8.5/10Siegfried - Tome I

/ Critique - écrit par riffhifi, le 14/10/2007
Notre verdict : 8.5/10 - La vague n’est rien sans maîtrise (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

A consommer en compagnie de Wagner. Très fort (Wagner ET la bd).

La légende des Niebelungen est un classique absolu, une légende que l'on a tendance à oublier toutefois, éclipsée qu'elle est par le similaire Seigneur des Anneaux. D'ailleurs, Tolkien n'a jamais caché son admiration pour ce mythe germanique, ni les lourds emprunts qu'il lui a fait. Richard Wagner, en son temps, était tellement fan du sujet qu'il lui consacra non pas un, mais quatre opéras : L'or du Rhin (Das Rheingold, 1869), La Walkyrie (Die Walküre, 1870), Siegfried (1876) et Le crépuscule des dieux (Götterdämmerung, 1876). Le tout, regroupé sous le titre L'anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen), constitue une œuvre majeure de la musique de son époque.

Mais il est inutile de se laisser impressionner par ses prédécesseurs, c'est donc avec un aplomb sans faille que Alex Alice s'attaque à l'adaptation de l'histoire des Nibelung à travers un triptyque dessiné, entamé ici par Siegfried et prochainement complété de La Walkyrie et Le crépuscule des Dieux. Un projet entamé en 2003, qui trouvera son aboutissement dans la réalisation d'un dessin animé dont la sortie est à prévoir aux alentours de 2009...

Siegfried a été élevé par Mime le Nibelung, forgeron de son état. Conformément aux vœux de la mère mourante du petit homme, Mime l'a élevé dans l'ignorance des Dieux. Du coup, à part ramasser du bois dans la forêt, Siegfried ne sait pas faire grand chose. Et il est loin de se douter de la destinée grandiose qui l'attend.

Premier volet - sans doute le moins épique - d'une saga à l'aura mythique, Siegfried est un magnifique récit, un objet d'art fignolé avec soin par un dessinateur qui sait user avec une retenue exemplaire des artifices mis à sa disposition : de longues pages restent muettes, la mise en page est d'une sobriété que ne traversent que quelques fantaisies judicieuses (les cases taillées en biseaux lors des affrontements avec le loup noir, pages 29 et 49), et la fureur grandiose éclate page 64, dans une mise en page particulièrement efficace qui annonce de grandes choses pour la suite.

Le style d'Alice a sa vie propre malgré le classicisme de l'ensemble, et ne souffre pas de ses influences pourtant visibles : Mime semble sorti tout droit de Dark Crystal par exemple, et Siegfried, lorsqu'il revêt la dépouille du loup blanc, a de faux airs (ne riez pas) de Batman - voir les pages 49 et 50 pour les incrédules.

L'album se décline en deux versions : la normale ne sera en vente que le 19 octobre, mais la collector est disponible depuis le 5 octobre, accompagnée d'un DVD de la bande-annonce du long métrage à venir et de 70 pages de bonus (croquis, interview, etc.). Le prix de l'ensemble est évidemment doublé par rapport à l'édition simple, donc si vous n'êtes intéressé que par le DVD de la bande-annonce, regardez-la plutôt sur cette page... Quant à la bande dessinée elle-même, consommez-la avec du Wagner très fort dans les oreilles. On a testé pour vous, ça vaut le coup.

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