Les nouveautés Dargaud en Mars et Avril

/ Critique - écrit par plienard, le 28/05/2014

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Ken Games, Tony Corso et les nouvelles séries Alcyon et la Banque viennent enrichir le catalogue de Dargaud

Avec les deux beaux gosses que sont Tony Corso et Louvier, on peut clairement dire que le public féminin devrait y trouver son compte. Pour les mecs, il reste un jeune écervelé et deux jeunes aristocrates désargentés.

 

Ken games, tome 0 – note 8/10


DR.

Chose assez rare en bande dessinée et preuve d’un certain succès de la série, les auteurs de Ken games ne nous proposent pas un tome 4, mais bel et bien un tome 0 ! Tout le monde comprend qu’il va s’agir d’un pré-quel, comme on appelle ce type d’album qui précède une série en place. Il va revenir sur les deux personnages, Anna et Bruno, autrement dit Ciseaux et Louvier.

Pour ceux qui découvriraient la série, cet album 0 est parfait. Anna et Bruno ont un métier « hors-normes ». Ils sont tueurs à gages. Ils forment aussi un couple qui bat de l’aile en ce moment. Anna aimerait avoir une existence un peu plus normale, considération qui passe au-dessus de la tête de Bruno. Leur séparation sera explosive et il partira dans un pays en guerre remplir un nouveau contrat. La rencontre avec un enfant muet va pourtant l’amener à réfléchir sur lui et son ex-compagne.

Si Ken games était une très bonne série, ce tome 0 lui fait honneur. Construit comme un one-shot, il permet de découvrir la série et les personnages et offre de nouvelles informations pour les trois autres tomes. José Manuel Robledo et Marcial Toledano enrichissent l’univers qu’ils ont créé et approfondissent leurs personnages. Un album qui devrait plaire et qui est accessible à tous.

 

Tony Corso, tome 7 – note 8/10


DR.

Connaissez-vous un célèbre détective, beau brun, vêtu d’une chemise à fleur en toute circonstance ? Cela n’a rien à voir avec la série télé, Magnum incarné par Tom Selleck. Je vous rappelle que nous sommes dans la rubrique Bande dessinée de Krinein ! Non, je veux vous parler de Tony Corso et du tome 7 de ses aventures.

Le héros d’Olivier Berlion (la commedia des ratés) se trouve en Grèce pour effectuer un contrat et passer quelques vacances. Joindre l’utile à l’agréable en quelque sorte. Si le contrat se déroule facilement – retrouver l’amant de la femme d’un cocu richissime – les vacances avec ses amis François-Gérôme et Madjid vont tourner au cauchemar après leur visite dans l’atelier d’une charmante artiste.

Dense, équilibré, sans fautes, cet album n’a que des qualités. L’histoire d’Olivier Berlion qui est coutumier du fait. Parfois un peu caricatural dans son personnage de Casimir – Russe, cruel, incontrôlable – le découpage de son récit ne permet pas au lecteur de souffler une minute.

 

Alcyon, tome 1 – note 6.5/10


DR.

Le duo Marazano et Ferreira remet le couvert avec cette nouvelle série, Alcyon, chez Dargaud. Le scénariste et le dessinateur viennent de terminer Le monde de Milo, un superbe diptyque toujours chez le même éditeur.

Alcyon est un jeune garçon assez insouciant. Avec son amie, Phoebe, ils espionnent les conseils des tribus auxquels leurs pères respectifs participent. Au fil des années, la situation entre les tribus devient tendue avec Orthagoras qui intrigue contre elles. Au point qu’une prédiction de la pythie les oblige à retrouver le mythique collier d’harmonie. Mais existe-t-il vraiment ? Qu’importe. Les deux jeunes gens partent secrètement à sa recherche. Une quête qui s’annonce semée d’embûches.

Pour ceux qui ont la joie de connaître Le monde de Milo, vous pouvez vous réjouir de cette nouvelle collaboration entre les deux artistes. Ne croyez pas, cependant, que vous allez retrouver la même histoire déplacée dans une époque différente, ici la Grèce Antique. On retrouve bien toute la poésie et la beauté du dessin de Ferreira. Et on peut, bien sûr, faire de nombreux parallèles : un jeune garçon héros ; une quête pour sauver une cité ; des animaux fantastiques et des personnages plutôt adolescents qui vont faire équipe. Le trait de Ferreira très proche du dessin animé japonais rappelle les animations de Myazaki.

Un petit air de déjà vu ? Sans doute, mais tout cela est balayé par la magie du talent du dessinateur et du scénariste et on est prêt à se lancer à l’aventure avec Alcyon et Phoebe.

 

La Banque, tome 1 – note 7.5/10


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Une nouvelle saga voit le jour aux éditions Dargaud. Signée Philippe Guillaume et Pierre Boisserie, dessinée par Julien Maffre, on va suivre les mésaventures de Charlotte de Saint-Hubert et son frère Christian. Aristocrates français ayant subit la révolution française de plein fouet, ils tentent de vivre dans la capitale anglaise. Le frère s’occupe du pigeonnier de Nathan Rothschild en subissant les vexations du régisseur. La sœur est obligée d’être la maîtresse de lord Milligan, un aristocrate gras et violent. Ils préparent cependant leur vengeance. Leur position, bien que précaire, leur permettant d’être au fait d’informations précieuses.

Ce premier diptyque démarre en 1815. Nous sommes à la veille de Waterloo. Il est consacré à la première génération de Saint-Hubert que l’on va suivre sur un siècle et demi. Il y a du Balzac et du Zola dans le récit qui rappelle la comédie humaine avec le thème de l’argent et de la prostitution, ainsi que le côté Rastignac des deux jeunes Saint-Hubert. Charlotte n’est pas sans évoquer le personnage de Nana de Zola.

Et si on peut s’amuser de la disparition de la canne de Lord Milligan d’un case à l’autre, on peut dire que l’on retrouve le dessin mystérieux qui nous avez emballé sur la série Le tombeau d’Alexandre chez Delcourt (3 albums).

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