Casterman : Ces lignes qui tracent mon corps, Lefranc T36, Libres d'obéir
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 07/11/2025
Ces lignes qui tracent mon corps – note : 8/10
Mansoureh Kamari est iranienne. Elle a un talent incroyable, celui du dessin. Mais elle vit dans un pays où la femme n'est pas considérée et où le père de famille est propriétaire du sang de ses enfants et ne peut pas être poursuivi s’il s’en prend à ceux-ci.

© Casterman 2025.
Dans cet album Mansoureh se raconte. Elle raconte sa peur, celle que lui inspire son père violent, celle qu’elle ressent dans la rue quand les hommes la déshabillent du regard, celle qu’elle ressent quand le régime fait payer à sa tante le prix des balles qui ont servi à exécuter ses filles pour avoir possédé un tract dissident.
Une terrible description de cette vie de petite fille et de jeune fille qui diverge avec cette vie de femme qu’elle a maintenant en France. Maintenant, comme un pied de nez à sa vie d’avant, elle est devenue dessinatrice, sert de modèle nu pour des cours de dessin, et peut accepter la femme qu’elle est en tant qu’être humain. Elle peut se regarder dans une glace et apprécier les lignes de son corps.
Un superbe dessin, et un récit parfois terrible dans ses descriptions, mais qui transpire la poésie et la beauté en opposition à l’horreur du régime iranien.
Lefranc – Tome 36 : La régate – note : 7/10
Le journaliste Guy Lefranc est invité par son amie Théa Van Toor a participé à une régate entre l’Australie et les Philippines. L’occasion pour lui de couvrir la course in situ. Mais les conditions climatiques vont donner un côté dramatique à leur périple avec la perte d’un des navigateurs et provoquer leur naufrage. Ils vont trouver refuge sur une île où des militaires préparent de drôles de manœuvres.

© Casterman 2025.
Roger Seiter, le scénariste, et Régric, le dessinateur, sont les auteurs actuels des aventures de Lefranc, créées par Jacques Martin, et qu’ils jettent au milieu d’un coup d’état et d’intrigues commerciales d’un consortium néerlandais.
On ne peut s’empêcher de penser que cette histoire manque quelque peu de morale. En particulier avec ses personnages privilégiés qui réussissent à rebondir malgré leurs malversations.
Libres d'obéir – note : 3/10

© Casterman 2025.
L’adaptation BD d’un best-seller n’est pas toujours synonyme de réussite ou de succès. Mettre en dessins l’influence qu’à inspirer le général SS Reinhard Höhn dans le management de l’après-guerre au travers de deux personnages féminins dont l’une est à la limite du burn-out aurait pu s’avérer une bonne idée. Pour autant, ça ne marche pas vraiment. On a l’impression d’une suite d’idées préconçues dans laquelle tout le management prônant l’autonomie sous contrôle est basée sur des idées nazies. On ne remet pas en cause ce constat, mais plutôt son illustration extrêmement lourde et anxiogène. Les deux personnages féminins, n’apportant aucune plus-value.

Les couvertures des 3 albums - © Casterman 2025.