7/10Superdupont - Tome 6 - Superdupont pourchasse l'ignoble !

/ Critique - écrit par riffhifi, le 25/06/2008
Notre verdict : 7/10 - La prochaine fois, il pourchassera le vignoble (Ecrivez votre critique)

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Retour d'un héros après plus de vingt ans d'absence. Souhaitable ? Oui. Réussi ? A moitié. Les histoires sentent un peu les pantoufles de la veille, et manquent du petit grain de folie nécessaire à un vrai second souffle. Mais rien n'est perdu.

Absent depuis 22 ans des pages de Fluide Glacial (le tome 5 Les âmes noires en 1995 n'était que la publication longtemps attendue de planches datant de 1984), Superdupont fit un retour en fanfare en octobre 2006 dans le numéro 364 de Fluide. Si le dessin est toujours signé par le maître de la surcharge savoureuse Jean Solé, le scénario n'est hélas plus l'œuvre conjointe de Gotlib et Lob, ce dernier étant mort en 1990. C'est donc Lefred-Thouron (dont on a pu lire récemment les Casiers judiciaires chez Dargaud) qui, après avoir convaincu Gotlib de faire revenir le héros sur le devant de la scène, s'associe à lui pour écrire les nouvelles histoires.


Après un an et demi de publications sporadiques dans Fluide (Solé est aussi légendaire pour sa précision dans les détails que pour ses retards de livraison), le tome 6 tant attendu paraît enfin en librairies, en même temps que la réédition des 5 tomes précédents, sous des couvertures sensiblement identiques mais subtilement uniformisées. Quid de ce nouveau volume ? Superdupont s'envole-t-il vers de nouveaux cieux ? Pas vraiment. On sent derrière chaque page une volonté de rassurer le lecteur de la première heure, de lui indiquer qu'il s'agit bien du même personnage qu'il y a vingt ans. De nombreuses allusions éléphantesques sont faites aux tomes précédents, jusqu'à l'exhumation de Georgette Doublanski et du Soldat Inconnu, et l'histoire des camemberts contrefaits rappelle inévitablement l'album Opération camembert. On appréciera cependant l'usage parcimonieux de l'Antifrance, dont le concept a fini par trouver ses limites...

Confronté successivement aux terroristes venus d'Irakistan (si !), au Ouèbe perfide et cochon (on est en droit de trouver nulle l'utilisation forcée de termes francisés pour désigner les composants de l'informatique et d'Internet : « Ouaah-Nadoux », un « Beugle », bof) et à une crise affolante de la pratique de la langue française, Une cuite et vingt ans de sommeil, j'ai la gueule de bois...
Une cuite et vingt ans de
sommeil, j'ai la gueule de bois...
Superdupont fait usage de toute sa rudesse naturelle, prend quelques gnons, brise quelques vitres et montre ses fesses velues. Rien de très nouveau sous le soleil.

Pourtant, on ne peut pas dire que ce Superdupont nouveau soit un cru déplaisant. Le dessin de Solé mérite l'attente qu'il a entretenu, avec son aspect plus comique que par le passé, et sa plongée occasionnelle dans le psychédélique le plus dingue. Et si l'humour ne fait pas dans la finesse (voire verse dans l'incohérence, comme ce flash-back de Superdupont enfant, alors qu'on sait qu'il n'est devenu héros qu'à l'âge adulte), on s'amuse assez facilement des blaguouilles servies par la fine équipe. Incontestablement, on attendait davantage d'un retour aussi longtemps attendu, de même qu'on espérait un pied cinématographique gigantesque d'un Indiana Jones 4 ou même d'un Die Hard 4. Mais il semble que ces derniers temps, seul Sylvester Stallone soit capable de faire un retour tardif réellement enthousiasmant. Superdupont ne démérite pas pour autant, et devrait avoir l'occasion de se refaire une santé dans un prochain tome qu'on espère plus imaginatif. Une chose est sûre en tout cas : la couleur lui va bien.

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