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8/10Hilda T.1 et T.2

/ Critique - écrit par Maixent, le 27/02/2022
Notre verdict : 8/10 - La flamme bien moyenâgeuse ! (Ecrivez votre critique)

Tags : hilda livres pearson luke jeunesse commander tome

Réincarnations

Fantasmer un Moyen âge fait de tortures, d’inquisition et d'illettrisme n’est pas une nouveauté même si les recherches historiques tendent à prouver que cette vision est faussée. On peut même y incorporer une certaine mystique, voire du fantastique avec des démons, des dragons ou des épées magiques tant cette période reculée se confond dorénavant avec le monde de l’imaginaire. Il ne faut cependant pas oublier que Game of Thrones n’est pas un documentaire sur une lointaine époque. De même pour Hilda, si le contexte peut paraître familier, il est inutile d’y chercher une quelconque véracité et dans ce monde médiéval de sexe, de violence et de torture, la priorité reste évidemment l’excitation du lecteur.


Le démon Baal

 

Tout comme dans Les Visiteurs, l’action se déroule en parallèle sur deux époques, de nos jours et dans les temps jadis. Le monde du passé est entrevu par Hilda à travers ses rêves, on ne saura que plus tard qu’il s’agit des réminiscences de sa vie antérieure. En effet, dès les premières pages, la sémillante petite brune du vingtième siècle se retrouve catapultée en plein tribunal de l’Inquisition pour y être soumise à la question et à la lubricité de ses bourreaux. L’ambiance est ainsi posée quant au ton érotique adopté mais il faudra tout de même attendre la page sept pour évoquer la question de l’inceste, fil rouge du récit, à travers d’abord le personnage de Sandra, la grande sœur. Alors qu’Hilda se confie à propos de ces cauchemars récurrents et par trop réalistes et que Sandra ne pense qu’à glisser sa langue entre ses cuisses (ce à quoi elle parvient finalement assez aisément), les deux sœurs décident de se rendre chez le docteur Baalt qui, grâce au procédé de la régression hypnotique devrait pouvoir libérer Hilda de ses démons. Or, c’est le contraire qui se passe, le Docteur Baalt et son assistante étant des créatures infernales à la recherche de l’âme d’Hildegarde depuis des siècles et dont Hilda est bien sûr la réincarnation.
La reine-sorcière

 

Au fil de ces deux premiers tomes, le récit va s’enrichir de nombreux personnages qui se répondent à travers les âges mais ont tous en commun une âme viciée et dépravée et un véritable engouement pour le sexe en famille. Car si à la fin du premier tome, les deux sœurs espéraient un peu de repos, c’est toujours pour tomber dans des pièges plus vicieux, comme le laisse également entendre la fin du second de cette réédition de quatre volumes originels.

Avec un dessin en noir et blanc très détaillé laissant la part belle aux ombrages et à la précision anatomique, Kovacq fait partie de cette générations d’auteurs qui ont alterné entre littérature jeunesse et érotisme, au même titre que Bruce Morgan. En effet, jusqu’aux années 2000, celui que l’on connaît alors sous le nom de Bernard Dufossé réalise aussi bien des illustrations pour Le Club des Cinq que pour la revue Scouts avant de se tourner vers la revue Bédéadult. Si son trait s’en ressent, notamment dans le traitement des visages comme celui de la méchante reine rappelant celle de Blanche-Neige, la comparaison avec l’univers Disney s’arrête là car si le dessin peut avoir des similitudes également dans les décors, ce n’est pas tout à fait le même monde…


L'attraction à la mode

 

Comme vu plus haut, inceste et BDSM sont les leitmotivs de la saga. Deux déviances avec lesquelles Kovacq s’amuse jusqu’à l’excès, faisant fi du réalisme mais jouant sur les codes sociaux pour mieux les pervertir. On retiendra par exemple le « jeu » du tonneau, outil extrêmement pratique pour un devant/derrière digne d’un parc d’attraction ou la première sodomie d’Hildegarde par le roi qui, fou de chagrin après la mort de sa femme, la confond avec sa fille dans ses plaisirs charnels.

On l’aura compris, Hilda est surtout une bouffonnerie qui sous couvert de pseudo sciences de la réincarnation n’est que prétexte à mettre en scène des démons pourvus de vits tentaculaires et monstrueux et des orgies où pères, fils, filles et mères partagent allégrement leurs fluides et leurs plaisirs. Il n’empêche que les albums sont très bien réalisés tant graphiquement et narrativement, offrant des aventures de qualité et finalement très riches pour une œuvre s’ancrant pleinement dans l’histoire de la bande dessinée érotique.