9/10Wonderland - Volume 2 - Au-delà du Pays des Merveilles

/ Critique - écrit par Maixent, le 10/02/2019
Notre verdict : 9/10 - Psychopathologie des contes de fée (Ecrivez votre critique)

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Le Pays Merveilleux s'invite dans le monde réel.

Deuxième volume d’une série prévue en quatre, on y suit Calie Liddle, qui, après s’être enfuie péniblement du Pays des Merveilles dans le premier tome, tente de reprendre le cours d’une vie normale sous une nouvelle identité. Mais c’est sans compter sur le pouvoir des cauchemars qui commencent à prendre forme dans le monde réel. Car le Pays des Merveilles n’en a pas fini avec elle et chaque action entraînant des conséquences, elle est la seule à pouvoir vaincre les démons qu’elle a créé.


Le Jabberwocky à New York

 

Le volume s’ouvre donc sur la jeune fille sombrant peu un peu dans la folie à l’image de sa mère défunte. Rongée par la culpabilité d’avoir abandonné son frère psychotique, Johnny,  dans les limbes, de l’autre côté du miroir, elle est hantée par son souvenir. Ce qu’elle ignore c’est que lors d’un combat à mort, il a réussi à prendre la place du Chapelier Fou et qu’aidé du Chat de Cheshire et du Jabberwocky, il peut désormais faire de longues incursions dans notre monde pour se venger. Il commence donc par kidnapper Brandon, le petit ami de  Calie et l’emporte de l’autre côté où il sera dépecé vivant. Et, après un véritable carnage dans la ville, détruisant méthodiquement le monde que Calie tente vainement de construire pour recouvrer sa santé mentale, il s’attaquera à la chair de sa chair, sa nièce à naître.
Prendre la place du Chapelier Fou

 

Avec ce deuxième volume on sombre d’autant plus dans l’horreur et la folie d’autant qu’il n’y a plus cette distanciation avec un Pays lointain mais que l’action se situe dans notre quotidien. Johnny laisse maintenant libre court à ses pulsions meurtrières et devient la figure même du psychopathe monomaniaque et mégalomane, obsédé par sa quête de destruction et n’a rien à envier aux grandes figures du tueur dans la littérature populaire. Les auteurs insistent d’ailleurs sur sa « formation » au Pays des Merveilles et comment il est influencé par ce monde jusqu’à en devenir l’incarnation maléfique. Sans lourdeur, l’empreinte psychanalytique de l’aliénation est ici très bien développée et on entre dans les mécanismes et méandres d’un cerveau humain complètement dérangé. Le tout, toujours servi par un dessin fort mettant en avant des images marquantes qui restent longtemps en tête.

On peut considérer ce livre comme un vecteur entre le monde de la déraison et le lecteur, un Necronomicon psychanalytique à manier avec précaution si l’on veut éviter que les cauchemars prennent vie.

 

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