pénètrent dans les Black Hills, une terre sacrée indienne, normalement interdite aux blancs depuis le traité de Fort Laramie, le chef Sioux se met en chasse. Il n'y aura pas de survivants.

Un récit rude et âpre d'Olivier Péru - un des prolifiques auteurs des éditions Soleil avec Nosferatu, Zombies, Elfes, Nains, Orcs & Gobelins, Androïdes ... - découpé en chapitres de longueurs inégales (huit au total). Si on ne sait pas pourquoi des hommes blancs osent franchir les Black Hills, un minimum de connaissance de l'histoire de la conquête de l'Ouest et de l'âme humaine en général nous mettra sur la voix. On attendra cependant jusqu'à la fin pour s'assurer qu'on a malheureusement raison.

Luca Merlin, italien, qui a travaillé pour Disney, Casterman (Histoires de France) et Soleil (La quête du Graal, Elfes) offre un dessin précis et détaillé et très réaliste avec un bon sens du rythme.

Le récit est sombre et n'est pas forcément à mettre en toute les mains (surtout les très jeunes). Il est mis en exergue par les dessins et les couleurs. Un beau duo d'auteurs pour un bel album.

 


Les couvertures des 4 albums - © Dargaud - © Rue de Sèvres - © Soleil.

 

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