Glénat : Corum T1, Les griffes du Gévaudan T2
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 29/04/2026
Corum – Tome 1 : Le chevalier des épées – note : 7/10
Nouvelle adaptation d’une œuvre de Michael Moorcock aux éditions Glénat, après Elric et Hawkmoon, avec ce premier tome de Corum – Le Chevalier des Épées. Un récit de fantasy qui ne cherche pas à séduire immédiatement, mais à installer un univers dense et écrasant.

© Glénat 2026.
Dès l’ouverture, le récit impose un ton sombre : massacres, fin d’un peuple, héros mutilé… Corum découvre le massacre de son peuple. Dernier représentant des Vadhaghs, il va plonger dans une quête de vengeance contre les armées humaines qui sèment le Chaos.
Le lecteur se retrouve immédiatement happé par la violence du monde sans y être préparé. Loin d’être une BD de fantasy classique, avec action et souffle épique, Corum prend une direction plus introspective.
Son héros est un être cultivé, presque détaché, confronté à la brutalité humaine. Le récit interroge la guerre, la barbarie et la manipulation des dieux, plutôt que de simplement enchaîner les combats ce qui donne une vraie ambition thématique.
On sent une réelle volonté des auteurs – David Chauvel au scénario et Luca Merli aux dessins et aux couleurs – à respecter l’œuvre originelle dans son univers, sa mythologie et le ton.
Graphiquement, Luca Merli propose un dessin solide, lisible, avec une vraie attention aux ambiances. Les paysages et les créatures fonctionnent bien, et l’atmosphère sombre est bien rendue.
Un début ambitieux, sombre et intelligent, dont la suite est déjà annonce pour la fin d’année 2026.
Les griffes du Gévaudan – Tome 2 – note : 7,5/10
Le second volet du diptyque Les Griffes du Gévaudan, aux éditions Glénat, apporte la conclusion au mystère posé au tome précédent, en prenant un virage vers un thriller sombre, presque politique, loin du simple récit d’une chasse à la bête.
Les auteurs Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupard, s’éloignent du côté fantastique de la traque d’une bête monstrueuse pour s’orienter vers une explication plus réaliste et terre à terre.

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L’intrigue reprend après la fausse résolution de l’affaire : la mort d’un loup censée clore les attaques et pour contenter le pouvoir royal … avant que les massacres ne reprennent de plus belle. François Antoine, désormais isolé, plonge dans une enquête où la misère sociale, les secrets locaux et les tensions politiques prennent le pas sur la figure du monstre.
Ce basculement est la grande réussite du tome : la “Bête” devenant presque secondaire, elle est remplacée par l’enquête qui se confronte à la réalité du terrain et aux tensions sociales. Le récit, s’il perd en fantastique, gagne en densité. Le mystère est toujours aussi présent mais le lecteur ne se pose plus la même question : de « qu’est ce qui tue ? », on passe à « qui tue ? ».
Graphiquement, Poupard reste dans une veine classique franco-belge, très lisible, avec un soin particulier apporté aux décors ruraux et à l’ambiance oppressante. Les scènes nocturnes et les séquences de traque sont particulièrement réussies, avec une colorisation qui accentue la rudesse du Gévaudan.
Ce tome 2 remplit son rôle : il boucle le récit de manière logique et donne une interprétation forte du mythe. Les amateurs de récit fantastiques en seront pour leur frais. La conclusion se veut efficace et sombre, en privilégiant l’analyse humaine au fantastique.

Les couvertures des 2 albums - © Glénat 2026.