8/10Wonderland - Volume 3 - Fuir le Pays des Merveilles

/ Critique - écrit par Maixent, le 21/04/2019
Notre verdict : 8/10 - Fou à lier (Ecrivez votre critique)

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Toujours plus loin dans la folie

Suite des aventures cauchemardesques de la jeune Calie Liddle confrontée à la malédiction familiale et surtout à l'horreur du Pays des Merveilles.

 
Calie, sexy en toutes circonstances

 

Dans le tome précédent, Le Pays des Merveilles lui avait ravi son petit ami, Brandon, puis son enfant, Violette, en se servant de l'âme tourmentée de Johnny, son frère, qui en est maintenant la main armée et s'insinue dans notre monde pour ouvrir le passage et abolir les frontières et qu'enfin la folie règne en maîtresse dans tous les univers. Ce troisième tome s'ouvre donc logiquement sur une Calie « badass » vêtue de cuir noir et armée d'une hache prête à retourner en Enfer pour récupérer la chair de sa chair, en finir une fois pour toutes avec toutes ces histoires et accessoirement, sauver le monde. Mais c'est sans compter sur l'esprit retors du lieu qui corrompt tout et tous, jusqu'à la narration. En effet, cette dernière est décousue, mêlant probabilités et réalités (si tant est que l'on puisse parler de réalité dans une œuvre de fiction), donnant au lecteur un aperçu de la folie dont il est capable. Du coup, résumer l'histoire est quasi impossible. Il y a bien les personnages, l'ambiance, le style, mais aucune linéarité qui pourrait donner un tant soit peu de prise afin que le lecteur puisse se poser et prendre le temps de réfléchir posément. Les flash-backs s'enchaînent parfois dans une réalité alternative qui brouillent encore plus les pistes. Les rêves et cauchemars d'Alice ou de Calie prennent vie et dépassent la réalité et inversement même si on ne peut vraiment imaginer ce que serait l'inverse dans ce cas de figure. Les apparences sont trompeuses à chaque instant dans cette boucherie qu'est le Pays des Merveilles et Brandon, devenu monstre infâme au grand coeur ne pourra dire le contraire. A moins que Calie ne soit toujours à l'asile après la perte tragique de son enfant dans un banal accident et que tout ceci ne soit qu'un délire psychotique...
Brandon a bien changé

 

L'ennemi ici n'a que des porte parole, mais le but est de vaincre la Folie elle-même et on le sait, la meilleure façon de vaincre et d'être au plus près de son ennemi.

Le tout est servi par un dessin dans le plus pur style du New School dégénéré avec une palette graphique saturée et des attitudes difformes. Le Jabberwocky gagne ici toute sa puissance dévastatrice et occupe les cases de façon magistrale de même que d'autres créatures tentaculaires ou des vers géants répugnants qui provoquent un haut le coeur à chaque apparition. Mais si les monstres sont monstrueux les femmes sont magnifiques et les autres personnages très bien réussis. Calie la première, équipée pour la guerre, gagne plus de sensualité à chaque album tandis que Johnny devient l'incarnation du mal, digne des plus grandes némésis de Batman réunies en un seul homme.


Le Jabberwocky

 

Le monde de Lewis Caroll est ici un terreau nauséabond pour les délires graphiques sanguinolents  qui éructent leur malfaisance. Et pourtant on est proche de l'idée de départ, le Pays des Merveilles étant souvent plus proche du cauchemar que du contes de fée idyllique, même chez Disney. On garde donc le matériau d'origine mais en le poussant au maximum. 

En ressort un troisième tome toujours plus sombre et troublant qui inaugure un final qui part dans tous les sens. La suite au prochain numéro si vous n'avez pas perdu l'esprit d'ici là... 

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