Delcourt : Ohio la belle rivière T2, Le Lapin des Baskerville, Le Roi des Fauves T2
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 23/12/2025
Ohio, la belle rivière – Livre 2 – note : 7/10
La France et l’Angleterre se livrent une guerre sans merci dans la vallée de l’Ohio, impliquant les nations indiennes indigènes (iroquois, Hurons, Sénécas, Algonquins …). Au milieu de cet affrontement, l’ancien pirate devenu trappeur, Jacques de Lestac, tente de retrouver sa fille avec l’aide de Loup blanc.

© Delcourt 2025.
Une quête humaniste dans un environnement qui ne s’y prête guère, le deuxième tome de ce triptyque offre un nouveau regard sur une période qui a été traitée par Fenimore Cooper dans son roman Le dernier des Mohicans ou par Hugo Pratt dans Fort Wheeling. L’occasion de découvrir le traitement égalitaire entre les hommes et les femmes au sein des communautés indiennes et qui se confronte à la pensée européenne engoncée par ses préceptes religieux.
Dans cet album Jacques de Lestac se rapproche un peu plus de sa fille, avec la volonté de ne pas bouleverser l’ordre établi. On le trouve particulièrement humain, en résonnance avec son compagnon mohawk.
Le Lapin des Baskerville – note : 7.5/10
Pierre Mortel est le scénariste et Anaïs Dumas la dessinatrice de ce conte animalier qui nous plonge dans une ambiance ironique et drôle.

© Pataquès 2025.
Au travers d’un casting original, on découvre : un lapin qui se prend pour une « horrible bête qui hante les landes et les marais » en se faisant appeler le lapin des Baskerville ; un poussin de 500 kg à la recherche de sa maman ; un ornithorynque ; des loups-belettes ou des belettes-loups (si, si, je vous assure, ça existe … dans cette BD) ; des escargots addicts aux champignons ; et un renard qui a appris à monter aux arbres.
Un bestiaire pas comme les autres, qui renversent les codes du prédateur et de la proie. Avec un titre qui fait référence au célèbre roman d’Arthur Conan Doyle, on a une histoire humoristique où les animaux s’inventent des comportements hors de propos de leur condition et chantent Alain Bashung, Renaud ou Brel ….
Le dessin d’Anaïs Dumas, simple, va à l’essentiel. Ses animaux n’ont rien de ressemblant ou de réaliste. Mais cette histoire l’ai tout autant. Bref un scénariste et une dessinatrice totalement en phase.
Le Roi des fauves – Tome 2 : Falko – note : 8/10
Ivar, Oswald et Kaya gardent l’espoir des rester des êtres humains malgré le ver qu’ils ont ingérés et qui les pousse à se transformer en l’animal qui sommeille en eux. Ils luttent tant bien que mal avec les forces qui leurs sont propres.

© Delcourt 2025.
Ils espèrent trouver le Roi des Fauves qui doit leur permettre de stopper le ver. Mais la route est longue pour tous les trois et leurs nerfs sont mis à rude épreuve. Chacun n’a pas la même force de caractère pour résister.
Ce second tome prend une tournure tout à fait originale et inattendue par rapport au premier tome. Le scénario de David Chauvel se concentre sur les trois personnages et les choix qu’ils doivent faire. Et chacun va prendre des décisions radicalement différentes.
Un récit prenant et dessiné d’une main de maître par Sylvain Guinebaud dont les personnages anthropomorphes sont impressionnants et très réalistes.
Le trio Chauvel – Guinebaud – Lou (aux couleurs) qui officie sur Robilar ou le maistre chat continue une collaboration innovante et éclairée avec ce nouveau diptyque.

Les couvertures des 3 albums - © Delcourt & Pataquès 2025.