7/10Typhon

/ Critique - écrit par Maixent, le 14/10/2022
Notre verdict : 7/10 - Comme un ouragan (Ecrivez votre critique)

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Action mythologique

On connaît surtout le Zeus séducteur, sa réputation de coureur de jupons chez les belles mortelles n’est plus à faire, ce qui a d’ailleurs nécessité un album entier qui ne fait qu’évoquer ses frasques dans Les Amours de Zeus. Mais il s’agit surtout du Dieu des Dieux, et si on a pu voir son âpreté au combat dans Les Guerres de Zeus, toujours dans la même collection, il est temps de le voir confronté à l’une de ses plus grandes menaces - pire que la jalousie de Héra – Typhon.


Un combat épique

 

L’histoire de Typhon nous est parvenue via plusieurs sources, léguant une histoire légèrement différente mais avec toujours un fond commun. On le trouve d’abord dans La Théogonie d’Hésiode, source intarissable de savoir sur la mythologie grecque, mythe qui sera ensuite développé et repris par beaucoup comme Ovide dans Les Métamorphoses.

De tous les monstres connus c’est sans doute le plus terrifiant et le plus colossal. Incarnation du chaos par opposition à l’harmonie cosmique voulue par les Dieux de l’Olympe, il est décrit comme le pire cauchemar imaginable. Déjà, il est immense, allant jusqu’aux cieux. Il aurait une centaine de têtes de dragons qui sort de ses épaules, des vipères qui sortent de ses cuisses, des ailes semblable à celle des chauve-souris. De quoi faire peur même aux Dieux qui, lors de son attaque sur l’Olympe fuiront en masse en se métamorphosant en animaux inoffensifs. Ici, on a choisit de le représenter sous les traits d’un humain jusqu’à la taille avec un rictus maléfique, des jambes de serpents et des ailes majestueuses et inquiétantes semblables à celles des sirènes. Il est le père des monstres les plus célèbres tels Cerbère, le Sphinx ou la Chimère.
Dieux en fuite

 

Le récit commence quelque temps après la victoire de Zeus sur les titans. Les géants prennent alors le relais, poussés par leur mère, Gaïa afin de rétablir l’équilibre des forces car dans la nature, l’harmonie et le chaos cohabitent et se nourrissent l’un de l’autre. Avec l’aide d’Héraclès, les dieux repoussent ces terrifiants ennemis, mais Gaïa, en Silicie, va réveiller son puissant fils, Typhon. S’en suit un combat d’une rare violence où Typhon prend le dessus sur Zeus malgré son pouvoir et sa puissante faucille qui avait permis à Cronos de castrer son père Ouranos ( voir Aphrodite, née de l’écume). Il arrache les tendons du Dieu afin de l’immobiliser avant de le mener en sa caverne, confiant sa garde au dragon Daphné. Zeus fait alors appel au mortel Cadmos, Roi de Thèbes qui l’apaise de son chant, puis aux Moires, qui par ruse, affaiblissent le monstre qui finira enseveli sous l’Etna. On dit que ce sont ses mouvements qui peuvent réveiller le volcan. La morale de cette histoire, Typhon, par sa forme chaotique a donné l’équilibre du cosmos car comme dit Zeus : « Pour un univers équilibré, nous avons besoin de tout, même du désordre ».


La musique adoucit les moeurs

 

Au-delà des considérations philosophiques, l’album est surtout centré sur l’action. Des combats épiques où le sort du monde est en jeu face à une créature surpuissante pétrie de haine. On est très proche de ce que l’on peut voir au cinéma dans un blockbuster. Zeus y est terriblement badass, lançant ses éclairs et combattant avec fougue et passion. Tout est dans le mouvement avec une dessin très vif qui renforce cette énergie de l’histoire avec des scènes de combat grandiloquentes. Contrairement à d’autres récits de la collection, plus orientés vers la narration et le conte comme on pourrait faire devant un enfant près à s’endormir, là on peut imaginer un conteur fougueux mimant les exploits du grand dieu à grands revers de manches, renversant les chaises pour plus d’emphase.

Un récit donc très vivant et un combat féroce qui à en croire la légende, nous permet de vivre dans un monde pas toujours paisible, mais pas froid et triste comme la mort.