Glénat : Conan le Cimmérien T5, La honte et l'oubli T1

/ Critique - écrit par plienard, le 27/05/2019

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Une guerre méconnue et un barbare reconnu sont les deux albums de ce jour chez Glénat.

Conan le Cimmérien - Tome 5 : La Citadelle écarlate - note : 6/10

Conan n’est pas le genre de personnage qui a besoin qu'on fasse une piqûre de rappel pour se souvenir de lui. Le « barbare » comme certains le surnomme est connu et parfois, il est même tellement connu que nous oublions qu’en fait, ce n’est pas un héros si caricatural. En effet, d’une histoire à l’autre, Conan change, surprend et dans La Citadelle écarlate, il est… Roi ! Pour l’adaptation de ce roman en bande dessinée, Glénat s’adjoint pour le scénario, les services de Luc Brunschwing que nous connaissons notamment pour Le Pouvoir des Innocents ou XIII Mystery. Pour le dessin, c’est Etienne Le Roux qui est de la partie (déjà vu sur 14-18 ou WW2).


© Glénat 2019.

 Cet album est différent puisqu’il raconte une aventure alors qu’il est roi d’Aquilonie. En effet, il n’a pas passé toute sa vie en slip à fourrure. Dans une autre aventure, il a mené la rébellion et obtenu le trône. Le « Lion d’Aquilonie » est donc au pouvoir depuis plusieurs années et c’est un Conan barbu et grisonnant qui va activer ses muscles pour défendre sa couronne et survivre comme il peut à la traîtrise qui le frappe au début de l’album. Prisonnier d’un sorcier maléfique, il va devoir s’échapper des geôles peuplées de créatures horribles et cela avant que son pays sombre. Sur le principe, c’est super de retrouver Conan plus âgé et dans une quête qui semble perdue d’avance. Malgré le pouvoir, il demeure ce guerrier sauvage qui n’a rien perdu de sa fougue et qui désire plus d’équité dans les rapports entre humains. Cela dit, le récit souffre de quelques défauts.

Tout d’abord, je ne comprends pas bien pourquoi le sorcier s’acharne à vouloir garder Conan vivant dans sa prison. Mis à part pour le plaisir, il n’a pas d’intérêts particulier à le faire surtout que son plan est de fondre sur le royaume Aquilonien. C’est tout autant idiot que le comportement du barde qui va réagir avec une bêtise rare à chacune de ses apparitions. De plus, le récit se déroule dans un monde qui semble plus proche du monde médiéval que de l’héroic fantaisy habituelle dans laquelle évolue Conan. Howard avait pas mal puisé dans les chansons de gestes et dans les légendes médiévales pour son récit et cela se sent également dans cette adaptation.

Visuellement, le travail est très bon sur la forme. Rien à redire sur les qualités de dessinateurs de Le Roux. Cependant, l’architecture de l’Aquilonie semble trop moderne à mon sens pour me sentir de pleins pieds dans une aventure de Conan. Certes, c’est souvent l’écueil sur cette contrée et ce n’est pas la première fois que cela se produit mais le dépaysement aura donc lieu dans la tour du sorcier.

Conan le Cimmérien - La Citadelle écarlate reste une aventure de Conan et elle ne manque pas de panache. Epée qui brille, créatures hideuses, sorciers traîtres et mystères viendront garantir le spectacle.

 

La honte et l'oubli - Tome 1 : Le désastre - 8/10

La honte et l'oubli est une série qui se passe durant un conflit que peu de personnes doivent connaître, sauf peut-être s'il est d'origine espagnol.

Nous sommes fin du 19ème siècle et Félix arrive à Manille, aux Philippines, une colonie espagnole. Il vient effectuer son service militaire dans la colonie et ainsi aider financièrement son père qui a perdu son travail suite à un accident. Il espère aussi y retrouver son frère ainé, José, parti un an plus tôt. Mais la situation est tendue avec la population locale qui supporte mal l'occupation espagnole, et avec les états-Unis d'Amérique qui viennent de déclarer la guerre à l'Espagne.


© Glénat 2019

 Gregorio Muro Harriet est le scénariste de cet album qui fait le jour sur un conflit qu'on connait peu (ou pas) en France, et qui sert de contexte au double récit romanesque de José et Félix. Deux frères séparés depuis plus d'un an mais qui vont vivre les mêmes événements en parallèle - personnels avec une histoire d'amour chacun et politique avec la guerre contre les américains et les indépendantistes philippins -.

Alejandro Macho Andrès est le dessinateur de cet album. Ce graphiste espagnol est visiblement très doué et son trait n'est pas sans rappeler celui de Jean-Yves Delitte, avec son sens du détail et de la précision. Le découpage est nerveux et donne beaucoup d'énergie à cette bande dessinée dont on attend la suite (prévue en 2020).

 


Les couvertures des 2 albums - © Glénat 2019.

 

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