Soleil : Les rescapés d'Eden T1, Samuraï origines T2, Nains T14

/ Critique - écrit par plienard, le 22/04/2019

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Trois univers différents pour une qualité quasi équivalente.

Les rescapés d'Eden - Tome 1 : Au commencement … - note : 8/10

Les apparences sont parfois trompeuses. L'éditeur Soleil qui démarre une nouvelle série avec deux jeunes gens sur une planète peuplée d'hommes primitifs et d'animaux féroces, cela fleure bon la série d'héroïc-fantasy traditionnelle.

Mais à y regarder de plus près, nous deux jeunes gens (héros ?) n'ont pas vraiment le look fantasy classique. Ils ressemblent plus à deux adolescents du 21ème siècle de notre bonne vielle Terre.


© Soleil 2019.

 Ils se nomment Soléa et Yab. Le second est évidemment secrètement amoureux de la première qui est la fille la plus populaire du lycée. Ils habitent la cité d'Eden qui subit des tremblements de terre de plus en plus fort. À la suite de l'un d'eux, Soléa va découvrir un passage souterrain qui leur permet de traverser sous les remparts de la ville. Avec Yab, qui la suivait discrètement, Ils trouvent alors un monde inconnu, fait d'homo-sapiens et d'animaux surprenants.

Bernard Swysen réinterprète le mythe d'Adam et Eve de manière très originale et actuelle. Si une sorte de catastrophe écologique est en passe de se dérouler, le récit ne manque pas d'un humour très présent et qu'on a peu l'habitude de voir dans ce genre d'album. On sent une volonté de ne pas faire de l'aventure pour l'aventure. Les personnages sont fouillés malgré un couple des plus classiques (le geek, la star du lycée) mais ils ne cherchent pas de sensations fortes. Ils sont juste un peu curieux et ce sont des adolescents et c'est cet état de fait qui est bien exploité.

Si je vous dis que Siteb est le dessinateur de cet album, cela ne provoquera pas un élan d'enthousiasme excessif (sauf si vous êtes de la famille). C'est normal, puisqu'il signe son premier album (après une première nouvelle dans Lanfeust mag, déjà avec Bernard Swysen). Et pour une première, c'est plus que réussi. Un style certain, bien dans l'esprit des albums Soleil, de la précision, il sait être élégant et drôle (l'état hébété de Yab amoureux est à mourir de rire).

Annoncé comme un diptyque, on croit d'abord lire un album qui enchaîne les gags à toutes les pages. Puis peu à peu l'histoire prend forme. Le mythe d'Adam et Eve se fait plus évident et la présence du serpent (pris pour un ver de terre) est respectée. On notera aussi quelques clins d'œil amicaux et drôles à l'univers de Gaston Lagaffe (de qui Yab n'est pas très éloigné).

 

Samurai origines - Tome 2 : Le maître des encens - note : 8/10

Et c'est encore une belle claque que l'on prend avec le nouveau tome de Jean-François Di Giorgio et de Vax et leur série spin-off de Samuraï revenant sur le passé de leur héros Takeo. Quelles sont les épreuves qui ont façonnées notre samouraï préféré ? Vous le découvrirez ici.


© Soleil 2019.

 Le jeune Takeo va rencontrer la belle guerrière Yukio qui manie le sabre comme personne. En même temps que son arrivée, une tsuhigano fait son apparition. Une bête monstrueuse que seul  le maître de Takeo et son art du combat est en mesure d'affronter. Mais qui a pu réveiller une telle horreur ?

Les fans de Samuraï peuvent se réjouir de cette série dérivée tant on y retrouve tut ce qu'on aime dans la série mère : cette ambiance nippone, la philosophie du combat, une part de fantastique avec cette magie noire à la limite de l'horreur.

On y retrouve aussi le héros Takeo dans sa formation pour devenir le samouraï qu'on connaît et les épreuves qui vont le forger.

Le trait de Vax est fin, ciselé et précis comme une lame de katana. C'est le profil idéal pour ce type de récit, lui qui travaille aussi sur les série Senseï et sur le spin-off de Yiu.

 

Nains - Tome 14 : Brum des Errants - note : 8/10

Jarry continue d’explorer les terres d’Arran et c’est en compagnie de Brum que nous allons poursuivre l’aventure. Après le Temple, c’est au tour de l’ordre des sans ordres, celui des Errants de venir nous raconter son histoire. Comme pour les deux tomes précédents de cet ordre, c’est Jean-Paul Bordier qui signe les dessins. Place à l’aventure donc !


© Soleil 2019.

 Brum n’est pas une jeune barbe dans l’univers de Nains. Le chef de la légion de fer est apparu à de nombreuses reprises et il est notamment l’un des rares à avoir pu faire face à Redwin sans mourir ! De ce que nous avons sur Brum, il est balaise, il est barbu et… C’est tout ! Ses origines demeurent un mystère que Jarry vient élucider. En escale à Gol-Garsëm, Brum débarque dans une arène nommée le « puit » ! Première nouvelle, nous apprenons qu’il est le premier grand champion de l’arène et même son fondateur. Seconde nouvelle, nous apprenons qu’il avoisine les 300 ans ! La troisième nouvelle va être détaillée tout au long de l’album : Brum est un Errant ! L’histoire est sympa puisque c’est Brum de 14ans que nous découvrons. Il est clairement musculeux et puissant pour son âge et il se débrouille pour survivre avec une capacité qui peut être un handicap dans certains cas : l’intelligence. Au-delà de sa force, Brum est un nain intelligent. Mais quand on vit dans la rue et que l’on est un Errant, il n’est pas facile de survivre sans se faire raccourcir parce que l’on a cru être plus malin que les autres. Brum nous ouvre son univers et c’est plutôt sympa. Le bémol va venir du peu de lien que l’on peut faire (pour le moment en tout cas) entre cet album et les autres. Depuis le premier cycle, nous avons toujours eu un petit lien, un clin d’œil, une référence. Mais ici… Pas encore !

Mais Brum se fait pardonner grâce aux dessins de Bordier qui signe des planches magnifiques. Dans les deux précédents tomes sur les Errants, nous avons surtout des maisons en torchis et des grands espaces. Dans cet album, Bordier montre Gol-Garsëm sous un jour nouveau avec tout l’enchevêtrement de maison, de poutres et de ruelles que l’on imagine des cités naines. Côté personnages et mouvements, c’est très visuels, très cinématique avec de grosse attaque dans des bastons et des batailles pleines de rage. Certes, les cases ne sont pas toujours un enchaînement de mouvements mais plutôt les plus belles images des attaques rageuses.

Brum est un tome plein de rage de vivre et d’énergie. En cela, on reconnaît bien là les Nains et leur acharnement face à l’adversité. Nous comprenons par là même occasion pourquoi la légion de fer est une armée qui ouvre ses portes à quiconque veut manier une arme. Un bon tome qui confirme la qualité de la série Nains.

 


Les couvertures des 3 albums - © Soleil 2019.

 

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