Dupuis d’avril et de mai

/ Critique - écrit par plienard, le 19/06/2014

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Trois albums chez Dupuis, assez différents les uns des autres : Du reportage, du traditionnel et de l’historique.

Les larmes du seigneur afghan – note 8/10


DR.

C’est une BD-reportage dont nous allons vous parlez maintenant. Cela a, un temps, été le genre à la mode, il y a de cela quelques années. C’est comme un reportage-photo mais avec des dessins ou comme un reportage télévisé sans mouvement d’images. Le photographe est sans doute l’album emblématique de ce genre (trois tomes aux éditions Dupuis).

Et c’est toujours chez le même éditeur que l’on retrouve ce type de bande dessinée avec les auteurs Campi et Zabus, respectivement au dessin et au scénario, pour mettre en dessin le reportage de Pascale Bourgaux. La journaliste belge s’est, en effet, rendue en Afghanistan, en mars 2010, pour constater l’évolution de la situation depuis son dernier voyage. Cela fait 10 ans qu’elle se rend régulièrement dans ce pays, chez le seigneur de guerre ouzbek, Mamour Hasan. Elle s’y ait fait des amis, mais depuis quelques temps les choses changent. Si le chef de guerre garde son aura, l’arrivée des occidentaux et de l’OTAN, n’a pas vraiment apaisé les choses. Les ennemis d’hier deviennent même les alliés d’aujourd’hui. Avec l'arrivée des occidentaux, de nombreux espoirs sont nés : la paix, l’espoir d’une vie meilleure. Mais les milliards de l’aide internationale sont trop souvent détournés par les dirigeants afghans en place. Et l’OTAN peine à ramener le calme dans tous le pays. La misère s’installe donc un peu plus. C’est un merveilleux terreau pour les intégristes talibans. Si bien que les afghans doivent choisir entre la démocratie corrompue et l’intégrisme religieux.

J’avais un peu peur que cet album soit un peu pénible à lire (on est bourré d’à-priori vraiment) : un pays lointain dont on nous a rabâché pendant des années l’utilité qu'il fallait le libérer. Il n’en est rien. Tout d’abord le sujet est vraiment intéressant. On voit le travail de la journaliste et la précarité de sa situation. Et loin de montrer des clichés sur l’Afghanistan, les auteurs arrivent à retranscrire une émotion, un suspens parfois, notamment lorsque Pascale Bourgaux et son caméraman, Gary, se sentent menacés. On se rend compte que la haine contre l’occidental devient plus forte que celle contre les talibans. Le dessin de Campi n’est pas là pour nous montrer de beaux paysages, mais bien pour montrer que la tension est palpable. Avec un découpage et une mise en forme qui rappelle la camera (les bords des cases sont épaissis en noir pour simuler que l’on voit à travers un objectif).

Cet album vient d’ailleurs à la suite d’un documentaire télévisé « Les larmes du seigneur afghan » de Pascale Bourgaux pour la télévision belge.

 

Dent d’ours, tome 2 – note 8/10


DR.

Max est envoyé en Pologne pour abattre le meilleur pilote de la Luftwaffe, Hanna Reitsch qui n’est autre que son amie d’enfance. Un cas de conscience pour « le polack » mais que les services secrets américains arrivent facilement à régler, en le menaçant.

Yann et Alain Henriet continuent de nous en mettre plein la vue avec ce récit de guerre à la fois émouvant, passionnant et d’une beauté fascinante (pour le dessin). Le dessin d’Alain Henriet est tout bonnement subjuguant et nous pourrons encore en bénéficier avec un troisième tome consacré à Werner, le troisième ami de la bande.

Les personnages sont complexes, même si Max apparaît plus lisse dans ce récit. Hanna quant à elle est sans doute le personnage le plus intéressant. C’est une femme en avance sur son temps (il y a peu de femme pilote à cette époque). C’est une femme moderne qui navigue entre son ambition et sa volonté d’être libre. Cela lui permet d’accepter la doctrine nazie sans réellement s’en préoccuper.

 

Boule contre les mini-requins – note 8/10


DR.

Des mini-requins pour un mini-album (dans son format), ce ‘nouvel’ album de Boule et Bill est une ré-édition Dupuis ! Elle a ceci d’incroyable qu’elle a été écrit par Maurice Rosy et dessiné par Roba, qu'elle est sorti la première fois en décembre 1959 dans le journal de Spirou et qu’elle est surtout une histoire complète sur 64 pages. Il faudra attendre le tome 19 avec l’album Globe-trotters, en 1982, pour que cela se reproduise.

Ce petit album est d’ailleurs si particulier qu’il bénéficie d’un léger historique (comme on peut en trouver dans les intégrales Dupuis). Il s’inscrit dans la suite de l’hommage qui est rendu cette année à Maurice Rosy (17 novembre 1927 – 23 février 2013) avec le livre autobiographique Rosy, c’est la vie (avril 2014) chez Dupuis.

Dans cet album on retrouve toute la qualité scénaristique de Rosy et fait presque regretter qu’il n’y ait pas eu plus de longue histoire avec « le petit garçon et son fidèle cocker », même s’il est vrai qu’ici, c’est Boule (le garçon) qui est mis en avant plutôt que Bill.

Boule accompagné de son fidèle chien Bill et ses copains Pouf et p’tit Louis, partent au parc jouer à la régate avec le bateau que son père lui a construit. Ils y rencontrent un curieux petit garçon qui ne veut pas jouer avec eux. Mais qui se cache derrière cet étrange garçon ?

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