Nigel est un gentil garçon, vivant à Londres, dont le boulot consiste à vous trouver tout ce qui vous fait vraiment envie et que vous n'arrivez pas à trouver, comme par exemple de l'intérêt à Wolf avec Jack Nicholson. Du coup, comme il y arrive vachement bien, il a pas mal de thunes et il fait souvent la grasse matinée. Bref ça roule pour lui. Ça va d'autant mieux que pas mal des trucs qu'il dégote sont souvent des copies des objets désirés, comme un remake de Wolf par exemple, qu'il commande lui-même à des comparses faussaires. Mais y'a un moment où il faut trouver un vrai métier hein !... ou au moins un plan à long terme.
Dans ce deuxième tome, Nigel fraîchement échappé des griffes des hommes aux
Heu... t'es sûr... chapeaux melons, se voit révéler, par Merlin himself, les arcanes du monde souterrain, qui abrite les créatures féériques. Du moins celles qui ont survécu à la chasse terrible que quelques initiés humains leur font depuis des siècles. On lui explique également qu'il y a de fortes chances qu'il soit leur messie, le Djinn, soit le génie des contes arabes, et qu'un seul de ces souhaits, une fois sa véritable forme libérée, permettra aux féériques de reprendre enfin leur place à la surface. Mais Nigel est-il bien le messie, et si cela devait être le cas, serait-il bien sage de libérer la puissance de cette entité à l'air peu commode ?
C'est une sympathique petite BD à la prétention toute relative que nous offrent le basque Latour et l'italien De Vita, qui complète logiquement et dans un style un peu plus fluide le tome 1. Pensée pour un public que l'on appelle pudiquement ado/adulte, cette série construit une intrigue super légère mais loin d'être désagréable, qui procure sa bonne petite demi-heure de relaxation par tome, pour les lecteurs les moins rapides d'entre nous. On pourra bien sûr protester contre ce manque de poids de l'intrigue qui nous embarque dans quelque chose de bien trop simple au regard des possibilités qu'offre le sujet, mais ne perdons pas de vue qu'il s'agit clairement d'un travail calibré qui remplit parfaitement son office.
Etablie sur un style baptisé « Fantasy urbaine », la série é
Bonjour la facture
de chauffage !voque un style qui semble avoir le vent en poupe ces derniers temps, et nous ramène à des créations qui ont ouvert la voie d'une manière ou d'une autre. On pense immanquablement à Harry Potter et l'ensemble de son œuvre pour l'aspect central de l'intrigue : les créatures magiques sont parmi nous, et certains d'entre nous, sans le savoir, en font partie. On pense aussi aux Winx pour la simplicité du scénario éminemment destiné à un public adolescent, mêlant avec un certain bonheur aux scènes explicatives des bonnes doses de courses poursuites et d'action à donf', le tout saupoudré par juste ce qu'il faut de dialogue et où les méchants sont les mecs qui portent une cravate. On ne peut s'empêcher de penser également à Kaamelott, surtout dans ce tome où l'étalage des bestioles magiques fait la part belle aux légendes celtes. Le tout est présenté dans une histoire simple qui met en avant des messages plein d'espoir destinés avant tout aux jeunes mâles qu'en ont trop marre du collège : « c'est pas parce que t'es un branleur qui se la pète que t'es pas celui qui va sauver le monde » et « mais laissez-leur le temps de découvrir leur potentiel !.. d'abord ! » (c'est vrai quoi, bande de fascistes !), enfin bref le genre de conneries que tout le monde aime bien entendre parce qu'on est tous d'accord, que ça remonte un peu le moral et rend la vie moins triste et plate. Evidemment jusqu'au jour où ça se transforme en : « j'en peux plus de vivre comme ça... tu étouffes ma créativité ! ».
Pour rester dans un trip ado, les illustrations qui ont tout de même le mérite d'un réel dynamisme et d'une belle construction, mettent en avant les formes avantageuses de quelques fées choisies sur casting et fournissent aux vilains méchants pas beaux un équipement mécano-organique tout droit sorti de Ghost in the shell, qui sert à faire parler les lutins ou à dézinguer les gargouilles, et qui a dû coûter la peau des rouleaux. Donc notons : deuxième caractéristique des méchants qui les dévoile à coup sûr après la cravate : ils ont plein d'argent... plus que toi en tout cas, et ils s'en servent pas pour acheter des caisses de frimeur ou pour draguer en boîte.
Au final, Nigel a toujours la classe, les meufs sont toujours bonnasses surtout les fées, les méchants sont vraiment vilains et ça bouge bien. Hormis l'étrange impression qu'il manque une planche à la fin, on ferme le livre content et on attend le 3, juste pour voir.
athanagor []

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