Delcourt : Valois T1, Sonora T2, Porcelaine T3

/ Critique - écrit par plienard, le 16/03/2018

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Valois - Tome 1 : Le mirage italien - note : 7,5/10

Jaime Calderon et Thierry Gloris reviennent avec un nouveau récit d'aventure historique après leur diptyque Isabelle, la louve de France déjà chez Delcourt, dans la collection Reines de sang. Nous sommes quelques années après la guerre de 100 ans, Charles VIII est maintenant roi de France et a l'ambition de marquer l'histoire. Le jeune Henri Guivre de Tersac est un guerrier-né. Il a pour projet de rejoindre les armées du roi de France, mais les places sont chères pour les jeunes nobles comme lui. Pour l'heure, grâce à ses connaissances des langues latine, toscane et castillane, il est au service du cardinal Giuliano Della Rovere. Blasco Zuninga est, lui, un jeune espagnol, obligé de fuir son pays natal et envoyé au monastère par son père. Les évènements vont mettre ces deux jeunes gens sur la même route.


© Delcourt 2018.

 Ce premier album introduit les personnages et annonce de belles heures de lecture à venir. On démarre par une ingénieuse présentation des parties en présence dont une étude attentive facilitera la compréhension de l'album qui s'en suit. Un récit avec de nombreux personnages dont les destins vont se croiser et forger la grande Histoire. On plonge ainsi au cœur des complots et des rivalités des grands de l'époque - Anne contre Louis d'Orléans, Les Sforza contre les Borgia - avec Henri et Blasco dont les profils s'opposent et les destinées sont contrecarrées.

Le dessin de Jaime Calderon est tout bonnement impressionnant et empreint d'un réalisme cru.Cette série va jouer sur deux tableaux, celui du récit historique avec Charles VIII et celui plus fictif avec Henri et Blasco.

 

Sonora - Tome 2 : Lola Montez - note : 7,5/10

C'est un deuxième tome particulièrement remuant et sexy qu'on découvre ici. Jean-Pierre Pécau se met au western avec tous les codes du genre qui se respectent : call-girl, saloon et duels aux pistolets.

Et c'est Benoit Dellac qui s'affaire aux dessins de ce triptyque annoncé. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fait plus que de son mieux. Le jeune dessinateur toulousain de Missi Dominici (trois albums chez Vents d'ouest) et des Princes d'Ambre (deux volumes chez Soleil) a décidé de nous impressionner et il démarre avec une première pleine page de toute beauté, avant de continuer sur un duel nerveux qui va donner l'ambiance de l'album.


© Delcourt 2018.

 Question intrigue, Maximilien Bonnot est toujours à la recherche de l'assassin de son frère. Mais, il n'a qu'un nom. La sublime et sexy Lola Montez, qui vous calme une foule énervée en deux temps trois déshabillements, va alors l'aider à identifier ce mystérieux bonhomme. Mais les événements vont être chamboulés avec le général de Freney qui prend le pouvoir dans les placers, juste avant que la Californie ne soit déclarée trente-et-unième état des Etats-Unis d'Amérique.

Si l'intrigue principale - la vengeance de max - et son univers - western américain et mexicain - rappelle sensiblement la série Sauvage (3 tomes chez Casterman, série en cours), le dessin lui donne sa caractéristique et sa spécificité. On ne placera pas les deux séries en concurrence, mais bien en complément. Et puis, on attend avec impatience la conclusion de cette vengeance dont on ne connaît pas encore la victime expiatoire mais dont on a bien une idée tout de même.

 

Porcelaine - Tome 3 : Mère - note : 8,5/10

La très belle série de Benjamin Read et Chris Wildgoose aux éditions Delcourt clôt un premier cycle de manière assez dramatique. Femme est devenue mère du peuple de Porcelaine et vit presque sereinement avec ces deux filles, Victoria (Tori) et Ariemma (Ari). Mais la guerre est aux portes de la ville. Les Hommes n'ont pas l'intention de laisser ce peuple vivre tranquillement. Ils représentent un danger trop grand à leurs yeux.


© Delcourt 2018.

 Le semblant de tranquillité que Mère pensait avoir trouvé est donc bouleversé. Le monde idéal dans lequel vivent Tori et Ari va s'écrouler car la vérité sur leur Mère va aussi éclater. Ses choix ont eu des conséquences parfois dramatiques et leurs justifications sont parfois difficiles.

Un nouvel album d'une grande efficacité et d'une grande beauté que ce troisième et dernier tome. Benjamin Read pose des questions intéressantes sur le pouvoir, les choix difficiles à faire et leurs conséquences et montre notamment que le jusqu'au-boutisme ne mène qu'à l'échec. Mère se trouve dans une impasse que ses choix lui empêchent de quitter. Elle a cherché à protéger ses filles, quitte à leur cacher la vérité. Cela se retournera contre elle.

Un scénario emballant et un dessin qui ne l'ai pas moins. Chris Wildgoose offre un dessin d'une qualité sans nul autre pareil avec des détails d'une précision incroyable. Cela va jusqu'aux runes écrites sur les êtres de porcelaine, mais aussi sur le corps de Mère. Il y a aussi une esthétique qui  donne aux dessins beaucoup de classe.

Alors ce dernier tome est assez pessimiste d'autant qu'il est le dernier. Cependant, les auteurs parlent de cycle. On peut peut-être en espérer un second.

 


Les couvertures des 3 albums - © Delcourt 2018.

 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse