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Bande dessinée Critique

Le Gang Mazda - intégrale 2

Notre note : 3,75/5

Si on a quitté le côté autobiographique du Gang Mazda, on y a gagné en profondeur avec des personnages mieux campés et aux personnalités mieux définies.

Votre note pour Gang Mazda - intégrale 2 (Le) :

Si les trois premiers albums composant la première intégrale, étaient réellement presque autobiographiques, les albums suivants le seront beaucoup moins. En effet, du trio d’auteur initial, Christian (Darasse), Bernard (Yslaire) et Marc (Michetz), il ne reste plus maintenant que le premier. C’est alors que Tome va reprendre le scénario des aventures du Gang Mazda pour lui donner une nouvelle vie et surtout une nouvelle orientation. Et chaque personnage est traité de manière équitable.

Il démarre donc en redéfinissant la psychologie des trois personnages, loin de leur alter-ego de chair. Christian est toujours un dragueur sans le sou, Bernard un éternel romantique qui veux rompre le premier et Marc un colérique affublé d’une mère envahissante.


©Dupuis édition 2016.

Cette intégrale reprend les gags parus dans le Journal de Spirou entre 1992 et 1996 et rassemblés dans les albums Le Gang Mazda roucoule, Le Gang Mazda cartonne, Le Gang Mazda accélère et Le Gang Mazda s’enflamme entre 1993 et 1996.

Si l’essentiel des gags mettent en scène les déboires amoureux des trois amis, des allusions aux problèmes financiers, aux impératifs du métier de dessinateurs viennent ajouter au burlesque des situations.

Dans le Gang roucoule, les temps forts sont, premièrement, marqués par le mariage de Christian avec une huissier de justice ce qui donne droit à quelques situation tragico-comiques assez fortes. La dame, très collé-montée et très à cheval sur les conventions va faire subir un calvaire à son mari volage à l’aide de ses deux frères. Deuxièmement, la découverte de l’amour par Marc qui va tomber amoureux d’une libraire asiatique malgré un premier contact « au pied levé » ! Troisièmement, c’est Bernard qui déprime de sa fin de relation avec la jolie Nathalie.

Dans le Gang cartonne, c’est l’arrivée d'un nouveau personnage, le chef, qui va quelque peu modifier l’atmosphère des gags qui vont faire plus référence aux conditions difficiles des dessinateurs qu’à leur aspect volage. Et c’est grâce à un billet de loterie que Christian emmène ses collègues travailler à Tahiti. Encore faut-il que le pauvre Marc convainc sa mère.

Dans le Gang accélère, c’est la caricature de Thierry Tinlot (le directeur du Journal de Spirou de l’époque) qui vient remplir le rôle de chef. Bernard est alors subjugué part son énergie et sa vision de management à l’américaine. Quant à Christian, il change totalement de look et devient un vrai hippies (avec 30 ans de retard !).

Dans le Gang s’enflamme, c’est le retour des classiques. Marc n’arrive pas à se fiancer car aucune des prétendantes n’est acceptable pour sa mère, jusqu’à ce que... Christian, lui, enchaîne les relations amoureuses dangereuses avec des femmes mariées. Quant à Bernard, il ne peut entamer une relation avec une jeune file, sans avoir l’irrésistible envie de rompre.

Si on a quitté le côté autobiographique du gang Mazda, on y a gagné en profondeur avec des personnages mieux campés, aux personnalités mieux définies et qui auront fortement évolués au fil des albums. Et si vous voulez connaitre un peu mieux l’historique de ces histoires, le dossier qui accompagne l’intégrale vous sera d’une aide précieuse puisque les protagonistes, eux-mêmes, répondent aux questions de Damien Pérez.


Les couvertures des 3 albums - ©Dupuis édition 2016.

Cette critique a d’abord paru dans notre chronique Dupuis : Le facteur cratophane, Le gang Mazda intégrale 2, Bérézina.

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