4.5/10Confessions d'un canard sex-toy - l'intégrale

/ Critique - écrit par Maixent, le 17/03/2019
Notre verdict : 4.5/10 - Coin Coin (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - laisser un commentaire

Les états d'âme d'un sex-toy dépressif.

Symbole absolu du jouet pour adultes malgré une efficacité toute relative, le canard en plastique, on le sait tous, n'est pas seulement un élément de décor pour le bain. Les auteurs l'ont bien compris et laissent libre cours à leur imagination pour mettre en scène ce « must have ». En effet, Milly Chantilly ce sont Arnaud Poitevin et Mickael Roux, mais comme ils le précisaient dans une interview pour Krinein en 2013, « mettre en façade d’un tel bouquin les noms de deux moustachus, c’est moins rigolo qu’un petit nom comme Milly Chantilly ». Il s'agit donc d'une aventure éditoriale qui a vu le jour il y a quelques années chez Ankama jusqu'à cette intégrale regroupant les deux tomes parus, chez Fluide Glacial.


Quand tu discutes tranquillement avec ton pote...

 

 Le principe est assez simpliste, mettant en scène un canard sex toy passablement blasé, voire neurasthénique, qui effectue son travail sans passion selon les envies d'une maîtresse insatiable. Et même si on reste dans le registre de l'humour, on sent que cette vie sexuelle intense lui pèse et qu'il préférerait parfois un peu plus de tendresse. Les personnages sont minimalistes : une femme ayant autant de présence que les humains dans les dessins animés de Tom et Jerry, notre héros malgré lui, une vache en plastique, confidente et seule amie, un chat joueur qui confond canards et pelotes de laine et dans le second tome, l'apparition du petit ami jaloux considérant le jouet vibrant comme son plus grand rival.
Le travail et ses cadences infernales

 

 Le tout est écrit sous forme de saynètes, des gags courts en seulement quelques cases laissant entrevoir une certaine trivialité mais se détachant nettement de l'érotisme. Car si la femme est souvent nue, le dessin pastel et édulcoré, s'il est bien réalisé, ne laisse aucune place à l'excitation. On se retrouve ici plus dans la mouvance d'Arthur De Pins et de ses Péchés Mignons avec cependant moins d'inventivité et de puissance narrative. Moins d'humour également car il faut reconnaître que les gags font rarement plus que de donner à sourire. En ayant choisi la voie du minimalisme, on évite certes les écueils du racolage grossier mais le risque est d'aller vers un objet plat et sans âme. Et pourtant l'idée est plutôt sympathique, au moins autant que ce canard qui ne comprend pas toujours ce qui lui arrive et crée un décalage intéressant mais on décolle rarement.

Il faut croire que Sigismund le canard est plus efficace pour faire jouir que pour faire rire…

 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse