Soleil : Arkham mysteries T2, Golgotha T2
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 30/04/2026
Arkham mysteries – Tome 2 : L’ombre de Dagon – note : 7/10
Suite du récit fantastique Arkham mysteries aux éditions Soleil qui offre une ambiance à la Lovecraft, rétro et mystérieuse.
Ce deuxième opus prolonge l’immersion dans une Nouvelle-Angleterre lovecraftienne en 1921, centrée sur la ville fictive d’Arkham et ses environs occultes. On retrouve Seth Armitage, encore marqué par son précédent périple (voir ici), accompagné de Skylark Duquesne — journaliste à Arkham Sentinel — et d’un certain H. P. Lovecraft lui-même, pris dans une toile d’événements surnaturels qui semblent converger vers une menace tentaculaire : Dagon, un ancien dieu tapis dans l’Atlantique.
Le récit adopte un rythme contemplatif et « enquête » : exploration de villes mythiques comme Salem ou Innsmouth, consultations d’archives, rumeurs inquiétantes et phénomènes inexpliqués s’accumulent progressivement, créant une montée en tension diffuse très dans l’esprit lovecraftien.
Cette progression donne au scénario une dimension presque classique d’aventure, tout en ancrant les éléments surnaturels dans une “logique” d’enquête qui alterne indices concrets et visions inquiétantes — un choix qui renforce l’ambiguïté entre réalité et perception, thème récurrent de l’œuvre de Lovecraft.
Le dessin de Manuel Garcia, épaulé par les couleurs d’Alex Guimaraes, mise avant tout sur l’atmosphère : décors d’époque, silhouettes effacées dans l’ombre, cadrages serrés dans les moments de tension.
Ce choix graphique sert efficacement l’ambiance du récit : l’époque des années 20, ses villes portuaires brumeuses, ses vieux journaux et ses quartiers sombres deviennent des terrains privilégiés pour le fantastique.
Ce tome 2 amplifie le mystère de l’univers mis en place dans le premier volume tout en explorant plus avant le labyrinthe lovecraftien de signes, visions et présages.
Golgotha – Tome 2 : Cyriacus – note : 6/10
Depuis janvier 2026, la série Golgotha, aux éditions Soleil, a droit à une suite par les auteurs de La bombe – Alcante et Laurent-Frédéric Bollée – et le dessinateur de Sentinelles – Enrique Breccia. Un diptyque ancré dans la Rome antique qui mêle historique et fantastique.

© Soleil 2026.
On retrouve le gladiateur déchu, devenu manchot, Lucius, renommé Marcus, et désormais simple ouvrier sur le chantier du Colysée de Rome. Il découvre que le jeune sculpteur Cyriacus, muet, au talent incroyable, n’est autre que son fils. Le talent incroyable de Cyriacus provoque de nombreuses jalousies au sein des autres ouvriers et Marcus se charge de le protéger sans lui avouer le lien paternel qui les unit. En remerciement, Cyriacus lui fabriquera un bras artificiel.
Un lien paternel qui devient le cœur de l’album, alors que Marcus va être contraint par une puissante famille de traquer et d’éliminer Al-Azar, un homme doté de pouvoirs hérités de Jésus et qui aurait trouvé refuge dans la forteresse de Golgotha. L’intrigue fait ainsi évoluer la série vers une quête épique et mythologique, tout en conservant les codes narratifs du peplum.
Le trait d’Enrique Breccia, soutenu par la mise en couleurs de Sébastien Gérard, souligne la brutalité de l’époque antique tout en capturant la complexité des émotions humaines : fierté blessée, désir de réparation et mystère entourant les figures centrales.
Le style visuel, sombre et expressif, réussit à faire ressentir la dureté du monde antique tout en parvenant à souligner les nuances psychologiques des personnages.
On reste cependant interloqué sur la fin de l’album qui va laisser le lecteur comme deux ronds de flan. On ne dévoilera pas le final mais on pourra regretter qu’un troisième tome ne verra, sans doute, pas le jour.
Les auteurs évoquent le mythe biblique de Lazare au travers d’un récit sur la relation père-fils.

Les couvertures des 2 albums - © Soleil 2026.