Delcourt : Le grand méchant renard, La légende de Noor, Terra prime T1

/ Critique - écrit par plienard, le 21/02/2015

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Un renard pleutre, un spin-off sous forme de préquel et une déception inter-galactique.

Le grand méchant renard – note 7/10

C’est à la lecture de cette fable étonnamment drôle que le titre de l’album prend toute sa saveur. C’est, en effet, volontairement que l’auteur, Benjamin Renner, détourne l’expression dévolue normalement au loup. Car le goupil de son histoire n’est pas loin d’être un raté dans sa catégorie. Si le commun de ces mammifères est censé saccager les poulaillers, ce n’est pas vraiment le cas pour celui-ci. Tout au plus, il arrive bien à pénétrer dans le poulailler. Mais c’est bien parce que le chien de garde le laisse passer en lui précisant de ne pas tout déranger. Ce n’est pas faute, non plus, d’avoir envie de croquer les belles poules dodues, mais celles-ci ne se laissent pas faire et n’éprouvent aucune peur de ce carnassier. Et c’est bien son problème. Il ne fait pas peur. Au mieux, il fait pitié.


©Delcourt édition 2015.

Du coup, on a droit à des situations drôlissimes avec un renard proche de la déprime et qui va jusqu’à se mettre à voler des œufs pour les élever et pouvoir les manger. Mais comment un père ou une mère pourrait manger ses enfants, fussent-ils adoptés pour ce but ? C’est là tout le problème du renard.

 


©Delcourt édition 2015.

La légende de Noor, tome 1 – note 8/10

Après la très belle série Weëna – 8 albums chez Delcourt – le prolifique Éric Corbeyran et la talentueuse Alice Picard remettent ça. Et quoi de mieux que de revenir aux origines du monde de Nym-Bruyn, décor de leur première série ? Fan de Corbeyran, de Weëna et du dessin d’Alice Picard, voilà bien trois bonnes raisons d’être ravi.

Et la lecture de ce premier tome vérifiera mes aprioris favorables. Avec des couleurs beaucoup plus vives que la série-mère, ce tome se veut très onirique.

Noor est un des quatre enfants de la famille royale de Nym-Bruyn. Passionné de magie, il est proche du grand sorcier Old’ork, et va se faire repérer alors qu’il gravit dans l’immense arbre sacré ce qui n’est pas du goût des parents. Voulant une bonne fois pour toute rompre avec les croyances anciennes, la reine Toolja parvient à convaincre son roi Zaboor de le faire détruire. Une chose pas si aisée que cela cependant, car il va falloir sacrifier leur fils, Noor, pour que les esprits consentent à sa destruction. Et contre toute attente, les souverains vont accepter.

Outre le fait que l’album est plutôt bien dessiné, les personnages et leur décision sont aussi un élément fort du récit. La folie de grandeur et de pouvoir du roi et de la reine les amène à commettre l’impensable alors que Old’ork se retrouve coincé entre son amitié pour Noor et son rang de mage.

Un très bon premier album dont on attend la suite impatiemment.

 

Terra prime, tome 1 – note 5.5/10

Terra prime est une toute nouvelle série de la collection Néopolis chez Delcourt. Pour ceux qui connaissent cette collection, ils sauront d’emblée qu’il s’agira de science-fiction, souvent de qualité. On y retrouve, par exemple, des séries comme Aquablue, Carmen Mc Callum etc ... C’est avec cet apriori positif (encore une fois) que j’ai voulu découvrir cette nouvelle série.

Mais d’emblée on démarre par une mauvaise surprise : le format de l’album. Avec son format de comics, c’est un peu comme si on se prenait une baffe dans la gueule. Alors Ok, on a le droit à 117 pages, mais franchement le dessin d’Ogaki y perd de sa grandeur. Le dessinateur agenais est déjà l’auteur chez le même éditeur de la série Azur, les Guerriers du silence et de Météors.


©Delcourt édition 2015.

Concernant l’histoire, on était pourtant appâté. Un vaisseau, le Victoria III, envoyé à travers l’espace pour trouver une nouvelle Terre habitable ; cela avait de la gueule. À son bord, un million de passagers et un voyage qui dure depuis plus de 250 ans avant de découvrir enfin la bonne planète; Ogaki a sortir les grands moyens. La découverte arrive cependant un peu tard car deux clans s’opposent : ceux qui sacralisent la parole des terriens à l’initiative de ce voyage et ceux qui considèrent qu’ils ne sont plus obligés de s’avilir à terraformer une planète. Au milieu de tout cela, Elise, une anthropologue aux idées un peut trop libres pour chacun des camps.

Mélange de Battlestar Galactica dans son côté mystique et recherche d’une planète Terre, et d‘Avatar dans son côté nature et respect des forces naturelles, on pourrait penser que l’on va se jeter dessus et en tirer un certain plaisir. Le sentiment est pourtant mitigé. Si effectivement, il y a un certain intérêt à voir comment le hommes de ce vaisseau vont s’en sortir, on a malheureusement l’impression de déjà-vu. Il manque cette petite pincée d’inattendu et d’originalité qui font adhérer le lecteur. Il y a enfin une énormité qui plombe toute la fin de l’album. En découvrant cette nouvelle planète, les hommes y découvrent inévitablement des habitants, au type de félin humanoïde. Si le premier contact est assez tendu – je vous laisse le loisir de le découvrir – Elise va réussir à établir une relation d’autant plus facilement qu’il parle la même langue que les humains. Si ça ce n’est pas de la chance ! Et rien, aucune explication sur ce fait du hasard. À vous de voir si vous voulez aller plus loin.

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