Aller au contenu

Te revoilà

Un seul compte pour le site et le forum.

ou

Bande dessinée Critique

La femme au portrait

Notre note : 4/5

Silence, ça tue !

La femme au portrait figure parmi nos BD les mieux notées.

Votre note pour La femme au portrait :

 Un tableau disparaît, un cadavre apparaît et Hollywood continue de tourner comme si de rien n’était. Avec La Femme au portrait, Nicolas Tellop et Antonio Lapone nous plongent dans les studios de cinéma de la fin des années 1940 pour un polar aussi élégant que retors. Entre film noir, enquête mondaine et jeu de dupes, Miss X va devoir démêler le vrai du faux dans ce petit monde où tout le monde joue un rôle.

Hollywood, fin des années 1940. Les studios tournent à plein régime, les producteurs s'agitent et les acteurs jouent la comédie. Bref, une journée normale dans le monde du cinéma. Sauf qu'un gardien vient de se faire assassiner et qu'un mystérieux tableau représentant une femme fatale a disparu. Le tournage est interrompu, tout le monde devient suspect, et personne ne semble particulièrement pressé de dire toute la vérité. C'est dans cette ambiance délétère que débarque Miss X, détective privée à la langue aussi affûtée que son sens de la déduction. Ancienne actrice qui n'a jamais vraiment obtenu la reconnaissance qu'elle méritait, elle connaît suffisamment les coulisses du cinéma pour savoir qu'un plateau est probablement l'un des endroits où l'on ment le mieux.


© Dargaud 2026.

Miss X est incontestablement la réussite du scénario de Nicolas Tellop. C'est ni le détective façon vieux privé au cœur brisé, ni la femme fatale qui attend sagement que le héros masculin vienne la sauver. Miss X observe, déduit, provoque et surtout parle. Ses échanges avec Ernst Spieler, le réalisateur du film et accessoirement principal suspect, constituent le véritable moteur de l'album. Entre lui qui tente de se disculper et elle qui ne le croit pas, on assiste à une sorte de partie de ping-pong verbal dans laquelle les répliques remplacent parfois les coups de feu. La relation entre les deux personnages repose sur une méfiance permanente, mais aussi sur une forme de fascination réciproque. 

Le vol du tableau constitue le point de départ d'une intrigue qui va progressivement mêler meurtre, peinture, cinéma, chantage et faux-semblants. Le tableau devient lui-même un personnage, cachant un secret qui pourrait faire éclater la vérité.


© Dargaud 2026.

Le dessin d'Antonio Lapone est probablement la première chose qui saute aux yeux. Ligne claire élégante, silhouettes très travaillées, décors Art déco, costumes impeccables : tout semble avoir été passé au filtre d'un vieux film hollywoodien. Mais Antonio Lapone ne se contente pas de reproduire une esthétique rétro. Il utilise véritablement le langage du cinéma pour construire ses planches. Plans larges, gros plans, détails, cadrages décalés, cases rondes : la mise en page joue constamment avec les codes du septième art. Certains passages donnent même l'impression de feuilleter directement le storyboard d'un film qui n'existe pas. On se souvient que Lapone est déjà l'auteur graphique de Gentlemind,. Son goût pour les ambiances rétro et le glamour américain n'est donc pas une surprise.


© Dargaud 2026.

La Femme au portrait cherche à nous embarquer dans une ambiance. Le plaisir vient aussi des dialogues, des personnages, des décors et de cette impression permanente d'être installé dans un vieux film noir. L'album est une belle surprise pour qui aime les polars à l'ancienne, le cinéma hollywoodien et les albums qui prennent le temps de soigner leur atmosphère.


© Dargaud 2026.

Nicolas Tellop signe un premier scénario BD qui mise intelligemment sur les dialogues et la relation entre Miss X et Spieler. Antonio Lapone, lui, livre des planches somptueuses, parfaitement adaptées à cette histoire de faux-semblants et de vieux studios de cinéma. 

Dans le même esprit