9.5/10Le château des animaux - Tome 1 : Miss Bengalore

/ Critique - écrit par plienard, le 20/09/2019
Notre verdict : 9.5/10 - Miss B pour série A (Ecrivez votre critique)

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Attention, chef d'œuvre !

C'est un album qui s'est fait attendre, mais dont le résultat est à la hauteur de l'attente subi. Pour les plus impatients, il était possible de se procurer La Gazette du Château (trois au total), un journal de 24 pages paru entre janvier 2018 et avril 2019. mais depuis le 18 septembre 2019, l'album est enfin là, avec sa couverture sombre. Une pauvre chatte blanche (Miss Bengalore), entourée de quatre chiens au garde à vous, fait face à l'ombre terrifiante d'un taureau gigantesque. Vous avez là, jusqu'au moindre détail, toute l'histoire résumée par cette couverture.

On démarre ensuite l'album avec un préambule de Xavier Dorison qui sert à la fois d'explication sur ses objectifs et, outre la volonté de faire une bonne histoire, donne une note d'espoir à toutes luttes contre les oppressions.


© Casterman 2019.

 La couverture sombre de Félix Delep, la note d'espoir de Xavier Dorison (Undertaker, W.E.S.T., Sanctuaire), place maintenant à l'histoire qui commence tragiquement, pour un peloton d'exécution. Une poule, prénommée Adélaïde, est accusée d'avoir voulu soustraire un œuf à la collecte. La sentence est irrévocable, c'est la mort. Afin de faire un exemple, elle sera exécutée par la milice des chiens, devant tous les animaux de la ferme qui retourneront ensuite à leurs labeurs. Parmi eux, Miss B, une chatte obligée de tirer des pierres pour la construction d'une tour. Veuve, elle élève seule ses deux chatons et a bien du mal à joindre les deux bouts. Et quand l'oie Marguerite, ui assurait l'éducation de ses enfants, est tuée après avoir pris la tête d'une manifestation de contestation contre les mesures de plus en plus restrictives, Miss B se retrouve encore plus seule; mais l'arrivée d'un rat saltimbanque va semer une nouvelle graine, celle de la contestation en douceur.

Si l'histoire de Xavier Dorison est forte, le plus du récit vient des dessins de Félix Delep qui signe là sa première bande dessinée. Difficile à croire tant il a mis la barre haute. Son trait n'est pas sans rappeler celui d'un Guarnido et son travail sur Blacksad. On a là de vrais animaux vivant comme les humains qui sont totalement absents (ou presque). Un travail époustouflant de ce jeune dessinateur dont on n'espère qu'une chose : qu'il continue comme cela et en premier lieu pour les trois prochains albums annoncés de la série.

 


La couverture de l'album - © Casterman 2019.

 

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