Dupuis : The Dream, La Petite souriante

/ Critique - écrit par plienard, le 26/02/2018

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On n'était pas habitué à de tels albums chez Dupuis à une certaine époque maintenant révolue. Le monde change. Et ici, c'est pour notre plus grand plaisir.

La petite souriante - note : 8/10

La petite souriante est, à l'origine, une vieille chanson de 1908 d'Edmond Bouchaud, dans laquelle une jeune femme sourit toujours à la vie malgré les malheurs qu'elle subit. Zidrou en fait, ici, une adaptation dans une version macabre voire gore, aux éditions Dupuis.


© Dupuis 2018.

 L'histoire : Josep assassine sa femme à coup de masse et la jette au fond d'un puit. Le crime presque parfait, sauf qu'à son retour à la maison, il a la désagréable constatation de voir sa femme qui l'attend dans la cuisine. A-t-il tué la bonne personne ? A-t-il des hallucinations ?

C'est Benoit Springer qui se charge de mettre en dessin ce conte hitchcokien avec un trait qui rend parfaitement l'ambiance lourde et malsaine. Adultère, meurtre, l'ambiance est délétère et les personnages particulièrement abjects. La palme étant décernée à la fille de la victime. Les personnages sont volontairement laids et les couleurs de Benoit Springer et Séverine Lambour n'offrent aucun moment positif.

Dernière remarque sur le format et la couverture de l'album : petit, dans un format comics avec une apparence rugueuse, on a l'impression d'avoir un vieux livre entre les mains. Si on trouve l'écrin un peu petit à première vue, l'immersion dans l'horreur est totale et on oublie vite ce léger désagrément qui n'en est finalement pas un.

 

The dream - Tome 1 : Jude - note : 8,5/10

C'est un album plus que polisson, voir érotique, que nous proposent ici Jean Dufaux et Guillem March. Les deux hommes s'associent pour la première fois, mais n'en sont pas à leur coup d'essai. Jean Dufaux aime la sensualité dans ses histoires et des séries comme Giacomo C (Glénat), Niklos Koda (le Lombard) ou Djinn (Dargaud) le prouvent. Guillem March a, quant à lui, signé des histoires érotiques pour Eros comix ou Playboy, mais aussi le récent diptyque chez Dupuis, Monika (voir critique ici). Il réitère ici la performance qu'il a déjà réalisé auparavant pour  donner au récit un pouvoir à la fois enivrant, sexy, érotique et fantastique.


© Dupuis 2018.

 Le monde qu'ils décrivent est un monde fantasmé, voire par certains cotés totalement fantastique. Si l'érotisme est bien présent, une aura fantastique survole le récit tout du long.

Jude est un performeur. Il se produit avec sa partenaire sur une scène où ils ont des rapports devant un public à la fois médusé et envieux. Jude est superbement proportionné ce qui impressionne à la fois le public féminin mais aussi masculin, sans doute envieux d'un tel physique. La fille d'un maffieux va alors jeter son dévolu dessus. Mais en même temps, une mystérieuse association lui propose de faire des essais pour un film. C'est une occasion rêvée pour lui. Mais il va devoir passer des casting un peu hors-norme. C'est le prix à payer pour être engagé.

 


Les couvertures des 2 albums - © Dupuis 2018.

 

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