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9.5/10Omaha danseuse féline - Tome 2

/ Critique - écrit par Maixent, le 20/11/2016
Notre verdict : 9.5/10 - Amours plurielles (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Reprise de l'édition du fameux feuilleton, symbole de la lutte contre la censure puritaine

Les editions Tabou reprennent la parution de l'intégrale d'Omaha, la célèbre danseuse féline dans un un nouveau format qui fait beaucoup penser à un Picsou géant. Cela peut paraître surprenant mais quand on y réfléchit c'est assez cohérent. Omaha reste une bande dessinée anthropomorphique et si elle est destinée à un public plus adulte elle n'en reste pas moins une oeuvre majeure et reconnue par la profession comme par le public pour ses nombreuses qualités. 


L'Amour

 

Dans le premier tome, paru sous un autre format il y a déjà cinq ans et réédité format "Picsou" pour l'occasion, nous faisions connaissance de la charmante Omaha et assistions à sa rencontre avec Chuck. Nous découvrions que ce dernier, malgré son côté bohème et désinvolte était le fils de son père, un millionnaire un peu filou et étrange. Ce deuxième tome débute par la dispersion des cendres de Chuck Senior et la nouvelle vie qui s'offre à nos deux héros. Tout est différent avec plus d'argent mais ce dernier attire les convoitises et est accompagné d'histoires pas très nettes alors que Chuk et Omaha n'aspirent qu'à une vie calme faite d'amour et d'amitié. On suivra donc tout au long de l'album nos deux héros qui s'adaptent à leur nouvelle vie, dans une nouvelle maison mais avec de nouvelles responsabilités, et des choix de vie qui vont s'imposer, que ce soit au niveau privé ou professionnel. En parallèle, d'autres aventures nous sont présentées, des rencontres amoureuses, des questionnements personnels, la mère de Chuck qui réapparaît alors qu'on la pensait décédée depuis longtemps et des intrigues politiques qui s'imbriquent dans tout cela. De retour à Mipple city, près de Chicago après un passage à San Franciso, Chuck et Omaha trouvent une jolie petite maison dont ils occuperont le premier étage, le rez-de-chaussée étant dévolu à Shelley, leur amie en fauteuil roulant depuis le dernier épisode et Huddle qui assiste cette dernière avant de devenir son compagnon. En fait, il ne se passe pas grand chose mais cela ne gêne en rien la narration car plus qu'un récit, Omaha est un hommage à une époque et aux relations humaines. 
La Haine

 

Avec le personnage de Rob, par exemple, homosexuel vivant à San Francisco et tenancier de magasin de photos, il est impossible de ne pas faire le parallèle avec Harvey Milk et la cause homosexuelle dans les années 70. Les auteurs s'attardent d'ailleurs beaucoup sur ce personnage très fort qui dégage un très gros capital sympathie. Victime d'un attentat dans son labo photo, en lien avec des magouilles politiques, il est contraint de se réfugier chez un ami puis décide de rejoindre ses amis à Mipple City pour une nouvelle vie, d'autant plus que son labo a été détruit pour des photos impliquant le père de Chuck et des hommes politiques corrompus. Hébergé chez l'ami en question, on assiste à une très belle romance gay basée sur le respect et le plaisir. En parallèle, Omaha et Chuck se posent des questions sur la polygamie et le polyamour à travers des amis vivant sur le mode du couple libre. En effet, l'album offre de nombreuses alternatives au schéma relationnel classique, toujours en traitant ces différents modes de vie avec bienveillance (la même bienveillance sera mise en avant quelques pages plus loin lorsque la sexualité des handicapés sera abordée). Les héros se posent des questions sans pour autant y apporter une réponse ou une vérité mais tentent des solutions, ce qui les rend si humains. Par opposition,  ces progressistes sont accusés de déviance et de perversion par des gardiens de la morale incarnés par Bonner, politicien corrompu à la sexualité violente qu'il exerce sur des prostitués. 


La découverte

 

On avance dans le récit avec douceur, bercé par la simplicité des dialogues et la ligne fluide du dessin. Autour des personnages principaux, une sorte de bulle de confort se crée, une intimité que l'on partage avec eux. Il y a certes des moments de tension dans le couple Omaha / Chuck, surtout à cause de ce dernier qui réagit parfois sans beaucoup de tact, mais la construction du couple et leur intimité partagées avec le lecteur emmène celui-ci vers une certaine sérénité. De même que les scènes érotiques, sont toujours très belles tout en étant excitantes. C'est un couple amoureux qui partage des moments de complicité intense et  on ne se sent jamais voyeuriste, mais plutôt attendri face à la Beauté des corps entremêlés dans une communion quasi mystique où l'Amour est roi. 

L'album se clôt sur une double tragédie, laissant le lecteur dans une attente insoutenable et une réelle angoisse quant au destin des héros auxquels il s'est attaché. Mais nous ne sommes qu'à la moitié de l'histoire de cette épopée d'un millier de pages. 

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