8/10Commedia des ratés - Première partie

/ Critique - écrit par plienard, le 25/05/2011
Notre verdict : 8/10 - ça respire l’Italie (Ecrivez votre critique)

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Antonio Polsinelli se voit hériter d’un terrain en Italie d’un copain qu’il n’avait plus vu depuis des années. Ce terrain, sans qualité, semble attirer la convoitise.

Antonio Polsinelli est venu rendre visite à ses parents à Vitry-sur-Seine où il a passé toute son enfance. En repartant, il rencontre Dario Trengoni, un copain d’enfance qu’il n’a pas vu depuis des années et qui semble l’attendre. En effet, analphabète, il demande à Antonio de lui écrire une lettre. Quelques jours plus tard, il apprend la mort de son ami, abattu d’une balle dans la tête.


Antonio.
D’après le roman éponyme de Tonino Benacquista, paru en 1993 aux éditions Gallimard, Olivier Berlion adapte cette histoire d’immigré italien, soufflant sur nos préjugés établis mais sans réellement les mettre en dessin. En regardant la couverture, une chose devrait sauter aux yeux des connaisseurs de bande dessinée. Une sensation de déjà vu dans le visage du personnage principal. C’est vrai qu’il ressemble à Tony Corso (série de Berlion, dont le premier album est paru en 2004) dont il a le même prénom (Tony – Antonio). Pourtant cela ne gêne en rien la narration. Ce sentiment reste même éphémère, et nous invite plutôt à la bienveillance (connaissant la bonne qualité de la série).

Avec des traits appuyés et des noirs très présents, Olivier Berlion donne une atmosphère intimiste à son album. On suit la quête de vérité d’Antonio, embarqué par l’intrigue et le dessin. Le héros nous confie ses états d’âmes, ses sentiments et comme par un phénomène d’identification le lecteur se sent l’âme d’un fils d’immigré italien qui rejette ses origines avant de partir à leur recherche. Car si Antonio part enquêter sur un mystérieux bout de terrain hérité de Dario dans la région natale de ses parents, il y a aussi, en parallèle, les souvenirs de son père qui reviennent à la surface.


Dario.
Le talent de Berlion est dans sa  capacité à faire passer des sensations qu’il n’a pas dessiné mais qu’il arrive à nous insuffler. Il aurait tout aussi bien pu ne jamais indiquer que cela se passer en Italie qu’on l’aurait tout de même deviné. Il  réussit à représenter un village italien avec les lumières d’été, l’architecture des bâtiments si caractéristiques, les couleurs et les femmes (Bianca, la superbe hôtesse d’Antonio respire l’Italie). Par le comportement de ses personnages ou l’explication d’une méthode pour faire les pâtes, tout concourt à nous installer dans cette atmosphère méditerranéenne. Et si on soupire en se disant « je m’en doutais » quand Antonio finit dans le lit de Bianca, on est à la fois flatté et ravi. Flatté d’avoir pu prévoir cette partie du scénario et ravi de ne pas s’être trompé. Mais le scénario ne se cantonne pas à une superbe représentation de l’Italie et de ses beautés, au contraire. Tout au long de l’histoire, on pressent un danger qui ne se découvre jamais. Antonio vit et fait ses recherches avec ce couperet jusqu’à son retour de Rome où il semble avoir tout compris.

Et si le départ dans la capitale romaine et son retour chez Bianca est traité de manière un peu trop légère et rapide, on s’impatiente de voir le second volume, alléché par le suspens.

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