3/10Rantanplan - Tome 17 - Bêtisier 7 : Sur le pied de guerre

/ Critique - écrit par riffhifi, le 02/03/2008
Notre verdict : 3/10 - Canidé sans idées (Ecrivez votre critique)

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Rantanplan plan-plan : de l'humour éculé dispensé sans enthousiasme par une équipe de moines copistes du style Morris. Lucky Luke, où es-tu ?

Le chien le plus bête de l'Ouest est de retour. Le défi ? Exprimer la bêtise du héros à travers une série de gags plus lamentables les uns que les autres, recyclant sans vergogne les pires des blagues Carambar et les plus vieilles plaisanteries de cours de récréation, à peine adaptées au contexte pourtant particulier du Far-West. Mission accomplie pour Fauche et Léturgie, qui ont renoncé à fournir à Rantanplan le même travail qu'à son cow-boy solitaire d'ami.

Rantanplan est gratifié d'aventures en solo depuis 1973, date à laquelle Morris dessine L'héritage de Rantanplan, mais ce n'est qu'à partir de 1987 qu'il bénéficie de sa série régulière, scénarisée par Xavier Fauche et Jean Léturgie. Les albums alternent histoires complètes et recueils de gags : ces derniers sont appelés Bêtisiers et atteignent ici leur septième tome. Chaque gag, occupant une demie-page, montre Rantanplan en total décalage avec le monde extérieur, comprenant tout de travers et arrêtant les forçats évadés sans le faire exprès. Ses deux victimes récurrentes : le gardien Pavlov (ahah) et le bagnard Tricky Jack (parce que Joe Dalton impliquait de dessiner ses trois frères en prime, ça faisait trop de boulot).
Pas de fil conducteur, on se contente de deux running gags : Rantanplan mange n'importe quoi et les prisonniers tentent de s'évader (sans blague ?).

L'humour Rantanplanien n'a rien d'extraordinaire par ailleurs : il se décline sous deux formes, la version « je ne comprend rien à ce qu'on me dit » qui n'est jamais qu'une variante assez pénible des incompréhensions du professeur Tournesol de Tintin, et la version « je fais des remarques pseudo-intellectuelles ou cocasses sur le monde qui m'entoure » qui consiste le plus souvent à recaser des blagues archi-éculées depuis plusieurs dizaines d'années. Un exemple ? « Le gruyère c'est toujours un problème : plus il y a de gruyère, plus il y a de trous, et plus il y a trous, moins il y a de gruyère. » Ce qui n'est déjà pas très drôle dans une soirée entre amis, mais tombe carrément à plat dans un strip. Et que dire de ces gags dans lesquels Pavlov et son collègue... lisent des histoires drôles dans un magazine ?! Stagnant au degré zéro de l'imagination et de l'humour, l'album se lit avec consternation, et l'amer regret de ne pas même y croiser des visages connus comme Lucky Luke ou les Dalton. Pour donner une idée du niveau de l'ensemble, l'auteur de ces lignes a souri devant 4
des 88 gags proposés. Ouille.

Du côté des dessins, rien à signaler : certains sont signés Morris et datent (on s'en doute) d'avant la mort du Maître ; d'autres sont signés Michel Janvier et sont impossibles à distinguer de ceux du créateur de Lucky Luke. Clairement, ce n'est pas au niveau de l'image que le bât blesse, mais bien dans les textes, d'une faiblesse inacceptable.

S'il fallait charger l'album d'avantage, on pointerait le fait que le contenu n'a rien à voir avec le titre, ni avec le dessin de couverture. S'il fallait le défendre, on dirait que le personnage de Rantanplan y est plus reconnaissable et fidèle à l'esprit de Morris que sa version rappeur dans le récent dessin animé Tous à l'Ouest. Mais pourquoi faudrait-il défendre un tel album, manifestement produit sans enthousiasme par une équipe d'auteurs blasés par le sujet ?..

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